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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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DECORATION CÉItAMlQlT.

DECORATION CÉRA.MIOUK.

c’c:*t assurément l’art de fabriquer les poteries, àcause des conditions toutes particulières auxquellesla décoration céramique doit satisfaire. 11 est vraide dire que les poteries, comme toutes les autresmatières, peuvent recevoir toute espèce de couleursfixées par les mordants quels qu’ils soient, commeles vernis, les huiles, les gommes, la chaux, etc.Mais nous ajouterons ici que nous ne considérons,dans ce chapitre réservé par nous à la poterie, commepeinture et décorations céramiques, que celles quisont fixées sur la poterie par l’intermédiaire du feu;c’est dire que nous ne nous occuperons que de cellesqu’on obtient au moyen des couleurs connues sous lenom de couleurs vitrifiables, et qu’il serait préférablede dénommer couleurs vitrifiées.

Le caractère principal et caractéristique des déco-rations céramiques, caractère qui résulte de la condi-tion essentielle de l’application de la chaleur pour lesfixer, est une certaine résistance, une certaine inalté-rabilité. Cette même condition limite le nombre decelles de ces substances qui peuvent être employéesavantageusement.

A titre général, ces matières doivent être inalté-rables sous l’influence de la chaleur, adhérer forte-ment à la poterie, résister par conséquent aux agentsatmosphériques, à l’eau, etc. Les autres qualités quedoivent’présenter les matières propres à la décorationdes poteries dépendent :

4° De la nature de la poterie ;

2 U De la position de la matière sur l’objet à dé-corer ;

3° De l’eflet que le fabricant attend de l’emploi dela matière en question.

C’est ainsi, par exemple, que pour les décorationsqu’il faut introduire dans les pâtes des diverses pote-ries, on ne doit s’inquiéter ni de la dureté, ni de ladilatabilité de la matière colorante, il suffît de tenircompte du prix auquel la matière colorante peut êtreobtenue, de la facilité de sa préparation, de là fusibi-lité qui lui est propre ou qu’elle peut acquérir par sonmélange avec les autres éléments des pâtes; enfin del’altération plus ou moins prompte et considérablequ’elle doit subir de la part de l’atmosphère particu-lière du four dans lequel la poterie est cuite.

C’est ainsi qu’il faut savoir estimer si la glaçure dela poterie pourra réagir ou non sur la matière déco-rative, lorsque la couleur est appliquée sur cette gla-çure.

C’est ainsi qu'il faut encore ne demander aucunefusibilité propre à la matière décorative, lorsqu’elledoit être placée sur la pâte et sous glaçure.

Mais la matière décorative devra posséder par elle-même une fusibilité suffisante, lorsqu’on la destine àla peinture d’objets tels que les porcelaines composéesdures ou tendres ; elle sera plus considérable dans uncas que dans l’autre.

Cette fusibilité qui conduit à l’éclat vitreux seraitnuisible lorsqu’on veut produire l’aspect des métauxprécieux, qui n’ont de valeur qu autant qu’ils con-servent leur éclat métallique.

hnfin, quelques genres de peintures offrent un ca-chet d’originalité par l’absence de tout aspect vitreux.

Nous avons donc à distinguer, suivant l’objet qu'onfabrique :

4° Les oxydes métalliques;2° Les engobes ;

3" Les émaux ;

4° Les couleurs;

5° Les métaux ;

C° Les lustres métalliques.

Oxydes métalliques. — En général, ces matières em-ployées a la décoration des poteries sont empruntéesau règne minéral; elles ont plus particulièrementcomme destination la décoratiou des pâtes par la ré-

partition uniforme des matières colorantes au sein dela masse elle-même : ce sont des oxydes tantôt purs,tantôt engagés dans des combinaisons salines ou forméespréalablement, ou qui prennent naissance aux dépensdes éléments constitutifs des pâtes ou des glaçures.Dans le premier cas, on obtient les* poteries simplescomme les poteries à pâte rouge, brune, jaunâtre ; ellessont colorées par des oxydes de fer naturellementdéposés dans les argiles qui fournissent aux pâtesl’élément plastique ou mêlés au sable qui forme l’élé-ment antiplastique. Les pâtes de grès colorées en vertou vert d’eau, qui reçoivent cette coloration de leurmélange avec l’oxyde de chrome, sont encore dans lomême cas ; l’oxyde de chrome est l’élément colorant.Mais lorsque ces mêmes grès sont colorés en bleu parl’oxyde de cobalt, ce n’est plus l’oxyde de cobalt purqui est la cause de la coloration, c’est lo silicate doprotoxyde de cobalt qui colore. On peut l’introduiredirectement sous cette forme, comme il est permisaussi de le mêler à l’état d'oxyde ou de carbonate.Le silicate de la pâte forme, à la température de lacuisson, du silicate de cobalt.

Engobes. — L’emploi des engobes est plus particu-lièrement réservé pour la décoratiou des poteries dontla pâte est naturellement colorée ; tantôt les engobessont naturels, c’est-à-dire qu’ils sont formés de ma-tières terreuses contenant un mélange intime et natureld’oxydes colorants et n’ayant subi d’autre prépara-tion mécanique qu’un délayage pour extraire les par-ties sableuses étrangères ; les ocres sont dans ce cas ;tantôt, au contraire, les engobes se préparent artifi-ciellement, en ajoutant à des terres incolores ou peucolorées des oxydes préparés artificiellement eux-mêmes au moyen de procédés chimiques plus oumoins parfaits.

'On donne par extension le nom d’engobe aux pâtesblanches qu’on applique sur des poteries naturelle-ment colorées, pour en masquer entièrement la cou-leur sale ou pour économiser la quantité d’étain con-tenue dans la glaçure des faïences communes, enfaisant disparaître, par parties seulement, quelquefoisen totalité, la coloration de la terre sous une couchelégère d’un engobe incolore.

Les engobes peuvent recevoir la glaçure ou restersans glaçure. La poterie présente alors l’aspect bril-lant. On peut évidemment décorer par l’applicationde plusieurs engobes placés simultanément sur unemême pièce.

Emaux . — Les émaux diffèrent des engobes en cequ’ils possèdent une apparence vitreuse qui peut mêmeatteindre la limpidité complète. Ces matières colorantesse rapprocheraient évidemment des oxydes et des selsque nous avons distingués, en premier ordre, si leurusage n’était pas précis et nettement déterminé.

Nous appellerons émaux les matières vitreuses, c’est-à-dire les silicates, borosilioates ou phosphosilicatcs gé-néralement multiples, colorés par des oxydes mainte-nus en dissolution dans le flux vitreux.

La limpidité de ces émaux varie naturellement avecla nature du flux vitreux et la température plus oumoins élevée qu’ils doivent subir pour leur cuisson.Nous trouverons des différences considérables sous cerapport.

Les émaux ombrants de Rubclles cuisent à de bassestempératures; les. fonds par immersion de porcelainedure, le céladon des Chinois cuisent, au contraire, àdes températures très-élevées. Dans cesderniers émaux,la transparence n’est pas toujours complète. Les émauxappliqués à la décoration des poteries se posent quel-quefois 6iir le biscuit, comme les émaux de Rubelles,quelquefois sur la poterie composée, comme les fondsturquoise ou rose sur la porcelaine tendre.

Ils cuisent alors à des températures peu différentes