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COUDRE (MACHINE A).
COUDRE (MACHINE A).
avons dérr'.t cette ingénieuse machine, qui était exposée,avec quelques modifications, par M. llouldsworth, deManchester, consistant : \° dans une grande simplifi-cation des pinces à aiguilles ; 2" dans de longues trin-gles de ter reposant sur les fils et les abaissant par leurpoids; à rapproche du cluiriot vers la fin de sa course,le soulèvement des tringles par la tension dçs filsavertit la servante de l’arrêter; 3° dans un systèmede barres en bois parallèles, qui se rapprochent parsuite du retour du chariot, de façon à empêcher lesfils de s'embrouiller. Cette machine requiert cinq ser-vantes, à savoir : deux occupées à tirer les chariots,une à conduire le pantographe, et deux pour enfiler lefil dans les aiguilles de rechange employées à alimen-ter la machine.
M. Rarbe-Schmitz, à Nancy (France ), exposait unenouvelle machine à broder, qui peut broder les dessinsa pois, à petites fleurs, etc., sur un tissu quelconque,comme la machine d'Heilmann, dont elle difière ce-pendant en ce qu’elle est entièrement automatique etrequiert seulement pour la servir une seule personneavec un jeune garçon qui alimente les aiguilles. Cettemachine, fort compliquée et qu’il nous serait impos-sible de décrire, est, scion l’exposant, la seconde seule-ment de celles qui ont été exécutées, et, par ce motif,elle offre quelques parties peu arrêtées , quoique enétat de fonctionner avec certains ménagements. Maisles combinaisons en sont fort ingénieuses, et annon-cent, delà part de l’inventeur, beaucoup d’habileté dansles moyens mécaniques.
2 e CLASSE. — Machine à coudre avec un fil, produisantun point de chainette.
Pour éviter la difficulté du passage complet de l'ai-guille en travers de l'étoffe, la seconde idée fut d’imi-ter un autre point, bien connu des brodeuses sous lenom de point de chaînette. La première application dece principe à la machine à coudre fut brevetée sous lesnoms de Thimonnier et Ferrand, en France (17 juillet1830). On y trouve aussi un brevet d’additions sousles noms de Thimonnier et Magnin (5 août 1848). L’au-teur la nomme couso-brodeur , ou machine à coudre, àbroder et faire des cordons au point de chaînette. En des-sus de l'étoffe se trouve une aiguille à crochet, bienpolie, attachée à une barre susceptible d’un mouve-ment de va-et-vient vertical ; en dessous de l'étoffe estune petite pièce capable de tourner concentriquementautour de l’aiguille dans sa position inférieure; le filde la bobine est passé au travers d'un œil de cettepièce. Lors de la descente de la barre, l’aiguille estpoussée au travers de l'étoffe. La pièce inférieure dontil vient d’être parlé, tourne et enroule le fil autour del'aiguille ; cette aiguille s’élève de suite, et, par lemoyen de son crochet, entraîne avec elle le fil sous laforme d’une boucle. Le crochet de l’aiguille est denouveau poussé au travers de cette boucle ou maille,sur un point de l’étoffe, un peu en avant de son pre-mier passage; puis de nouveau retiré en soulevantune seconde boucle qui aussi passe à travers la pre-mière. En continuant l’opération, il en résulte unesorte de chaîne, dont chaque maillon traverse le pré-cédent, et qui, par cela même, unit entre elles les deuxpièces de l’étoffe. Ce point de chainette est évidem-ment beaucoup mieux applicable à la mécanique quecelui de la première classe, précédemment décrit; carnon-seulement l’aiguille n’est pas obligée de passercomplètement au travers de l'étoffe , mais le fil, aulieu cPetre d’une longueur limitée, peut être fournipar une bobine d'une grandeur quelconque. Cettemachine a servi évidemment de type à toutes les ma-chines à coudre modernes, quoique sa première con-struction fût trop compliquée pour la pratique usuelle,^et, par ce motif, son application ne reçut aucune
extension en France . L’ouvrière dirige l'étoffe à lamain, dans la direction voulue, comme cela a lieuaujourd’hui, et le brevet indique que la machine peutfonctionner à raison de 200 points par minute, vitesseconsidérablement dépassée par les machines modernesqui donneraient, dit-on, jusqu’à 800 points dans lemême temps.
M. Magnin a apporté diverses simplifications etadditions à la machine originale de Thimonnier, et ils’est fait, entre autres, breveter pour un mouvementingénieux, par lequel le point de broderie peut êtreexécuté sans tourner F étoffe sur la table et en luiimprimant seulement une succession de mouvementsparallèlement à elle-même, tout en changeant la direc-tion du crochet au moyen d’un mécanisme à pédale.Cette .machine fonctionne à raison de 300 points à laminute par une autre pédale à roue. Dans son étatactuel, il faut avouer que , comme couseuse , elle esttrop compliquée pour lutter contre les machines amé-ricaines; mais, comme brodeuse, elle produit un bontravail. Elle opère avec une grande régularité et pré-cision, et un degré de rapprochement des points, dontla délicatesse permet de l'appliquer aux tissus lesplus fins.
Dans l'année 1810, il a été accordé une patentoaméricaine à MM. Charles Morey et J. Johnson, danslaquelle il parait que l’aiguille à crochet était em-ployée. Mais ce n’est pas la première des machinesà coudre américaines,’ comme nous le verrons ci-après.
M. S.-A. Singer (Etats-Unis ) a été breveté le 27 fé-vrier 1854*, en Amérique et en France , pour une ma-chine à point de chainette, dans laquelle on a rejetél’aiguille à crochet pour y substituer l’aiguille à unœil, voisine de la pointe, comme étant plus précisedans son action; elle avait été proposée par M. liant,en 1834, pour une couseuse d’un genre différent. Lepoint est produit en combinant l’action de l’aiguilleavec celle d'un crochet marchant horizontalement au-dessous de l’étoffe. La disposition de l'ensemble estfaite avec une grande habileté et connaissance pratiquedu mécanisme en général. Elle doit être considéréecomme la meilleure des machines qui ont aujourd’huiréussi à produire le point de chaînette avec une rapiditéet Une sûreté d’exécution entièrement satisfaisantespour l’usage ordinaire.
La principale objection qu’on puisse adresser à cegenre de point, est la facilité avec laquelle il peut êtrodéfilé en tirant le bout du fil du côté par où finit lachaînette, quand il est cassé par usure ou par accident.Pour éviter cette difficulté, M. Singer a ajouté à samachine un organe qui fonne uu nœud à chaque huitpoints. On y trouve aussi une disposition parfaite pourrégulariser la tension du fil, au moyen d'un ressort mûpftr le porte-aiguille, ainsi que les distances entre lespoints au moyen d’un petit mécanisme à pied de biche,servant à faire avancer l'étoffe ; elle laisse, en mêmetemps, à l’ouvrière la liberté d’en fixer la direction àvolonté, en se levant pendant que l’aiguille est engagéedans l'étoffe; en outre, elle offre un pivot pour tournerla pièce, et une vis de rappel permet de donner aupoint l’étendue voulue. Pour faire de la broderie avecsa machine M. Singer y applique un second fil, dis-posé de manière qu'il est embrassé par la chainette etlui donne une grande saillie ressemblant à la sou-tache. Selon la notice imprimée, l’inventeur de cettemachine, qui peut faire de 300 à 500 points à la mi-nute, dirige à New-York un grand atelier de construc-tion dans lequel 150 ouvriers sont employés, et qui adéjà produit plus de 5,000 machines à coudre, etaujourd’hui de 40 à 50 par semaine.
M. Siegl, à Paris (France ), présente une autre ma-chine à point de chaînette, qui ne diffère de celle deM. Singer, qu’en ce que le crochet inférieur à va-et-