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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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102 DÉCORATION CÉRAMIQUE .

très-mince est peut-être formée dun silicate doxydulcJe cuivre.

I.e lustre de cuivre n'est pas encore devenu lobjetdunc fabrication courante. Quelques recherches ontôté faites pour retrouver les anciens procédés qui étaientassez certains pour permettre dnppliquer, sur unefaïence à glaçure stannifere, des traits et des linéamentstrès-déliés et dun rouge rubis du plus brillant effet.Jai fait quelques essais qui inont prouvé que sil étaitpossible de faire passer dans le moufle, pendant lacuisson de dessins composés dazotate de cuivre, del'hydrogène ou de loxyde de carbone, on obtiendraitdu rouge brillant comme le rouge majolique. En en-flammant simplement, dans un moufle chargé de tes-sons de faïence à glaçure stannifere, du papier conte-nant de loxyde de cuivre, on détermine une volatili-sation suîïisantc de cet oxyde pour déposer sur lesparties émaillées une sorte de lustre cuivreux aussibrillant que celui des poteries de Manassès, près Va­ lence .

Lustre de plomb. On donne le nom de lustre delitharge ou de lustre de plomb à la coloration brillanteirisée que présentent certaines poteries à glaçure plom-bifère : ces poteries ont recevoir pendant leur cuis-son linfluence réductrice de quelques vapeurs, qui onten même temps fait réaction sur loxyde de fer que cesglaçures peuvent contenir. Nous compléterons cettepréparation en parlant des lustres nacrés.

Je nai jamais remarqué que les glaçures de porce-laine tendre, par exemple, qui sont complètementexemptes de fer, présentassent lapparence du lustrede litharge, lorsquon les cuit dans des conditions pro-noncées de réduction. Il se développe souvent une co-loration noire due à du plomb métallique réduit ; peut-être les résultats seraient-ils différents en présencedun grand excès de litharge.

Lustres de bismuth. Le commerce de la porcelainedécorée vient de senrichir dun produit appelé, je lepense, à jouir dune grande vogue, lorsque les pre-mières difficultés, conséquence de la nouveauté, dis-paraîtront devant une pratique journalière.

INI. Brinnchon a modifié fort heureusement les con-ditions dn..s lesquelles on prépare les chatoyants ordi-naires en les rendant susceptibles de communiquer auxobjets céramiques sur lesquels on les appose, les cou-leurs de lor, de la nacre blanche et colorée, les refletsirisés et changeants des coquilles naturelles. Ces pro-duits jouissent dun brillant tel quon pourrait croireque les couleurs sont passées sous émail; on peut, àvolonté, les employer en fonds ou comme décors dé-liés et délicats. Cest le bismuth qui donne cet éclatparticulier.

Le procédé par le moyen duquel on obtient ces résul-tats sc divise en deux temps :

4° La préparation des fondants ;

-2° La préparation des colorants.

Ces derniers une fois obtenus sajoutent dans desproportions variables aux fondants et déterminent parleur mélange les teintes les-plus variées , que nousnommons lustres nacrés.

Les fondants qui servent à faire glacer les sels et lesoxydes métalliques sont les sels de bismuth et de plomb.Les premiers sont préférables; ils supportent beaucoupmieux, et sans altération, de hautes températures; leurpréparation comme fondants est, du reste, exactementla même.

On prend 10 parties en poids de nitrate de bismuth,30 parties de résine arcanson oui colophane, 75 partiesdessence de lavande on toute autre essence ne fournis-sant pas de précipité dans le mélange.

On procède ainsi : dans une capsule qui repose surun bain de sable, chauffée graduellement, on met les

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30 parties de résine, et à mesure quelle fond, on versopetit à petit les 40 parties de nitrate de bismuth, touten remuant, pour bien incorporer les deux substances ;dès quelles commencent à brunir, on verse au fur et àmesure 40 parties dessence de lavande et on continuedagiter le tout afin de produire le mélange intime etla dissolution des substances ; après quoi la capsule estretirée de son bain de sable et refroidie graduellement ;cest alors quon ajoute les 35 parties restantes de les-sence de lavande, puis on laisse refroidir quelques heu-res, autrement lemploi en serait difficile et inégal.

Lustres nacrés. Ces lustres résultent du mélangedu lustre de bismuth et des colorants que nous allonsdécrire. Les sels ou oxydes métalliques qui concourentà leur formation sont empruntés au règne inorganiquecomme les sels de platine, dargent, de palladium, dorhodium, diridium, dantimoine, détain, duranium, dozinc, de cobalt, de chrome, de cuivre, de fer, de nickel,de manganèse, etc., quelquefois même dor, pour pro-duire, dans ce dernier cas, on les riches teintes des coquillagcs ou les reflets du prisme

Pour les obtenir, on opère de la manière suivante :

1° Couleur jaune. Dans une capsule chauffée par unbain de sable, on fait dissoudre 30 parties de résinearcanson à laquelle on ajoute, lorsquelle est sur lepoint dêtre fondue, 40 parties de nitrate duranium et,pour faciliter le mélange, 35 à 40 parties dessence delavande. Lorsque la matière liquide a été convenable-ment rendue homogène par lagitation, on retire la cap-sule du feu et on ajoute de nouveau 30 à 35 partiesdessence de lavande ; le colorant mélangé par partieségales au fondant de bismuth et appliqué au pinceausur lobjet fournit une préparation qui, après cuisson,donne un ton jaune brillant.

2° Colorant rouge-orange. On lobtient en faisantfondre 4 5 parties de résine darcanson ; après fusion, ony verse en même temps 45 parties de nitrate de fer et18 parties dessence de lavande. Les additions se fontpetit à petit et en ayant soin dagiter le mélange con-venablement homogène; on retire du feu, et lorsquil estun peu refroidi, on y ajoute 20 parties dessence de la-vande; le colorant mélangé avec 2/5 ou 4/3, ou desproportions intermédiaires de son poids de fondant,fournit une préparation qui, après cuisson, donne unecouleur rouge-orange ou nankin et tous les tons inter-médiaires suivant la proportion de fondant employé.

3° Colorant imitation dor. Il se fait par le mélangedes deux préparations ci-dessus indiquées, en faisantentrer deux ou trois parties de la préparation duraniumpour une de celle de fer ; cest par le mélange des deuxpréparations quon produit après cuisson une colorationmétallique imitant les différents tons de lor poli.

4° Couleurs irisées du prisme. On prend ou lammo-niure ou le cyanure dor et de mercure, ou lioduredor, ou la teinture dor ; ces composés aurifères sontbroyés avec de lessence de térébenthine sur une pa-lette de façon à former une pâte quon laisse sécherpour la rebroyer à nouveau avec lessence de lavande;ceci fait, on ajoute à une partie du produit aurifère 1,2,3 et jusquà 40 parties de fondant préparé au bismuth,en l'étendant au pinceau sur les pâtes décorées et cuiteset les recouvrant de la dissolution durane, on obtientdes tons plus ou moins foncés, plus ou moins variés.

Toutes ces préparations se mélangent parfaitemententre elles, elles se superposent même, et appliquéesau pinceau sur les objets, elles fournissent toujoursaprès cuisson des teintes et des tons glacés.

Quant à la couleur pure de la nacre blanche, ellesobtient par le fondant de bismuth quon mélange àcelui de plomb, et quelquefois on y ajoute du chloruredantimoine mélangé dans la résine. Lessence de la-vande employée dans toutes les préparations pourrait