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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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DÉCORATION CÉRAMIQUE .

accidentel avec l’oxyde de fer qu’on les rencontre;ils ajoutent ordinairement à la teinte brunâtre que cespoteries tiennent de ce dernier oxyde. On pourrait pro-îiter de la couleur violette qu’ils communiquent auxfrittes alcalines pour colorer en rose les pâtes de por-celaine tendre.

Les oxydes de chrome sont mêlés aux pâtes deporcelaine tendre, de porcelaine dure et de grès finspour colorer les biscuits en vert plus ou moins intense,suivant la proportion qu’on en ajoute. Ici nous devonsfaire remarquer que l’oxyde de chrome est insolubledans les silicates alumineux, et qu’il enlève de latransparence meme aux terres qui sont les plus translu-cides. Les porcelaines perdent par son addition leurcaractère distinctif pour prendre les qualités des grèscérames.

Les oxydes de cobalt ajoutés à des pâtes naturelle-ment ferrugineuses les colorent en brun ; l’oxyde dechrome et l’oxyde de fer forment de même des ferschromés qui colorent en brun rougeâtre ; mais si la pâteest incolore, l’oxvde de cobalt ne donne qu’une cou-leur bleue plus ou moins intense, suivant la quantitéd’oxyde qu’on ajoute. Les grès du vieux Wedgwood,colorés en bleu et rehaussés de charmantes composi-tions en pâte blanche, sont obtenus de cette manière.

On a fait encore en Angleterre des poteries de lanature des porcelaines tendres, colorées par de l’oxydede cobalt, dans lesquelles on maintient la couleur dubleu d’outremer, en corrigeant la teinte violacée pro-pre au silicate de cobalt nu moyen d’une additiond’oxyde de zinc; il est indispensable, dans ce cas, defaire fritter préalablement le mélange de feldspath,d'oxyde de cobalt et d’oxyde de zinc qui donne la cou-leur outremer. Une condition indispensable à remplirpour réussir ces couleurs, qui s’adapteraient égale-ment bien à la décoration des porcelaines artificiellesfrançaises, est une atmosphère oxydante, tant â causede la nécessité de maintenir l’oxyde de zinc à l’étatd’oxyde pour éviter sa volatilisation, que pour s’op-poser à la réduction de l’oxyde de cobalt, qui nodonne, à l’état de métal, que du gris ou du noir.

L’oxyde de cobalt vaut aujourd’hui de 47 à 50 francsle kilogramme.

Le prix de l’oxyde d’urane s’oppose à ce qu’on enfasse usage pour les poteries autres que celles qui,comme les porcelaines et les grès fins, ont par elles-mêmes une valeur assez considérable. Il est encore au-jourd’hui de 57 fr. 50 le kilogramme. Lorsqu’on mé-lange à de la pâte de porcelaine blanche 2 pour 100d’oxyde d’urane, on obtient, si l’on cuit dans un cou-rant d’air, une pâte qui prend une coloration jauneclair assez agréable ; la même pâte, cuite dans le char-bon ou dans une atmosphère enfumée, comme celledes fours marchant à la houille, donne une pâte brune.

Cette dernière coloration s’obtient facilementMors-qu’on augmente la dose d’urane, même dans une atmo-sphère à courant d'air, parco qu’il n’y a pas assezd’alcalis pour maintenir l’oxyde d’urane à l’état d’a-cide uranique. Les pâtes brunes passent au rougeâtrequand l’oxyde est en forte proportion et qu’on lescuit dans le charbon; mais on les obtient avec unegrande économie lorsqu’on fait usage de pechblendechoisie au lieu d’oxyde d’urane préparé par les moyenschimiques. On peut, en augmentant la dose d’oxyded’urane, préparer des pâtes complètement noires.

Un inconvénient assez grave de l’emploi de l’oxyded’urane préparé par précipitation est la solubilité dece sel dans l’eau. La coloration de la pâte varie àchaque instant ; de plus, il est difficile de s’opposer àsa diffusion par capillarité dans toute la masse. On nepeut donc, lorsqu’on le conserve humide, l’appliquercomme engobage : car il teinte les parties blanches voi-sines de celles sur lesquelles on l’a posé.

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J’ai fait quelques essais pour colorer par l’or lesputes blanches de porcelaines dures et tendres. Onarrive à des colorations variées en faisant usage duchlorure d’or. Le précipité pourpre de Cassius conduitde même à des résultats pratiques ; mais il faut, parune dessiccation préalable, lui faire perdre son étatgélatineux qui modifie la plasticité de la pâte à la-quelle on le mêle, et lui dônne une certaine tendanceà se fendre à la dessiccation.

On parvient, au moyen de l’addition de 0,005 ou0,010 d’or à l’état de pourpre de Cassius, à colorerla pâte en rose agréable. Il faut moins de métal pour| obtenir une même teinte avec les pâtes tendres; car! elles cuisent à des températures notablement infé-i ricurcs. Il convient de cuire dans une atmosphère; oxydante, par exemple au milieu d’un courant d’air,afin d’éviter le ton violâtre sale qui peut provenir dela réduction de l’oxyde stannique résultant de la dé-composition du pourpre sous l’influence de la chaleur.

Les hauts prix du platine et sa forte densité s’op-posent à son emploi général dans les arts céramiques,surtout pour colorer les pâtes. Cependant il fournitavec les pâtes de porcelaine dures et tendres des grisi fins et agréables, qu’on obtient facilement en arrosant| de chlorure de platine le sable qui doit entrer dansla pâte. On fait fritter, puis on broie de nouveau. Onévite, par ce tour de main bien simple, la séparation1 de la poudre de platine du sein du liquide qui maintient: la pâte à l’état de barbotine, surtout lorsqu’on veut! façonner les pièces au moyen du procédé de coulage.La même observation s’applique évidemment aux

oxydes d’iridium, et la même marche détournée pour

l’incorporer aux pâtes peut être employée souvent avec| avantage. C’est cette même voie qu’il faudrait adopterI toutes les fois qu’on aurait à tirer parti de substancesminérales brutes, telles que les wolfram, les pech-blendes, le rutile, etc., dont la densité sc trouve être| très-considérable.

Nous avons dit que les oxydes s’employaient prin-cipalement dans les pâtes à l’état de mélange. Cepen-dant ceux dont la valeur est importante se posentsur la pâte elle-même, tantôt crue, tantôt cuite ; onles emploie quelquefois à l’état de pureté, surtoutlorsqu’ils peuvent se fixer avec la pâte au moment dela cuisson particulière qui précède le feu de vernis;on les applique encore en mélange avec une petitequantité de flux vitreux pour agglutiner la couleuret la rendre adhérente avec les surfaces sur lesquelleselles sont apposées; l’immersion dans l’eau chargée deglaçure ne les déplace pas. Il résulte de ces deuxdifférentes positions des modes divers d’emploi desoxydes.

Lorsque les oxydes sont incorporés dans la pâte, s’ilssont, comme les oxydes de fer, de manganèse, etc.,naturellement mêlés aux éléments qui composent cespâtes, on opère un broyage et le mélange convenabledans les appareils employés à la préparation despâtes, et ces opérations se font avec un soin directe-ment en rapport avec la nature du produit qu’on éta-blit.

Si ces oxydes ne sont pas mêdés aux matériaux quicomposent les pâtes, on les prépare à part; on lesamène, par un broyage très-soigné, s’exerçant soit surles oxydes purs, soit sur les oxydes frittés ou fondusavec un des éléments antiplastiques, à l’état de pous-sière impalpable qu’on ajoute alors aux autres élémentsdans des tournants ou cuvelles appropriées.

Dans les fabriques qui font des colorations très-variées, il convient, comme on l’a fait en Angleterre,dans les fabriques de grès fins, d’avoir un nombre suf-fisant de moulins, pour affecter toujours le même aubroyage d’une couleur donnée. On ajoute dans ce mou-lin la partie incolore par portions successives, en

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