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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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coudre (Machine a).

COUDRE (MACHINE A).

I S:v 1 1356

Angleterre. 277,01*0,000 403,000,000

France . ü-4,U00,Oü0 84,000,0(10

Russie ( 1840}. » 39,000.000

Autriche . 30,000,000 37,000,003

Zollvercin. 18,000,000 35,000,000

Espagne . 10,000,000

Portugal . .» 21,000,000

Belgique . 10,000,000 13,000,000

Hollande . •. 16,000.000

Puisse. 9,000,000 14,000,000

Italie (Toscane, Naples ). » 12,000,000

Piémont. *» 6,000,000

Suède, Xorwcge, Dane-mark . * G,000,000

Turquie, Grèce , le reste

de l’Europe . » 10,000,000

États-Unis . 110,000,000 139,000,000

559,0000,00 835,000,000

En 1851, la masse des cotons annuellement fabri-qués en Europe et aux États-Unis représentait 485 mil-lions de kilog. de tissus, ayant, scion M. Mimcrcl, unevaleur moyenne de plus de 6 fr. l’un, ce qui faisait plusde 3 milliards de francs. En 1856, 750 millions de kilog.île tissus auraient atteint à G fr. 4 milliards 500 mil-lions !

En 1851, M. Mimerel estimait la valeur des matièrespremières à 800 millions de francs, et à 300 millionsle loyer des capitaux. 11 restait donc 1,900 millionspour salaires de toute nature. En France , ou la produc-tion des tissus de coton s’élevait à G30 millions, la partdes salaires directs et indirects était, d’après lui, de378 millions.

En 185G, on ne peut évaluer la valeur des matièrespremières de toutes sortes à moins de I milliard 400 mil-lions de francs. A cette date de l’apogée de l’industrie,la valeur déclarée de la production totale du Royaume-Uni seul était d’environ I milliard GOO millions defrancs, dont 958,150,000 fr. restés pour les dépenseset bénéfices des manufacturiers. En France , la produc-tion de 75 millions de kilog. de fils et tissus représen-tait une valeur de 728 à 788 millions de francs, donton doit défalquer d’abord 146 millions, coût du coton.

Il est impossible de supputer la masse totale du ca-pital engagé dans la construction des manufactures,des machines, etc. Le prix de celles consacrées à lafilature flotte entre 1 milliard 200 millions et I milliard500 millions de francs, le coût moyen des brochesétant de 25 à 31 fr. par broche, car il y a actuellementenviron 50 millions de broches en activité en Europe et en Amérique . La moitié peut-être de la somme ci-dessus a été employée pour les établissements de tis-sage. A tout ce capital, on doit ajouter celui engagédansl’ryhat, la vente, le transport, etc., de la matièrepremière et des produits manufacturés. Un nombreconsidérable de navires, quelque chose comme 2 mil-lions de tonneaux, sont employés à importer le cotonbrut des diverses régions de la terre dans la Grande-Bretagne, et à réexporter les articles manufacturés dece pays et des autres contrées.

COUDRE (màciiïxe a) et a mioPER. La grandevariété de machines à coudre que présentait l’Expo-stion de 1835, l’étendue des applications qui en ontété faites aux États-Unis d’Amérique, celle bien moin-dre cependant faite en Angleterre cten France , suffisentpourdémontrerl’importance croissante decette nouvellebranche d’industrie, et nous obligent à en rechercherla nature et l’origine, de manière à pouvoir comparer,avec quelque exactitude, le mérite de ces machines.Elles seront ici divisées en quatre classes, dont la pre-mière comprend les machines où l’aiguille est passéecomplètement au travers de l'étoffe, comme dans la

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couture à main, et les trois autres, celles oit l'aiguillela perce seulement en s’y enfonçant un peu. Les ma-chines de la deuxième classe travaillent avec un filet produisent le pirint de chaînette; celles des troisième *et quatrième classes travaillent avec deux fils et pro-duisent : l’une le point spécialement nommé point denavet fr, et l'autre le point doubte de chaînette.

1 re CJ-ASSE, — Machine à coudre dont l'aiguille passecomplètement au travers de l'étoffe.

Dans les premières applications mécaniques rela-tives à la fabrication d’objets divers, d’abord effectuéespar des outils dirigés à la main et à Paul, nous ren-controns des tentatives de combinaison d'organes mé-caniques servant à imiter le genre d'outils et demouvements qui y sont spécialement employés. C’estseulement après une longue expérience, que les outilset les procédés reçoivent les modifications propres àleur donner le caractère automatique. Conformémentà ce principe, nous trouvons que, dans la premièremachine à coudre patentée en France par ThomasStone et James Hendcrson en 1804, comme étant ap-pliquée à la confection des habillements (Brevets d'in-vention, t. vin, p. GG), une aiguille ordinaire, saisiepar des pinces et poussée au travers de l’étoffe, estreçue, tirée par une seconde paire de pinces qui la faitrepasser par-dessus le bord de cette étoffe, et ainsi desuite consécutivement en produisant un point de surjet.

Ce procédé informe, qu’il n’est pas nécessaire de dé-crire plus au long, semble avoir été abandonné ; cepen-dant il a été reproduit sous une autre forme, lorsqueM. Sénéchal s’est lait breveter en France en 1849(Hrevete d’invention, t. xvi, p. 1 22, nouvelle collection),pour une machine à point de surjet qui a été exposée auPalais de Cristal en 1851, et dans laquelle on se ser-vait encore d’une aiguille ordinaire. Dans le texte dece brevet, on lit : la pince qui tient l’aùjuille agit abso-lument comme une main naturelle. Ajoutons qu’elle tra-vaillait plus lentement. M. Rogers, de New-York , areçu en Amérique une patente (20 juillet 1844) pourune machine à coudre avec le point ordinaire, qu’ilappelle une amélioration de la machine brevetée parB.-W. Beau, 14 mars 1843 ( Journal of the Franklininstitut*, t. ix, p. 175, et t. xvn, p. 433). Dans cesmachines, les bords accouplés des étoffes étaient gau-frés en pfctits plis successifs, et l’aiguille poussée con-tinuellement à travers ces plis.

M. Greenough, en 1842, s’est fait breveter en Amé-rique ( Journal of the Franklin institute. t. xi, p. 400);de meme M. Phélizon, en 1850, et M. Canonge, en1852, ont été brevetés en France , pour des machinesà coudre : mais les aiguilles de ccs trois constructeursavaient l’œil au milieu et une pointe à chaque extré-mité, comme celles qui avaient été précédemmentemployées par Heilmann, dans son admirable machinesx broder, exposée à Paris en 1834.

La difficulté de travailler mécaniquement avec uneaiguille ordinaire est accrue par la nécessité de la re-tourner après chaque passage au travers de l’étoffe,afin d'en présenter la pointe à sa surface, ainsi quepar la diminution continuelle de la distance qu’elledoit parcourir à chaque passée, et par la nécessité dosuspendre le travail à courts intervalles, pour renfilerl’aiguille. De ces considérations, il résulte une lenteur,une incertitude de travail et une complication de mé-canisme qui ont motivé l’abandon de tous les systèmesci-dessus.

La machine Heilmann, applicable à la broderie, estrestée dans l'industrie. Conduite au pantographe, l’ai-guille y est il deux pointes et l’œil au milieu, ce quien fait éviter le retournement; la lenteur du travail etla complication du mécanisme sont compensées par lenombre des aiguilles simultanément employées. Nous #

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