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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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CORSETS TISSÉS.

COTON.

cette pièce a la faculté de s’approcher et de s’éloignerdu battant et du peigne par une espèce de chariot. Ilsuffit d’approcher la barre à pointes du battant renduimmobile, d’en décrocher l’étoffe, pour que les fils dela chaîne, sollicités par l’action de la tension, se re-dressent naturellement. Le tissu est fixé de nouveausur les pointes de la barre ramenée à sa position pri-mitive ; la partie tissée, qui se trouvait précédemmentcomprise entre l’ouvrier et le peigne, flotte en arrièrede la pièce à pointes, et le travail peut être reprisaprès avoir rendu la mobilité au battant.

Les résultats remarquables obtenus par ees diversescombinaisons démontrent que toutes les applicationsdu métier à la Jacquart sont loin d’être épuisées.

Nous donnerions une idéo imparfaite des recher-ches de M. Fontaine, si nous ne vous exposions dequelle manière cet industriel distingué a fait, d’unvêtement qui doit s’harmoniser parfaitement avec lesparties du corps, sous peine de devenir gênaut etmême dangereux, et dont les proportions doivent va-rier à l’infini, un article de confection courante. Commel’appréciation de ces recherches est bien plutôt dudomaine de l’anatomie et de l’hygiène que de notre■compétence, nous pensons ne pouvoir mieux faire quede mettre sous vos yeux un extrait du savant rapportfait sur le même sujet, à l’Académie de médecine , parM. le docteur Bouvier.

« M. Fontaine s’est efforcé, par une étude persé-vérante , de déterminer les nombreuses variétés deformes et de dimensions du *orse de la femme ; ilest arrivé à les rattacher toutes à huit types princi-paux qu’il a représentés dans un tableau annexé à sonmémoire, en les désignant, d’après leur caractèrespécial et les contrées où ils dominent, depuis ce qu’ilnomme les formes naissantes jusqu’aux plus fortesproportions de l’état normal. Il a ensuite établi, danschaque type, dix-huit modèles de grandeur diffé-rente, pris dans la nature comme les types eux-mêmes, et il a fabriqué cent quarante-quatre variétésde corsets sur ces torses reproduits par le moulage.On devine maintenant qu’un individu donné trouveraaisément sa place dans un cadre aussi étendu , etqu’un pareil assortiment de corsets renfermera très-probablement celui qui lui convient. C’est là un pointimportant dans une fabrication en grand destinée sur-

tout à l’exportation, pour laquelle les corsets coususn'avaient fourni, jusqu’ici, qu’un choix très-incom-plet.

« Nous reconnaîtrons, d’ailleurs, que les corsets deM. Fontaine réunissent les conditions les plus pro-pres à prévenir les inconvénients tant de fois repro-chés à ce genre de vêtement, et nous avons constaté,sur plusieurs sujets, qu’en raison de leur forme, dupetit nombre, du peu d’épaisseur et de la dispositiondes baleines, ils laissent les organes fort à l’aise, lors-qu’ils sont modérément serrés, et n’apportent aucuntrouble dans l’exercice régulier des fonctions.

« Plusieurs praticiens distingués de Lyon se sontfissurés, comme nous, des bonnes conditions hygié-niques des corsets de M. Fontaine. M. le docteur Poli-nière, adversaire déclaré des corsets en général, nous aécrit à ce sujet, que « les applications qu’il a vu faire« de ceux de ce fabricant à des jeunes filles à peine« pubères, à des filles bien formées, à des femmes« d’une forte corpulence, lui ont paru tellement satis-« faisantes, que ces expériences seraient de nature à« le faire réconcilier avec le corset, si son opinion« était susceptible d’être modifiée sur le fond mémo« de la question. »

Les résultats obtenus par M. Fontaine, au point devue spécial envisagé par le savant académicien, ne sontdonc pas moins remarquables que ceux que nous avonssignalés, et auxquels nous devons ajouter le bas prixdes corsets nouveaux, établis depuis 5 jusqu’à 12 francs.Ces conditions réunies expliquent le développement ra-pide de cette branche de la fabrication de M. Fontaine :elle s’élève déjà, par année, à environ 35,000 corsets,dont une partie se vend à l’étranger, principalementen Angleterre, malgré 15 pour 100 do droits d’entrée.

(Rapport de M. Alcan à la Société d'encouragement .)

COTON. Pour faire apprécier l’importance de l’in-dustrie qui a pour objet la production et la mise enœuvre du coton, c’est-à-dire de la fibre végétale qui seprête le mieux au travail mécanique, et fournit parsuite les produits les moins chers et les pins parfaits,nous emprunterons le résumé qui termine l’article cotondu Dictionnaire du commerce et de la-navigation , que pu-blie M. Guillaumin. l)ù à des négociants qui se livrentau commerce du coton, les chiffres qui y sont relatéssont tout à fait dignes de confiance.

ETAT DE LA PRODUCTION DU COTON.

ANNEES.

PROVENANCES.

IMPORTATIC

Balles.

N EN EUROPE .

Kilogrammes.

PRODUCTI

Balles.

ON CONNUE.

Kilogrammes.

1858.

États-Unis .

2,590,455

468,872,355

3,250,000

588,000,000

185/.

Brésil .

207,900

3) ,100,000

220,000

33,000,000

— .

Reste de l’Amérique du Sud . .

40,000

6,000,000

60,000

9,000,000

—.

Indes orientales.

919,000

135,000,000

919,000

135,000,000

—.

Egypte .

204,081

22,650,000

250,000

29,450,000

—.

Algérie .

1,000

150,000

1,200

180,000

—.

Sierra-Leone , etc.

300

45,000

300

45,000

—.

Europe , Méditerranée.

»,

„

40,500

6,000,000

—.

Indes orientales, exportation en

—.

Chine .

40,000

6,000,000

40,000

6,000,000

Totaux.

*

4,082,686

679,867,355

4,781,000

806,675,000

Ces chiffres doivent peut-être être doublés si l’onveut tenir compte de la consommation si considérabledes étoffes de coton par les populations de l’Asie quiles emploient presque exclusivement, par 150,000,000

Indous, par 450,000,000 Chinois , Siamois, etc., etc.

Laissant de côté ces pays, voici le tableau de la con-sommation toujours croissante par pays, pour les an-nées 1851 et 1856.