fourneau qui donne un bon coup de feu; la masse setrouve convertie en un verre jaune verdâtre, si le mi-nium ou la litharge dont on s’est servi ne contientque très-peu de cuivre. C’est un borosilicatc de pro-toxyde de plomb et de soude.
Quelques fabricants fondent le mélange de sable deminium et de borax dans un creuset qu’ils exposent,pendant toute la durée de la cuisson, h la températuredu dégourdi des fours à porcelaine. Après le détour-nement, ils cassent le creuset pour en retirer le fon-dant ; c’est une mauvaise méthode. Exposé longtempsà la chaleur, sous l’inlluence des vapeurs humidesou réduetives, le fondant perd de l’oxyde de plomb etdevient plus dur ; il subit, en outre, l’action du creuset,qui lui cède de l’alumine et de la silice, ce qui le dur-cit encore. Je préfère lui conserver sa composition etsa fusibilité intactes en le fondant rapidement. On lecoule sur une plaque de métal aussitôt après fusioncomplète.
Fondant n° 2. — On fond comme précédemment lemême mélange, mais on triture dans un mortier defer. On fond ces mélanges dans un creuset de terre,dans un bon fourneau; on coule.
Les observations que nous avons faites au sujet dufondant n° I s’appliquent encore à celui-ci.
Fondant n° 3. — Il sert pour les carmins. On fondle mélange suivant :
On ne coule pas ; on retire avec les pinces : la ma-tière fondue est blanchâtre et opaline.
Fondant n° 4. — Pour les pourpres. On fond et onretire avec les pinces, comme plus haut, le mélange
suivant :
Borax.600
Sable. 400
Minium. 100
Fondant n° 5. — Pour les violets. On fait fondre
après trituration :
Minium. 400
Acide borique cristallisé. 400
Le verre qui résulte de cette fonte est très-fusible.Fondant n° 6. — Pour les rouges et les bleus. Onfond :
Minium.600
Acide borique cristallisé. 300
Sable. 100
Ce fondant est assez fusible.
Quelques praticiens recommandent de couler dansl’eau ces différents fondants; c’est une précaution quine peut être que nuisible; elle enlève certainementdu borax au fondant et ne peut l’améliorer sous aucunrapport.
Nous avons dit que les oxydes ne supportaient pastous également bien une température élevée. De làdes distinctions essentielles entre les couleurs vitri-fiables. Nous avons vu que celles qui peuvent résistersans altération à la température nécessaire pour cuireles vernis, émaux ou couvertes de poteries, s’appellentcouleurs au grand feu.
Elles sont d’autant moins nombreuses que les gla-çtires doivent cuire à une température plus élevée.Nous no devons pas oublier qu’un grand nombre decelles applicables sur les porcelaines dures, comme lebleu de cobalt, le verre de chrome, les bruns de fer,de manganèse et de chromate do fer: les jaunes ob-
DÊCORATION CÉRAMIQUE. j
tenus avec l’oxyde de titane, les noirs d’urane, sont Jplutôt des émaux ou des oxydes que des couleursproprement dites.
Nous rappellerons aussi que, d’une part, les colo-rations do grand feu, mais de seconde température,cuites sur porcelaines tendres, que les violets, lesrouges et les bruns de manganèse, de cuivre et dofer, qui décorent quelques porcelaines de la Chine , nesont encore que des émaux; il en est de même pourles faïences fines et communes, des jaunes d’anti-moine, des bruns de manganèse, des verts de cuivreet des bleus de cobalt.
Nous voyons qu’en réalité les couleurs de grandfeu, en tant qu’on ne considère que les couleurs pro-prement dites, sont très-peu nombreuses. Ces dernièressont, au contraire, fréquentes parmi les matières colo-rantes qui ne peuvent supporter une très-haute tempé-rature sans éprouver de grandes altérations, et qui,pour cela, doivent être fondues à mie température debeaucoup inférieure; le maximum n’atteint pas le degréde fusion de l’argent fin ; elles portent le nom de cou-leurs de moufle pour les porcelaines et les faïencesfines, et de couleurs de réverbère pour la faïenceémaillée. On conçoit, dans cette dernière série, la pos-sibilité d’en avoir de toutes les nuances, pour toutesles sortes de peintures et de glaçures.
Les couleurs au grand feu, prises dans leur ensem-ble, émaux et couleurs proprement dites, ont sur lescouleurs de moufle un grand avantage, c’est celui dopouvoir recevoir, sans se ramollir, la dorure dont onveut les rehausser. Cette considération a dirigé desessais dont le succès a été complet, et qui fournissentaux décorateurs une série plus complète que la paletteau grand feu; on les a nommées couleurs de demi-grand feu ou couleurs de moufle dures. Ces couleur»se glacent au moufle, mais à une température bienplus élevée que les couleurs à peindre, qu’on désignesous le nom de couleurs de moufle tendres. Ces cou-leurs une fois cuites peuvent recevoir d’autres cou-leurs, la dorure brunie, le platinage, etc., sans qu’onsoit obligé, comme pour les couleurs tendres, d’en-lever au grattoir la couleur qui fait le fond ; ce quiétait très-long, et rendait très-difficiles et très-coû-teuses les dorures ou ornements sur fond de couleurtendre.
Lorsque, par les procédés que nous avons détaillés,on s’est procuré, d’une part, les oxydes, de l’autre, lesfondants, il faut composer la couleur et la rendre pro-pre à l’emploi. On la prépare parle mélange, en pro-portions déterminées, des oxydes ou principes colo-rants , avec le fondant qui doit les faire adhérer.Quelquefois, mais en apparence seulement, on opèredifféremment; alors les procédés dont on se sert sontéconomiques en temps et en dépenses, ils permettentd’accomplir simultanément deux opérations distinctesqu’il est facile de séparer par la pensée : d’abord lapréparation du principe colorant, puis le mélange dece principe avec la composition fusible qui doit le fixeret le faire glacer. Ainsi lorsqu’on met dans un creusetdu minium, du sable, du borax et de rantiinoniate dopotasse, on fait eu même temps du jaune de Napleset du fondant. On les fait ensemble ; on pourrait lesfaire isolément, puis les mêler, et la couleur n’en seraitni moins belle, ni moins bonne. Le premier procédéest économique et court ; le second serait plus dispen-dieux et plus long.
Considérées sous le rapport des procédés mis enusage pour les fabriquer, les couleurs pourraient êtredivisées en trois groupes :
1° Les couleurs qui se fondent;
2° Les couleurs qui ne se fondent pas ;
3 Ü Les couleurs qui se frittent.
A. Les co"leurs qui ne se fondent nas sont celles