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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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BOULETS.

Sodium correspondant. . . 1,50 1,13 0,32

Iodures et bromures. ... » »> »*

Les iodures n’ont pas été dosés ; ils sont inégalementrépartis à l’intérieur d’un même nodule. Ce gisementest voisin de celui des azotates de soude qui nous vien-nent maintenant en assez grande quantité du Pérou .Comme la tonne d’acide borique vaut, à l’état cristal-lisé, 1,875 francs, on comprend l’intérêt qu’il y auraità faire usage de l’acide borique emprunté sans travailau borate de chaux. Cette matière est amenée de l’in-térieur avec des mules ; elle est vendue abord à raisondo 300 francs la tonne. Le fret coûte, pour arriveren Europe , 87,5 la tonne. En ajoutant ces chiffres,on trouve que la valeur d’environ 300 kilog. d’a-cide cristallisé ne dépasserait pas 390 francs pris àbord. On emploie ce sel actuellement, sans autre pré-paration qu’un simple épluchage, dans plusieurs fabri-ques de l’Angleterre. Voici, d’après M. Nathan Hacney,comment on fait usage de ce composé pour remplacerle borax dans les glaçures : on le lave, puis on l’amèneà l’état de poudre sèche; on ajoute 0,25 de bicarbo-nate de soude, le tout est mélangé mécaniquement.Pour faire un vernis, on prend :

I. H.

Cornish stone. 45 45

Borate mêlé de soude. 75 50

Silex . 25 25

Craie. 9 9

Cristaux de soude. 15 5

On calcine, puis on ajoute :

Céruse . 30 30

Oxyde de cobalt.traces traces

Oxyde d’étain. 4 4

Craie. „ 9

Silex . » 25

Ces chiffres donnent deux compositions limites.

J’ai fait moi-même pour le service de la Manufac-ture de Sèvres des glaçures au borate de chaux pourvernir des terres cuites, simplement en substituant leborate de-chaux au borax que j’employais antérieure-ment. Il suffit, pour avoir une glaçure de bonne qua-lité, de fondre le mélange suivant :

Minium. 2000 kilog.

Sable.1000

Borate de chaux. 500

On coule la fonte dans l’eau, on la lave à l’eaubouillante, puis on la broie par décantation.

Cette glaçure admet en mélange toute espèce d’oxydemétallique pour la préparation des émaux colorés.

Les commerçants anglais comprennent tellement1 importance de ces exploitations, qu’ils ont tout faitjusqu ici pour s’en rendre acquéreurs. La fermeté desgouvernements du Chili et du Pérou les a fait résisterjusqu à ce jour. La propriété n’a pas encore été trans-mise aux étrangers qui se la disputent, salvétat.

BOULETS TOURNANTS ET PERCUTANTS. Lesaméliorations apportées dans ces dernières années auxarmes portatives, la précision du tir, la longue portéedes armes carabinées, surtout avec l’emploi des ballesa longées ayant la forme du solide de moindre résis-tance, appelaient des progrès semblables dans l’artille-r je, dans les puissantes machines qu’elle traîne sur leschamps de bataille, qu’elle conduit devant les placesassiégées.

L intérêt qu’a toujours excité en nous cette ques-tion nous ayant fait chercher à nous tenir au cou-rant des divers essais qui ont été tentés, je pourrai pu-blier ici un travail complet sans enfreindre les loisd une juste discrétion imposée par l’importance de cer-tains détails de construction, dont le secret constitueune véritable propriété nationale.

La supériorité du tir de l’artillerie sur celui des ar-

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mes portatives réside dans ces conditions principales :

La portée ;

La précision ;

L’intensité des effets.

Les fusils et les carabines, par l’adoption des diverssystèmes de balles allongées et de rayures de leurs ca-nons, satisfont si bien aux deux premières, depuisquelques années, qu’il a semblé à beaucoup de mili-taires que l’artillerie avait perdu son ancienne préémi-nence. Mais l’artillerie n’avait pas attendu pour mar-cher dans la voie du progrès que l’exemple lui fûtdonné. Depuis longues années, elle travaillait en si-lence ; seulement le problème qu’elle avait à résoudreétait bien autrement ardu ; les difficultés étaient bienplus grandes que pour les armes à feu.

Les procédés successivement proposés pour obtenirplus de portée et plus de justesse, pour les bouletscomme pour les balles, peuvent être classés en trois ca-tégories.

Dans la première, on cherche à supprimer le vent,c’est-à-dire l’espace laissé libre entre le projectile etl’âme de la pièce. On conçoit que le projectile d’un dia-mètre plus petit que celui de Taine de la pièce sortnon en glissant contre ses parois, mais par bonds suc-cessifs, ce qui est à la fois une cause de détériorationpour l’arme et d’incertitude pour le tir. Dans la cara-bine à balle forcée, au contraire, la balle sort en glis-sant, et c’est là précisément la cause de la supérioritéde son tir sur celui de la balle roulante qui ricoche lelong de l'âme du fusil. Mais on peut forcer une balleen plomb contre les parois en fer d’une carabine, com-ment forcer un projectile en fonte contre les parois enbronze d’un canon? Nulle possibilité d’ailleurs do chan-ger le métal du projectile, tant à cause du prix exagéréqu’atteindraient des approvisionnements en un métalplus cher que la fonte, que parce que la dureté de celle-ci est la condition essentielle de la pénétration desprojectiles dans les corps durs, pour la destructiondes fortifications notamment. Il en est de même pourla pièce de canon, comme nous l’avons dit à l’articlebouche a feu. On voit de suite que sur cette premièrequestion les conditions du problème sont inverses : iciun projectile d’un métal plus malléable que celui del’arme ; là, au contraire, un projectile rigide et unearme d’une détérioration très-facile. C’est là la grandedifficulté du problème pour les bouches à feu.

Dans la deuxième catégorie, on change la forme duprojectile, on l’allonge pour le rapprocher de la formedu solide de moindre résistance, ce qui permet de tirerun poids plus grand avec une âme d’une dimensionet d’une résistance données, et Ton espère procurerau tir plus de justesse, en imprimant au projectile, cequi est indispensable avec la forme allongée pour main-tenir la direction, un mouvement de rotation autour deson grand axe.

Enfin, dans la troisième, on cherche à combiner leseffets de la suppression du vent et de la rotation duprojectile.

La rotation, condition essentielle de l’emploi de pro-jectiles non sphériques, est imprimée par deux mé-thodes différentes.

La première consiste à engager dans des rainuresfaites en hélice dans l’âme de la pièce, des tenons ensaillie sur la surface du projectile ; dans l’autre on uti-lise la pression des gaz soit contre des palettes poséessur une tige vissée à l’arrière du projectile, soit contredes évents pratiqués dans les projectiles mêmes.

Pour mieux faire comprendre l’application de cesdifférents procédés, nous citerons quelques-uns desplus récents qui en offrent chacun un exemple remar-quable.

Nous dirons auparavant un mot d’un système toutparticulier qui a été tenté en Angleterre pour des