Mi COUDRE (MACHINE A).
importée d'Amérique et brevetée en France en 181)0,qui se distingue particulièrement par la rotation conti-nue de la navette dans un rende horizontal à petitrayon ; mais elle est seulement capable de faire descoutures droites, et, à cet effet, elle est pourvue d’unde ces appareils pour la direction automatique de l'é-toffe que l’expérience a condamnés. File a d’ailleurs étéremplacée nouvellement ] ar d’autres machines plusparfaites.
M. Leduc, à Trovcs (France ;, présente une cou-reuse dans laquelle une navette, ayant la forme d’uficroissant, tourne dans un récipient circulaire et hori-zontal, qui l’embrasse : il y emploie ordinairement deuxaiguilles à la fois, et par conséquent trois fils; ce qui,selon lui, produit une couture extrêmement solide. Lumachine diffère de toute autre en ce que la navettefonctionne en dessus de l’étoffe, et que les aiguilles,par suite, la percent de has en haut. Bien que la con-struction et la disposition en soient fort ingénieuses,elle est, à cause de sa complication et de son prix élevé(1 ,()U0 francs), peu pratique.
4 e CXASSK. — Machines à coudre arec deux fils, quiproduisent un double point de chainette.
L’une des objections que l’on peut adresser auxmachines que nous venons de décrire consiste en ce quela navette est limitée dans sa grandeur par la nécessitéde traverser la boucle formée par le fil de Faignille. Ilen résulte que la bobine portée par cette navette nepeut contenir qu’une petite quantité de ce fil, de sorteque la couture est suspendue de temps en temps pourchanger de bobine ; les meilleurs systèmes de navettepermettent néanmoins de travailler pendant deux heu-res consécutives, mais le point produit par ce genre demachines offre, dit-on, l’inconvénient de s’user vite etde fatiguer le linge.
MM. Grover et Baker (États-Unis ), se firent pa-tenter en Amérique (1854) pour une machine à coudre,dans laquelle l'aiguille verticale est employée commeprécédemment, sauf qu’au lieu d'une navette elle etaccompagnée d’une seconde aiguille de forme circu-laire, animée d’un va-et-vient rotatif dans un planhorizontal, et portant, au travers de son œil extrême,le fil sortant d’une bobine qui peut être d’une gran-deur quelconque, comme celle qui sert si alimenterl’aiguille verticale. Le mouvement relatif de ces deuxaiguilles est si compliqué, qu'il serait impossible d’endonner une idée compréhensible sans dessins. 11 en ré-sulte un double point de chaînette dans lequel les bou-cles successives du fil supérieur sont traversées et em-brassées par ceux que forme le fil inférieur, de manièreà unir solidement les deux pièces de drap. Le point decette machine n’esl pas facile à dérailler, et quoiqu’elleforme un cordon un peu saillant par l’entrelacement desboucles, qui est spécialement fâcheux pour les toiles delin, cependant elle présente des combinaisons très-in-génieuses. Selon le catalogue officiel des objets exposésdans la section de l’Amérique , il paraît que l’usage decette machine est très-répandu aux États-Unis , et quela production de MM. Grover et Baker, à New-York ,est d’environ machines par semaine.
M. Journaux le Bloftd, à Paris (France ), s’est faitbreveter en France , le 29 avril 18- h , pour une machineà coudre dans laquelle, au lieu de l'aiguille circulaireci-dessus, il sc sert d'une aiguille qui se meut hori-zontalement dans un plan où elle subit latéralement undéplacement parallèle à elle-même et d’où il résulte quela ligne suivie par sa pointe est un petit rectangle aumilieu duquel se trouve l’aiguille verticale en descen-d;u t. < 'ette machine produit un point qui est identiqueà ci lui de MM. Grover et Baker; mais il est dépo>ésur l'étoffe, sous une forme aplatie, nu lieu du cordonen relief précédemment décrit. Ses machines d’ailleurs
COURROIES MÉTALLIQUES.
offrent plusieurs autres dispositions ingénieuses, com-me, par exemple, d’employer un morceau de verratranslucide pour maintenir et faire avancer l’ouvrage,au lieu «le la pièce métallique ordinaire ; ce qui permetde surveiller la régularité de la couture, au fur et hmesure de son avancement. On s’y sert aussi d’un cy-lindre, au lieu d’une table plane, contre lequel s’appli-quent certains ouvrages, tels que les manches d’ha-bits, etc. Cette dernière et utile disposition a été miseen usage par M. Ilowe et d'au très personnes en Amé-rique , et on peut la voir dans les machines de M. Tho-mas.
On ne saurait terminer ee rapport sans citer pourmémoire la machine à coudro de M. Averv, qui, quoi-qu’elle ne soit pas exposée, fonctionne admirablementà Paris , dans le grand atelier construit par le gouver-nement pour la confection des équipements militaires,rue Kocheehouart, n° 51, et dont M. Pusautoy, tailleur,est le directeur. Cet atelier, en activité depuis troismois seulement, contient 1,142 ouvrières et 300 ou-vriers. Le drap dont sc composent les habillementsest déconpé avec une rapidité et une précision éton-nantes; quatorze pièces superposées sont coupées àla fois par une lame d’acier flexible, de l’invention deM. Pusautoy, montée sur deux grands tambours, à lamanière des scies sans fin de MM. Perin et Delaporte,qu’on admire dans l’Annexe. La couture s’effectue anmoyen de machines mues h la vapeur, dans toutes lesparties qui se prêtent à cette méthode, et ensuite les-habillements sont terminés par les procédés ordinaires.Parmi les couseuses de cet établissement, celles d’Ave-ry sont les plus estimées, comme très-simples et fa-ciles à entretenir ; on en prépare de nouvelles, et l’onen verra bientôt à peu près 50 en fonction : on y trouveaussi 30 machines de ÎIM. Grover et Baker, et une deM. Seymour.
M.OtisAvcry, dePensylvanie, s’est fait breveter enAmérique, 19 octobre 1832, et puis en France , pour sacouseuse. Le brevet français fut acquis par le ministèrede la guerre. La couseuse d’Avcry fonctionne avecdeux aiguilles dont les yeux sont près de la pointe etqui marchent par va-et-vient, à peu près dans le planvertical qui contient la ligne de la couture, mais ensuivant des directions obliques, l’une au-dessus, l’au-tre au-dessous, de manière qu’en travaillant elles sccroisent entre les deux étoffes. Ces mouvements leursont communiqués avec une simplicité admirable, parune seule came, servant aussi à diriger la pièce quiavance l'étoffe. 11 en résulte un double point de chaî-nette, qui diffère cependant de celui des autres ma-chines déjà décrites, en ce que la chaînette se trouveentre les deux étoffes, et que la couture, par consé-quent, ne présente qu’une piqûre ordinaire à chacundes côtés extérieurs.
(M. IVillis, Rapport du Jury de 1S53.)
COURROIES MÉTALLIQUES. Transmission à degrandes distances à l'aide de ces courroies. — M. Ilirn,habile ingénieur d’Alsace , connu par nombre d’excel-lents travaux, a réalisé avec un succès complet cemode de transmission. Nous donnons ici la note qu’il apubliée sur cette heureuse disposition qui peut s’appli-quer avec succès dans line foule de circonstances.
'< Cette application, qui résout complètement un desproblèmes les plus difficiles de la mécanique, remonte àl’année 1850.
« Un ancien batiment, très-vaste, de l’établissementde MM. Ilaussmann, au Logelbach, près Colmar , pou-vait être utilisé comme un bel atelier de tissage méca-nique, mais la force motrice disponible devait êtrecherchée à 85 mètres de distance. Les ingénieurs de lamaison, conseillés par la routine (et je suis obligé deinc mettre de ce nombre), proposaient une transmissionpar arbres de couche, soit enfouis dans un canal sou-