DENTELLE.
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Ctrc remplacée par toute autre essence ne précipitantpas les substances avec lesquelles elle est mélangée,de meme que la résine d'arcanson peut être remplacéepar la colophane ou autre résine. Lorsqu’on fait l’ap-plication de ces préparations au pinceau, on doit éviterde mettre des couches trop minces ou trop épaissesqui produiraient des teintes trop pales ou trop foncées;on doit surtout éviter le dépôt des poussières sur lesobjets enduits.
Les indications techniques que nous avons présen-tées au sujet de l'or de Meisscn s’appliquent ici et nousdispensent de donner l'explication théorique des phé-nomènes qui se passent dans cette opération, qui ajoutepar des moyens très-simples aux ressources du déco-rateur de porcelaine.
Position des lustres. — La définition des lustres, telleque nous l'avons donnée plus haut, limite singulière-ment la position de ces produits sur les poteries qu’ilsdécorent. Ils doivent toujours être sur la glaçurc, et lacondition la plus importante à remplir pour qu’ils soientréussis, c’est que la glaçure soit parfaitement brillante.
Les diverses méthodes à l’aide desquelles on appliqueles lustres se confondent avec celles employées pourl’application des couleurs et des métaux : on les appliquedélayés dans des essences et des corps gras pour faireadhérer la matière pendant le travail ; on fait usage deputois, de pinceaux de diverses grosseurs et de diversesformes, suivant la nature des produits qu’on veut dé-corer et suivant le genre de travail dont on désire fairel’application.
Ici se bornent les notions que je crois devoir présen-ter sur l’art do décorer les poteries. Mon but était deréunir les principes généraux qui doivent faciliter lalecture et l’étude des traités spéciaux écrits sur la ma-tière. J’ai du me dispenser de retracer un grand nom-bre de détails qu’on trouvera dans les ouvrages plusétendus, comme le Traité des arts céramiques, deM. Brongniart , aiîquel je renvoie ceux qui désireraients’initier aux pratiques de cet art. Sat/vktat.
DENSITÉ. Nous rapportons, d'après Poncelet, lepoids du mètre cube des substances que l’on rencontredans les constructions, dont on a besoin fort souventpour déterminer les dimensions des voûtes, des plan-chers, etc.
.
poids
PKSIGXATION PRS SUBSTANCES.
<lu mètre
culn 1 .
kil.
Pierre à plâtre ordinaire.
2108
2264
Pierre meulière.
2484
Marbre noir et blanc.
2717
• ( les plus cuites.
Briques { , 1
1 | les moins ouïtes.
2200
1300
Tuiles ordinaires.
2000
Sable pur.
1900
Sable terreux.
1700
Terre végétale légère.
1400
Terre argileuse..
1600
Terre anglaise.
Maçonnerie de moellons ordinaires, de
1900
1700 kil. à.
2300
Chêne le plus pesant, le cœur. . . .
1170
■ Chêne le plus léger, sec.
850
DENTELLE. C’est en Flandre , puis en Italie , àVenise et à Gênes , que furent fabriquées les premièresdentelles. Jusqu’audix-scptième siècle, la France fut tri-butaire de l’étranger, dont les produits étaient de beau-coup supérieurs à scs premiers essais. Mais, sous l’ad-
ministration de Colbert , la fabrication de la dentelle futsi bien encouragée, et ses progrès furent si rapides,qu’elle ne tarda pas à soutenir honorablement la con-currence de l’industrie étrangère. Aujourd’hui, malgréla supériorité considérable, sous le rapport de la quan-tité, de la production belge , la France n’a pas dégé-néré. Le point d’Alençon témoigne encore du rangque ses produits ont conquis par les soins du ministrede Louis XIV ; la valencienne.s et la dentelle de Lille ,quoique fabriquées en grande partie h Ypres , à Bruxel les et à Courtray , portent des noms qui rappellent leurorigine. Cette dernière, d’ailleurs, n’a pas complète-ment émigré, et ce sont encore nos manufactures quiproduisent les ouvrages les plus remarquables danscette catégorie.
La fabrication moderne est restée dans la voie oùelle est entrée au dix-septième siècle, c’est* ù-dircqu’elle a continué à chercher, surtout dans scs pro-duits, la finesse, la souplesse et la légèreté. Au com-mencement de cette industrie, la bissette, la gueust)et la campane étaient des tissus en fil plus solidesqu’élégants. La guipure , qui vint ensuite, ressem-blait assez, quant au dessin, à la guipure moderne;mais la soie, l’argent et l’or étaient les matières dontelle était formée. Le point do Venise et le point deGênes lui succédèrent pour se voir, à leur tour, rem-placés par les produits d’Anvers et de Bruxelles .
Il y a maintenant cinq catégories principales de den-telles en fil fabriquées à la main. C’est un de ces casrares où l’industrie échappe à la mécanique.
Ces cinq catégories sont :
Le point d’Alençon ; c’est le point de France , c’estla dentelle que nous devons à Colbert . Elle se fait àl'aiguille.
Le point d’Angleterre, qu’on appelle encore, moinssouvent, mais plus justement, point de Bruxelles . Al’instar de la France , l’Angleterre eut un moment l’in -tention d’encourager la fabrication de la dontello etd’en faire une industrie anglaise. Pour y parvenir, ellevoulut attirer chez elle les ouvrières de la Flandre .Elle n’y réussit pas; mais, à la même époque, unequantité considérable de marchandises fut achetée àl’étranger par scs agents, importée et revendue sous lenom de point d’Angleterre. Telle est l'origine de cottedénomination trompeuse, car le produit qu’elle désignen'a jamais été fabriqué que sur le continent. Le pointd’Angleterre est l’œuvre de deux classes d’ouvrières;les premières brodent l’ornement, les autres tissent lefond; on applique ensuite l’un sur l’autre. Lorsque lefond est fait à la mécanique, la dentelle prend le nomI d’application d’Angleterre.
La dentelle de Malines ou broderie de Malincs. Cedeuxième nom lui vient de ce que les fleurs sont en-tourées et en quelque sorte mises en relief par un filqui est comme le trait apparent du dessin. Elle est fa-briquée au fuseau, fond et fleurs ensemble.
La valenciennes, également faite au fuseau et d’tmseul coup.
Enfin la dentelle de Lille , dont la fabrication est sem-blable à la précédente, mais sans atteindre la même so-lidité.
Tels sont les produits supérieurs do cette industrie.11 en est beaucoup d’autres qui, de même, tirent leursnoms des localités où on les fabrique; mais il est inu-tile d’insister.
Si remarquables et véritablement artistiques que fus-sent les tissus connus sous le nom de guipure, de pointde Gênes et de point de Venise, il faut le reconnaître,le jour où la dentelle sut allier la souplesse à la soliditédu réseau, elle entra de plain-pied dans le caractèrequi lui convient avant tout. Néanmoins on peut regret-ter que la fabrication moderne ait aussi complètementdétrôné scs devancières. Je ne crois pas, en effet, qu'il
C.
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