G8 BORIQUE (ACIDE).
librement sur des produits de fabrication étrangère, fi-gurés au commerce général.
Le malaise commercial qui résulte de l’absence surles marchés des acides boriques à des prix convenables,a dû conduire les manufacturiers à se préoccuper desmoyens de remplacer ces produits sans nuire aux qua-lités de leurs marchandises. Le problème n’estpeut-étrepas insoluble.
L’acide pliosphorique et les phosphates permettrontsans doute d’arriver aux résultats cherchés dans le casoù l’acide borique viendrait à manquer. Certains sili-cates à plusieurs cases, peu plombeux, peut-être à based’oxyde de zinc, cuisant à des températures élevées,formeraient aussi sans doute des glaçures convenablesd’une dureté suffisante, d’un usage dépourvu de dangers.
Mais l’important pour le présent serait de réglerles prix de l’acide borique, en créant sur le sol fran-çais une exploitation régulière, comme elle existe enToscane . On sait que MM. Bouis et Filhol ont signalétout récemment dans les eaux des Pyrénées et du Midila présence de l’acide borique ; il est possible que denouvelles recherches fassent découvrir des sources ex-ploitables.
Je disais, il y a quelques années, qu’il était à dési-rer qu’on tirât parti des amas de borate de chaux, dontl’Amérique du Sud présente de grandes masses, conte-nant en moyenne 0,1344 de borate de soude, et 0,2(335de borate de chaux. Les borates sont intimement mê-lés à des chlorures, iodurcs, bromures, et à des sulfatesalcalins. En traitant ce mélange par l’acide chlorhy-drique à chaud, on a de l’acide pur cristallisé ; en letraitant par le carbonate de soude, on a du borax; enfondant le mélange brut avec des silicates alcalins ouplombeux, on a directement une glaçure convenablepour les diverses sortes de poteries.
Nous'avons indiqué plus haut que l’acide phospho-rique et les phosphates pourraient être substitués à l’a-cide borique et aux borates dans la fabrication des pote-ries. Ces matériaux pourraient être assurément aujour-d'hui puisés à différentes sources.
On rencontre dans la nature un phosphate de chauxbasique de même composition que le phosphate dechaux des os. On lui donne le nom de phosphorite.
Lorsqu’on traite par l’acide sulfurique la cendred’os, on obtient un phosphate aeide de chaux; ce sel,soumis à l’action de la chaleur, se transforme en méta-phosphate de chaux ; ce sel entrera certainement unjour comme fondant dans un grand nombre de compo-sés céramiques.
On a signalé récemment dans le nord de la France ,et particulièrement dans les départements de la Seine-Inférieure, de l’Oise, du Pas-de-Calais, du Nord , del’Aisne, des Ardennes, de la Meuse, do la Marne , dela Haute-Marne, de l’Aube et de l’Yonne , l’existencede phosphates fossiles. Ces matières pourraient êtreavantageusement introduites dans les arts céramiques,comme elles le seront incessamment en agriculture.
Les gîtes se rencontrent à peu près à la surface du6ol ; ils sont généralement formés par l’agglomérationde nodules gros comme des œufs de poule, gris ouverdâtres, empâtés dans la craie sous forme de galets.
Lorsque la roche encaissante est solide, la chauxphosphatée s’y présente en nodules disséminés et em-pâtés dans la masse.
Lorsque la roche encaissante est meuble, la chauxphosphatée s’y présente indépendante et constitue souscette forme des lits réguliers, dont l’épaisseur varieentre 40 et 35 centimètres.
En moyenne, la richesse en phosphate des nodulesde la première catégorie varie entre 0,32 et 0,60;celle des nodules delà deuxieme catégorie entre 0,46et 0,65.
L’analyse faite sur les amas de phosphates trouvés
agglomérés dans la craie de l’arrondissement de You-ziers (Ardennes ) a conduit sur trois échantillons auxrésultats suivants :
Argile et silice. 25,66 30,00 35,7
Oxyde de fer.traces traces traces
Chaux. 44,54 46,94 32,5
Acido phosphorique. . . . 12,12 42,72 22,0
Acide carbonique. 7,33 7,66 4,9
Eau et matières volatiles. . 10,33 » 4,9
Les phosphates de cette composition pourraient cer-tainement entrer dans la préparation d’un grand nombrede glaçures qu’on applique sur les poteries, peut-êtremême sur les poteries fines.
Mais la solution du problème est peut-être plusproche encore qu’on ne le croit ; car, sans remplacer leborax, on peut l’emprunter à des matériaux moinscoûteux que l’acide borique brut ou purifié.
Pour faire ressortir l’importance de la question, ci-tons quelques chiffres. Le borax est surtout en Angle-terre l’objet d’une consommation considérable. En éva-luant à 1,500 tonnes la masse de borax employée dansl’année parle monde entier, 1,000 tonnes sont consom-mées dans le Staffordshire, dans l'Écosse et le reste del’Angleterre; le Staffordshire seul entre pour un clufFrede 666 tonnes dans cette consommation. La manufac-ture de M. Minton en écoule par an, dans les diversesglaçures des produits qu’elle fabrique, 10 à 42 tonnes,sans tenir compte des 4 tonnes de tinkal qui provientdirectement des Indes .
Le borax valait à Liverpool, en 1851,4,750 francsla tonne, en 4857, 2,400 francs. Sa fabrication est mo-nopolisée depuis plusieurs années entre les mains deM. Y"ood, de Liverpool.
Or les dépôts de borate de chaux qu’on exploitetant au Chili qu’au Pérou , peuvent modifier sous peude temps ces conditions anormales. Une manufactured’une certaine importance traite à Bordeaux. ces amasboraeiques, pour en retirer l’acide purifié ou pour lestransformer en borax. D’autre part, on utilise directe-ment en Angleterre le borate de chaux qu’on fait fondreavec les divers éléments de glaçures. Ce borate dechaux n’était connu qu’à l’état d’échantillon de collec-tion, lorsqu’en 1851 l’Exposition universelle appela surlui l’attention des hommes de progrès.
Un chimiste américain, nommé Hayes, l’avait dé-couvert tout formé dans la nature, et les minéralo-gistes le désignaient sous le nom de hayessine. L’Amé-rique du Sud le livremaintenant au commerce européen.On l’extrait de la province Tarapaca du Pérou , très-prèsdu port d’Iquique ; c’est un sel blanc qui se présente sousforme de cristaux soyeux et brillants, agglomérés ennodules irréguliers plus ou moins volumineux.
Le borate de chaux, à l’état de pureté, contiendrait:
Acide borique. 45,00
Chaux.20,00
Eau.35,00
Mais tous les échantillons sont loin de présenter lamême richesse en acide borique ; les nodules sont engénéral composés de borates de chaux et de soude,sulfates et de chlorures en proportions variables, souil-lés par des matières terreuses adhérentes à la surfa#des nodules et qui les pénètrent quelquefois. Quelquenodules ont empâté des cristaux de quartz. Voicirésultats que m’ont donnés les analyses de trois variété’de nodules :
35,
2,9«0,3*8,3!0 ,«
Eau. . ..
. 41,25
45,50
Acide borique. . . . . .
. 12,11
30,18
Chaux.
. 16,32
11,00
Matières terreuses* . . .
. 8,00
2,-50
Acide sulfurique.
. 10,66
1,72
Soude correspondante. . .
. 8,95
7,24
Chlore.
. 2,71
1,73