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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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BLANCHIMENT.

BLANCHIMENT.

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tipliée par le chemin parcouru , or, en une seconde, lechemin parcouru est Y , c’est-à-dire KAY 3 pour lavitesse V. Si donc deux b'ateaux sont sensiblementlans les mêmes conditions de formes et de dimensions,on pourra admettre la proportionnalité du travail mo-teur aux cubes des vitesses. Si l’on applique cette for-mule au système ci-dessus pour en apprécier les effets,comparativement aux constructions existantes, ce quirevient en réalité à supposer implicitement qu’il s’agitdu même propulseur employé à utiliser le travailmoteur, et par suite, sans tenir compte du principalavantage du système proposé qui consiste à employerdeux propulseurs dans les conditions indiquées, on au-rait pour le moins, en comparant au Persia , de mêmegrandeur à peu près et de \ ,200 clievaux-vapeur depuissance, 13 3 : x A :: 1200 : '1900; d’où x = lonœuds, indépendamment de la meilleure utilisation dela force motrice.

C’est un semblable accroissement de vitesse qui est lebut qu’on doit aujourd’hui se proposer d’atteindre dansces constructions ; je crois avoir indiqué le moyend’y parvenir sans une plus grande dépense journalière,par suite avec une très-grande économie sur les tra-versées totales qui s’effectueront en un moindre nom-bre de jours. Je ne doute pas que la pratique ne con-firme bientôt ces indications, et je souhaite vivementque ce soit au profit des grandes lignes de transatlanti-ques français , que j’avais en vue en étudiant cettebelle question de la navigation par la vapeur.

BENZINE. Ce corps s’extrait en abondance des gou-drons fournis par la distillation de la houille pour pro-duire le gaz d’éclairage. C’est un carbure d’hydrogènedont les propriétés se rapprochent beaucoup de cellesdes essences, telle que l’essence de térébenthine. Elleforme un liquide transparent, très-fluide, d’une saveuramère; sa densité est 0,85. Elle s’évapore à l’air, à latempérature ordinaire et bout à 86°. L’odeur éthéréequ’elle répand rappelle celle du goudron; elle ne laisseaucun résidu après son évaporation.

Ntous parlerons à l’article essences des composésqu’elle forme avec les acides et qui fournissent des pro-duits assez analogues à plusieurs essences d’un prixélevé, pour pouvoir leur être substituée dans plu-sieurs applications industrielles.

La benzine, dissolvant les corps gras et résineux, estemployée avec succès pour le dégraissage des tissus detoute espèce, sur lesquels elle n’exerco d’ailleurs au-cune action décolorante ou autre. Les corps gras étantla base la plus ordinaire des taches faites sur les meu-bles, les vêtements, les gants, la benzine les fait parfai-tement disparaître. La benzine a sur les autres sub-stances, qui pourraient être employées pour le mêmeTisage, l’avantage de ne laisser aucune trace sur l’étoffe,de ne pas se résinifier à l’air, comme le font la plupartdes essences végétales, et de so volatiliser très-promp-tement.

BLANCHIMENT. Une amélioration importante aété apportée au procédé du blanchiment de la pâte depapier et des tissus formés de fibres de végétaux, àl’aide du chlorure de chaux, par un jeune fabricant ap-partenant à une famille célèbre par de nombreux suc-cès industriels, M. P. Firmin Didot . Nous empruntonsl’exposition des principes, sur lesquels elle repose, à lanote qu’il a publiée.

On sait que le chlorure de chaux pris isolément n’aaucune action sur les fibres des chiffons ainsi que desétoffes, et que, pour que son action ait lieu, il faut faireintervenir un agent capable d’opérer sa décomposition.Que l’on mette en effet, dans un flacon hermétiquementbouché, du chlorure de chaux avec de la teinture de' tournesol, cette teinture n’est nullement décolorée.Mais vient-on à laisser pénétrer de l’air dans ce flacon,la décoloration s’opère, le chlorure de chaux se trou-

vant ainsi décomposé par l’acide.carbonique contenudans l'uir. Il y a alors formation d’acide hypochlo-reux, et c’est ce dernier qui, cédant d’une part sonoxygène à l’hydrogène des matières colorantes pourformer un équivalent d’eau, et, d’une autre part, unis-sant son équivalent de chlore à un second équivalentd’hydrogène des matières colorantes pour former del’acide chlorhydrique, opère ainsi leur blanchiment.

Le blanchiment au chlore liquide s’exécutant toujoursdans des vaisseaux ouverts, il en résulte que la décom-position du chlorure de chaux n’est due le plus ordi-nairement qu’à l’action de l’acide carbonique contenudans l’air. Mais la décomposition du chlorure de chauxau contact de l’air ne s’exécute qu’avec une très-grandelenteur, car l’air ne contient qu’un quatre dix-millièmed’acide carbonique : aussi est-on quelquefois obligé,pour hfiter le blanchiment, de provoquer cette décom-position par l’intervention d’un acide énergique, le plusordinairement par l’acide sulfurique. Or, ce moyen ades inconvénients très-fâcheux : d’abord, l’emploi del’acide sulfurique, ou de tout autre acide, occasionneun surcroît de dépense ; en outre, les appareils sont dé-rériorés au bout de peu de temps, et, ce qui est plusgrave, les chiffons ainsi traités perdent de leur force,leurs fibres étant affaiblies par ce traitement trop éner-gique.

« L’addition de l’acide sulfurique à la dissolution dechlorure de chaux, a dit Berthollet dans son Traité surla teinture , tome I, p. *273, en augmente l’effet par ladécomposition du chlorure de chaux ; mais pour quecet effet soit assez considérable, il faut une quantitéd’acide qui devient dangereuse. »

Pour obvier à ces inconvénients et arriver au mêmerésultat de promptitude, la question était fort simple,mais cependant jusqu’à présent elle n’avait pas été ré-solue : il s’agissait de trouver un agent de décomposi-tion ne produisant aucun effet fâcheux, n’entraînantdans aucune dépense, et permettant d’exécuter le blan-chiment avec une grande rapidité. Nous croyons avoirrésolu ce problème, en ayant eu l’idée d’employer l’a-cide carbonique qu’il suffit de puiser à des sourcesconstantes, dans les usines, à l’aide de moyens méca-niques.

Des expériences réitérées, exécutées d’abord dansdes laboratoires, puis sur une grande échelle, nous ontprouvé que nous ne nous étions pas trompés, que notreconception avait été heureuse, puisque ces expériencesont été accompagnées du succès le plus concluant.

L’acide carbonique, tout le mondeje sait, est de tousles acides le moins énergique ; son action sur les fibresdes chiffons est donc nulle. Le moyen auquel nousavons recours pour l’obtenir n’entraîne aucune dé-pense.

Un appareil semblable à celui que nous allons dé-crire fonctionne régulièrement depuis longtemps déjà,Les points de comparaison que nous pourrions établirentre ce nouveau mode de blanchiment et l’ancien sonttrop nombreux pour quê nous entreprenions ici de le- 5énumérer ; nous dirons seulement que, théoriquementnotre procédé doit effectuer le blanchiment des chif-fons, ainsi que celui dos étoffes, deux cent quatre-vingüfois plus vite que l’ancien. En effet, la quantité d’acidecarbonique contenue dans l’air n’est que de un quartdix-millième, tandis que celle que contient la chemin#d’un foyer en combustion est, en moyenne, de septpour cent.

Nous avons placé dans des appareils à blanchimentdes chiffons de qualités identiques ; une portion de ce- 5appareils fonctionnait par l’ancien procédé, l’autre por-tion fonctionnait par le nouveau ; les nombres obtenu*sous le rapport de la rapidité du temps employé poj 1les opérations ont été de 1 à 5, de 1 à 7, et de 1 h y’Quant à l’économie résultant de la suppression de D*