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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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-151 DÉCORATION CÉRAMIQUE .

DECORATION CERAMIQUE.

léricurcment le plateau sert à faire tourner le plateaupendant que d’une main le fiîeur fait son décor.

La cuisson des métaux s’exécute dans les moufles•comme celle des couleurs.

L’or et les autres métaux appliqués sur la poterien’ont généralement pas l’éclat métall.que âpre? lacuisson.

tu l’on veut obtenir des effets variés, on dessine surcet or en surface avec des pointes très-dures des orne-ments plus ou moins compliqués : c’est brunir à l’effet ;si l’on veut, au contraire, avoir de grandes surfacesbrillantes, on brunit à plat en le frottant fortement etavec adresse, pour ne déterminer aucune rayure. 11faut surtout une grande habileté pour brunir les fondsd’or.

On se sert, pour brunir, des outils qu’on nomme brunis-soirs et qu’on emploie dans un grand nombre d’ateliers.Les uns sont en hématite brune, qu’on désigne alors sousle nom de sanguine, les autres sont en agate; ils sonttrès-variables de forme et «le grosseur, et pour faire unbon brunissage il faut se tenir assorti de brunissoirs deformes très-différentes. Les brunissoirs sc nettoient parle frottement sur un cuir chargé de potée d’étain. Oncommence par dégrossir avec du sablon et de la craiequi donnent une sorte de poli ; on finit avec la sanguine.Cette sorte de travail est confié presque partout à dejeunes filles ou à des femmes nommées brunisseuses.

Les brunissoirs sont adaptés au moyen de viroles encuivre ou de fer aux manches par lesquels on les tient.

LUSTRES METALLIQUES.

Nous ne rappellerons pas ici les propriétés qui carac-térisent les lustres métalliques, nous les avons indiquéesen parlant des matières employées à la décoration desproduits céramiques; on distingue :

Le lustre burgos ;

Le lustre d’or ;

l.es lustres de platine;

Les lustres d’argent;

Les lustres de cuivre ;Les lustres de lithargc ;Le lustre de bismuth ;Les lustres nacrés.

Les lustres d’or et de platine sont de beaucoup lesplus importants.

Lustre burgos . — Le burgos. qui tire son nom decelui d’une sorte de coquille qu’on appelle buryau etqu’on écrit buryos par corruption orthographique, peut-être en rapprochant les désignations géographiques deValence .et de Burgos en Espagne , ne me parait êtreautre chose que l'un ou l’autre des produits qui vontsuivre, mais très-peu chargé d’or. L’examen attentifdes pièces chargées de dorure brillante, au sortir dumoufle sans brunissage, le démontre clairement; toutesles parties très-minces, celles qui proviennent du dépôtdes maculatures apposées par les doigts, sont irisées etperdent l’opacité du métal en prenant la transparencedu burgos.

On a donné beaucoup de recettes, en Angleterresurtout, pour préparer le burgos. Nous citerons cellesdécrites dans les brevets d’invention par M. Boudon deSaint-Amans. On fait dissoudre à chaud avec précau-tion le mélange suivant :

Eau régale . 288 gr.

Or pur. 48

L’ean régale se compose de GO grammes acide azo-tique* 90 grammes acide chlorhydrique. On ajoutegraduellement 4 grammes d’étain, qu’on projette parpetites portions.

On verse d’abord une petite quantité de cette disso-lution dans 20 grammes de baume de soufre. On dé-laye dans 10 grammes de térébenthine ; on mêle tousces ingrédients avant de verser le reste de la dissolutiond’or, qu’on arrête pour laisser fermenter un peu, et onremue jusqu’à ce que tout s’épaississe. On ajoute, endernier lieu , 30 grammes de térébenthine. Le lustre

d’or est le magma qu’on ne peut employer qu’aprèsl'avoir séparé de l’eau des acides liquides employés.

Lustres d'or. — On distingue, suivant l’éclat de l’or etson épaisseur, la dorure de Meissen et le lustre d’or.

Le lustre d’or est le burgos dont nous venons de nousoccuper, présentant un aspect plus brillant et pinsdoré ; lorsque la quantité d’or ne passe pas «entièrementou à peu près dans les liquides gras avec lesquels onmfdc le chlorure d’or, on obtient une dorure plusfaible et cependant plus riche que le burgos ; ce dernierrésulte de l’application d’une liqueur ne contenant pourainsi dire que quelques traces d’or.

M. de Saint-Amans a fait connaître le procédé sui-vant pour préparer le lustre d’or ou le purple gold~luster % comme on le nommait en Angleterre.

On prend une quantité convenable d’eau régale pourfaire dissoudre 25 grammes d’or ; on ajoute G e ,5 d’étainpar petites portions, jusqu’à ce que tout soit dissous ;on verse ensuite dans une partie de cette dissolution50 grammes de baume de soufre mêlé de 20 grammesd’esprit de goudron. Quand ce premier mélange estfait,* on verse le reste de la dissolution d’or et d’étain,on ajoute ensuite 5 ' grammes d’essence de térében-thine ; on mêle le tout jusqu’à ce que la matière prennola consistance d’une bouillie épaisse. Il faut évidem-ment, pour employer cette matière, laisser se dissiperles liquides aqueux avec lesquels la masse huileuse esten mélange.

On a pu faire ce même lustre au moyen de l’or fulmi-nant, et c’cst la méthode la plus certaine pour le bienréussir. On le broie pendant qu’il est encore humide avecde l’essence de lavande; le broyage, difficile d’abord,devient plus facile lorsque, par suite de l’exposition àl’air libre, l'humidité s’est entièrement dissipée.

On a proposé de faire encore ce même lustre en en-gageant l'or dans des dissolutions de sulfures alcalins.

La dorure de Meissen possède l’éclat métallique del’or et la couleur de ce métal, lorsqu’elle est bien pré-parée ; le brillant ne résulte pas, comme pour les mé-taux ordinaires, du frottement avec le brunissoir. Onl’obtient par différents procédés. Les procédés suivisà la manufacture de-Meissen sont encore secrets. Onfait cette dorure en France aujourd’hui ; M. Dutertroa fait breveter un premier procédé, MM. Carré sontégalement brevetés pour un procédé différent. Nousallons donner ici l’exposé des méthodes telles que cesdécorateurs les ont décrites. Voici le procédé de M. Du-tertre.

On met dans vin vase qu’on chauffe légèrement

Or pur. 32 gr.

Acide azotique. 128

Acide chlorhydrique. 128

Lorsque les métaux sont dissous, ou ajoute :

Étain métallique . . . ..I",2

Beurre d’antimoine.1?,2

Quand la dissolution est complète, on verse :

Eau. 500 gr.

D’autre part, on met dans tin second vase :

Soufre. 46

Térébenthine de Venise . 46

Essence de térébenthine. 80

On fait chauffer jusqu’à ce que tout soit intimementcombiné, après quoi l’on ajoute 50 grammes d'essencede lavande. On fait de la sorte un véritable baume desoufre térébenthine. En refroidissant, il ne doit paslaisser déposer de soufre.

Après ces préparatifs, on verse la dissolution d’or surla seconde ; on met chauffer, puis on bat jusqu’à ce quel’or ait passé dans les huiles; on enlève l’eau chargéedes acides séparés de l’or ; on lave avec de l’eau chaude,et lorsque les dernières traces d’humidité sont éloi-