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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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4 42 DÉCORATION CÉRAMIQUE .

quest fondée la préparation des gris et des noirs géné-ralement employés pour peindre les porcelaines dureset tendres, les cristaux, les verres, etc. On en variela nuance et lintensité en variant les proportions res-pectives des oxydes de cobalt, de fer, de zinc, et enaugmentant la proportion du fondant dit au gris dontjai donné la composition plus haut, pour atténuer leton et la couleur, pour obtenir des gris de plus en plusclairs.

Or, les bleus se font avec des oxydes de cobalt etde zinc, et ces couleurs sont dautant plus vives, queles oxydes employés renferment moins doxyde defer ou de manganèse.

Les rouges sont fournis par loxyde de fer, les ocrespar loxyde de fer et loxyde do zinc, et ces nuancessont dautant plus pures, que les oxydes de fer et dezinc sont eux-mêmes plus dépouillés doxydes étran-gers, comme ceux de cuivre et de manganèse.

Il est donc bien évident que lorsque lartiste veutrompre du bleu, du rouge ou de locre, et quil y mêlele gris ou le noir que met à sa disposition la paletteactuelle, il fait un mélange, dans des proportions quilignore, doxyde de fer, de cobalt et de zinc, dont lacouleur est noire, et dont il ne peut prévoir ni linten-sité ni la nuance quavec une très-grande habitude ; etdailleurs, comme le ton après la cuisson nest nulle-ment celui quil applique sur sa peinture, puisque leton bleuâtre et le ton rouge sont altérés et peuventmême disparaître entièrement, il ne peut donner à sapeinture crue laspect quelle prendra quand le vernissera développé par le feu. Il faut que le peintre tra-vaille au jugé, quil mette son œuvre en harmonie envoyant sa peinture, non comme elle est réellement,mais telle que la cuisson doit la faire apparaître.

Cest un inconvénient, un inconvénient fort grave,surtout dans la peinture des figures, dans la reproduc-tion sur porcelaine des tableaux des grands maîtres, il importe darriver à la perfection.

Le gris de platine noffre aucun de ces inconvé-nients; comme il ne renferme pas doxyde de cobalt,il peut très-bien servir à rompre les rouges et les ocressans quon ait à craindre quil communique aux om-bres, par leffet de la cuisson, une trop grande vigueur.Comme il ne contient pas doxyde de fer, on ne doitpas craindre quen le mélangeant avec les bleus, il lesfasse noircir au delà de ce quon veut obtenir ; il nen-tre dans le mélange que pour le ton qui lui est propre,et quil conserve avant comme après la cuisson.

Considérée sous le rapport de sa fabrication, cettecouleur est facile à faire et à reproduire toujoursidentique comme nuance et comme composition. Onprépare facilement le platine en poudre ; il suffit deprécipiter une solution de chlorure de platine par dusel ammoniac en excès, et de chauffer jusquà éva-poration complète de ce dernier sel : on obtient ainsile platine sous forme dune poudre grise, quon peutmêler immédiatement au fondant dans la proportionindiquée plus haut, et qui se laisse facilement broyer.

Le platine nest pas le seul métal qui, employédans ce sens, fournirait une couleur utile.

Tous les métaux qui laccompagnent ordinairementdans sa mine pourraient, comme lui, réduits enmousse, servir au même usage et avec la même supé-riorité sur les gris composés de cobalt et de fer.

J'ai, dans ce but, essayé le palladium et le ruthé-nium. Le palladium donne un gris pâle; le ruthénium,un gris plus roux que celui de platine.

Depuis longtemps déjà, M. Frick avait indiquélusage du sesquioxyde diridium comme pouvant four-nir un noir supérieur à tous les noirs connus. M. Ma-laguti, à la manufacture impériale de Sèvres , a vérifiéles données de M. Frick. M. L. Robert en fit plus tardune petite quantité, et moi-même, en 1845, j'avais

DÉCORATION CÉRAMIQUE.

livré pour le service de Sèvres une centaine de gram-mes de gris d'iridium, dont les qualités purent êtremises en relief par un usage journalier.

Le gris de platine est appelé à remplacer avanta-geusement ce dernier. Son prix est moins élevé, sanuance plus agréable et sa préparation moins diffi-cile.

Il est aussi beaucoup plus répandu, et, depuis dixans environ quon sen sert, lexpérience a pu faireprononcer sur sa véritable valeur. Aussi est-il entrédéfinitivement dans la palette de la manufacture deSèvres .

Noirs. On les obtient par le mélange des oxydes defer do cobalt, seuls ou combinés, aux oxydes de man-ganèse, de zinc ou de cuivre.

Noir n° 1. On mélange les dissolutions provenantde lattaque par lacide chlorhydrique de 400 grammesfer et 400 grammes cobalt oxydé. On précipite par lecarbonate de soude, on lave longtemps ; quand touta bruni, on fait sécher, on pulvérise, puis on calcinedans un têt à rôtir avec deux fois son poids de sel.On lave à leau bouillante et on sèche ; on calcine àun fort feu, on prend loxyde noir ainsi préparé, on yajoute :

Fondant n° 6. 400

Fondant n° 2. 400

Oxyde à noir. 250

Bleu n° 2. 50

Noir n° 2- On mélange un oxyde fait commeplus haut en prenant 400 grammes fer métallique et200 grammes oxyde de cobalt, savoir :

Fondant n° 6. 500

Oxyde à noir. 400

Bleus. Pour faire les bleus, je fais dabord unofonte, dans laquelle je développe la teinte de loxydede cobalt. Pour les bleus rappelant la teinte de lin-digo, le silicate de cobalt est avivé par loxyde demanganèse ; pour les autres bleus, sa nuance est azuréepar loxyde de zinc.

Bleu n° 1. On fait une fonte que nous appelle-

rons A :

Sable. 50

Minium.50

Carbonate de soude sec.4 2

Carbonate de potasse sec.45

Oxyde noir de cobalt. 6

Carbonate de manganèse. 4

Nitrate de potasse. 6

On fond tant quil y a bouillonnement, on coule eton mêle :

Fonte A. 4 00

Bleu n° 2.500

On mélange au mortier sans refondre.

Bleu n° 2. On mélange et on fond :

Fleurs de zinc. 40

Carbonate de cobalt. 20

Fondant n°1. .. 100

Nous appellerons cette fonte B.

On fait le mélange suivant :

Fonte B.200

Fondant n° 1. 100

On triture sans fondre.

Bleu n° 3. On mélange au mortier :

Fonte B. 200

Fondant n° 1. . ..200

On triture sans fondre.