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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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CHOCOLAT.

CHRONOMETRES .

iort ingénieux employé pour lever les voitures légères,et qui consiste (fig. 3465) en un chevalet à deux pieds,portant un axe qui est traversé par l’œil d’iui levierdont le petit bras est articulé avec une longue pièce debois dont l’autre extrémité porte à terre. Le mouve-ment du grand bras fait lever la pièce de bois sur la-quelle appuie l’essieu de la voiture et élève celle-ci.Le petit bras de levier pouvant dépasser la verticale,la voiture reste soulevée pour lo nettoyage des roues,le démontage des boites, etc., etc.

CHLOROFORME. Nom donné h un éther chloréqui, au contact d’une dissolution alcoolique de potasse,donne du chlorure de potassium et du formiate de po-tasse. Il s’obtient par la réaction de l’alcool sur lechlorure de chaux, et se sépare de la liqueur par unedistillation.

Le chloroforme est liquide, incolore, d’une odeuréthérée très-agréable, d’une saveur sucrée. Sa densitéà 18° est de 1,18. Il bout à 60°, 8; la densité de savapeur est de 4,2 ; il brûle avec une flamme verte.

Le chloroforme produit, à un plus haut degré quel’étlier, les effets d’ivresse propres aux produits alcoo-liques, d’anesthésie, qui ont été mis à profit pour rendreinsensible à la douleur dans les opérations chirurgi-cales.

A une époque où l’on pensait devoir retirer de très-grands résultats pour la navigation, de la machine àvapeurs combinées, et lorsque la facile inflammabilitédes vapeurs d’éther semblait le grand obstacle qui s’op-posait à leur adoption, M. Lafond, officier de marine,avait substitué avec succès le chloroforme à l’éther.L’expérience prolongée a montré que le chloroformeattaquait les condenseurs tubulaires en cuivre employésdans ces machines.

CHOCOLAT. La fabrication du chocolat a pris, enFrance , depuis quelques années, une grande exten-sion, et les appareils à l’aide desquels on l’a rendue fa-cile ont atteint une grande perfection. Nous citeronsparmi les principaux :

Les moulins coniques en granit pour broyer lecacao; les deux surfaces flottantes sont faillées enspirales, les spirales du cône n’étant entaillées que surune très-petite étendue du cône, assez pour saisir etentraîner le cacao.

Les mélangeurs, composés de deux meules en granittournant aussi dans une auge en granit. La matièreest continuellement ramenée sous les meules par desroulettes en forme de versoirs de charrues, qui serventaussi à la mélanger.

La machine à broyer le chocolat la plus répandueest la machine à trois cylindres de granit que nousavons décrite à l’article broyer. On y a adapté descouteaux en quartz de Finlande , pour éviter lecontact du fer avec le chocolat. Quelquefois on mul-tiplie les broyeurs, surtout quand on emploie les rou-leaux coniques tournant autour d’un seul arbre. Onemploie des broyeurs à des étages superposés, de huitrouleaux coniques chacun. Il y a ainsi 24 génératricesde contact qui opèrent le broyage.

Enfin, comme machine fort ingénieuse et fort cu-rieuse, nous décrirons la machine à peser et mouler lechocolat, mise à l’Exposition universelle par M. De-vinck, fabricant à Paris .

La pâte, étant introduite dans un distributeur, estamenée au dehors de celui-ci par une vis sans fin,employée pour la première fois par M. Devinck, et quiest reconnue maintenant être le seul appareil propre àextraire convenablement l’air. Cette vis débite le cho-colat dans un tambour vertical, muni sur son pour-tour de cavités, dans lesquelles circulent des pistons.Les pistons opposés sont reliés par une môme tige decette façon : à mesure que l’un des pistons, placé enface de la vis sans fin, recule sous la pression de la

pâte qui remplit la cavité, le piston opposé refoule audehors le chocolat qui avait rempli le vide correspon-dant. Cette opération se reproduit à chaque instant, letambour tournant continuellement devant le distribu-teur, devant lequel il s’arrête chaque fois, pendant lotemps où il se charge de chocolat. Le boudin de cho-colat, à sa sortie du tambour, est saisi par le contourd’une roue verticale en bois, qui l’entraîne sur unpetit chemin incliné jusque sur la table de moulage etdressage. Le contour de cette roue forme saillie sur lemilieu, et, de cette manière, il entraîne mieux le bou-din. La table de dressage porte sur son pourtour unassez grand nombre de moules, en forme de tablettes,sur lesquels chaque boudin est recueilli successive-ment. Cette table est animée d’un mouvement de rota-tion, et deux roues à galets, tournant en sens inverse,communiquent, à l’aide de cames, un mouvement devibration continuel à tous les moules. De cette façon,le boudin s’étale successivement à mesure qu’il estentraîné par la table, et avant d’avoir fait un tourentier, il est entièrement étalé. Arrivé à la fin de sarévolution, le moule est enlevé par un mécanisme très-simple et amené sur une espèce de chaîne sans fin quile descend de suite dans la cave, oii s’achève le refroi-dissement.

11 est à remarquer que tous les mouvements sontcommandés par les pistons du tambour, qui font mou-voir d’une part ce tambour lui-même, et d’autre partla table et les roues à galets. Il en résulte un avan-tage, c’est que, si le distributeur manquait de chocolat,l’appareil s’arrêterait de lui-même et ne fonctionneraitpas inutilement.

Cet appareil est très-bien conçu et fonctionne par-faitement bien. L’emploi de la vis pour expulser l’airest capital, puisque c’est le 6cul moyen qui réussisse àle chasser convenablement. Le dressage des boudinsen tablettes s’effectue d’une manière continue, ce quifait qu’on peut s’arranger do manière que ce moulagen’ait lieu qu’à la température la plus basse possible,d'où résulte un grain bien meilleur pour le chocolat.Cet effet est encore favorisé par la descente immédiatedes moules à la cave. Enfin, la main de l’ouvrier estcomplètement évitée.

CHRONOMETRES et PENDULES. Méthode pro-posée par M. Lieussou pour les observations qui demandentune grande précision. — La parfaite régularité de lamarche des appareils chronométriques est le but qu’onse propose d’atteindre par tous les soins apportés àremédier à toutes les causes de variation dans la mar-che, par suite des variations de température notam-ment. Jamais on n’avait pensé qu’il pût exister uneautre voie pour arriver à la précision. On doit doncune grande obligation à M. Lieussou, ingénieur-hydro-graphe d'un grand talent, mort bien jeune, d’avoirouvert une voie nouvelle consistant à apprécier la va-leur de faibles variations qu’on ne sait pas éviteraujourd’hui, de manière à obtenir des chiffres toutaussi exacts que si on était parvenu à y remédier.

C’est, nous croyons, entrer dans une voie très-bonneet déjà suivie pour toutes les observations physiquesde grande précision, que de faire résulter le chiffredéfinitif d’une observation, non pas d’une seule lec-ture, mais d’une formule d’interpolation, dans laquellese trouvent figurer les éléments qui influencent l’ap-pareil qui Fournit les indications. C’est surtout auxchronomètres marins que les observations de M. Lieus-sou sont applicables, non pas parce que la méthoden’est pas générale, mais parce que son emploi serait defaible utilité dans d’autres cas, ainsi que nous allons levoir. Nous laissons de côté, bien entendu, les penduleset montres pour l’usage civil, pour lesquelles la grandeprécision n’est pas réclamée, où celle-ci est souventsacrifiée à des convenances de mode et de bon marché.