Buch 
Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
Entstehung
Seite
153
JPEG-Download
 
  

DENTELLE.

DENTELLE.

155

Ctrc remplacée par toute autre essence ne précipitantpas les substances avec lesquelles elle est mélangée,de meme que la résine d'arcanson peut être remplacéepar la colophane ou autre résine. Lorsquon fait lap-plication de ces préparations au pinceau, on doit éviterde mettre des couches trop minces ou trop épaissesqui produiraient des teintes trop pales ou trop foncées;on doit surtout éviter le dépôt des poussières sur lesobjets enduits.

Les indications techniques que nous avons présen-tées au sujet de l'or de Meisscn sappliquent ici et nousdispensent de donner l'explication théorique des phé-nomènes qui se passent dans cette opération, qui ajoutepar des moyens très-simples aux ressources du déco-rateur de porcelaine.

Position des lustres. La définition des lustres, telleque nous l'avons donnée plus haut, limite singulière-ment la position de ces produits sur les poteries quilsdécorent. Ils doivent toujours être sur la glaçurc, et lacondition la plus importante à remplir pour quils soientréussis, cest que la glaçure soit parfaitement brillante.

Les diverses méthodes à laide desquelles on appliqueles lustres se confondent avec celles employées pourlapplication des couleurs et des métaux : on les appliquedélayés dans des essences et des corps gras pour faireadhérer la matière pendant le travail ; on fait usage deputois, de pinceaux de diverses grosseurs et de diversesformes, suivant la nature des produits quon veut dé-corer et suivant le genre de travail dont on désire fairelapplication.

Ici se bornent les notions que je crois devoir présen-ter sur lart do décorer les poteries. Mon but était deréunir les principes généraux qui doivent faciliter lalecture et létude des traités spéciaux écrits sur la ma-tière. Jai du me dispenser de retracer un grand nom-bre de détails quon trouvera dans les ouvrages plusétendus, comme le Traité des arts céramiques, deM. Brongniart , aiîquel je renvoie ceux qui désireraientsinitier aux pratiques de cet art. Sat/vktat.

DENSITÉ. Nous rapportons, d'après Poncelet, lepoids du mètre cube des substances que lon rencontredans les constructions, dont on a besoin fort souventpour déterminer les dimensions des voûtes, des plan-chers, etc.

.

poids

PKSIGXATION PRS SUBSTANCES.

<lu mètre

culn 1 .

kil.

Pierre à plâtre ordinaire.

2108

Gypse ou plâtre fin.

2264

Pierre meulière.

2484

Marbre noir et blanc.

2717

( les plus cuites.

Briques { , 1

1 | les moins ouïtes.

2200

1300

Tuiles ordinaires.

2000

Sable pur.

1900

Sable terreux.

1700

Terre végétale légère.

1400

Terre argileuse..

1600

Terre anglaise.

Maçonnerie de moellons ordinaires, de

1900

1700 kil. à.

2300

Chêne le plus pesant, le cœur. . . .

1170

Chêne le plus léger, sec.

850

DENTELLE. Cest en Flandre , puis en Italie , àVenise et à Gênes , que furent fabriquées les premièresdentelles. Jusquaudix-scptième siècle, la France fut tri-butaire de létranger, dont les produits étaient de beau-coup supérieurs à scs premiers essais. Mais, sous lad-

ministration de Colbert , la fabrication de la dentelle futsi bien encouragée, et ses progrès furent si rapides,quelle ne tarda pas à soutenir honorablement la con-currence de lindustrie étrangère. Aujourdhui, malgréla supériorité considérable, sous le rapport de la quan-tité, de la production belge , la France na pas dégé-néré. Le point dAlençon témoigne encore du rangque ses produits ont conquis par les soins du ministrede Louis XIV ; la valencienne.s et la dentelle de Lille ,quoique fabriquées en grande partie h Ypres , à Bruxel­ les et à Courtray , portent des noms qui rappellent leurorigine. Cette dernière, dailleurs, na pas complète-ment émigré, et ce sont encore nos manufactures quiproduisent les ouvrages les plus remarquables danscette catégorie.

La fabrication moderne est restée dans la voieelle est entrée au dix-septième siècle, cest* ù-dircquelle a continué à chercher, surtout dans scs pro-duits, la finesse, la souplesse et la légèreté. Au com-mencement de cette industrie, la bissette, la gueust)et la campane étaient des tissus en fil plus solidesquélégants. La guipure , qui vint ensuite, ressem-blait assez, quant au dessin, à la guipure moderne;mais la soie, largent et lor étaient les matières dontelle était formée. Le point do Venise et le point deGênes lui succédèrent pour se voir, à leur tour, rem-placés par les produits dAnvers et de Bruxelles .

Il y a maintenant cinq catégories principales de den-telles en fil fabriquées à la main. Cest un de ces casrares lindustrie échappe à la mécanique.

Ces cinq catégories sont :

Le point dAlençon ; cest le point de France , cestla dentelle que nous devons à Colbert . Elle se fait àl'aiguille.

Le point dAngleterre, quon appelle encore, moinssouvent, mais plus justement, point de Bruxelles . Alinstar de la France , lAngleterre eut un moment lin -tention dencourager la fabrication de la dontello etden faire une industrie anglaise. Pour y parvenir, ellevoulut attirer chez elle les ouvrières de la Flandre .Elle ny réussit pas; mais, à la même époque, unequantité considérable de marchandises fut achetée àlétranger par scs agents, importée et revendue sous lenom de point dAngleterre. Telle est l'origine de cottedénomination trompeuse, car le produit quelle désignen'a jamais été fabriqué que sur le continent. Le pointdAngleterre est lœuvre de deux classes douvrières;les premières brodent lornement, les autres tissent lefond; on applique ensuite lun sur lautre. Lorsque lefond est fait à la mécanique, la dentelle prend le nomI dapplication dAngleterre.

La dentelle de Malines ou broderie de Malincs. Cedeuxième nom lui vient de ce que les fleurs sont en-tourées et en quelque sorte mises en relief par un filqui est comme le trait apparent du dessin. Elle est fa-briquée au fuseau, fond et fleurs ensemble.

La valenciennes, également faite au fuseau et dtmseul coup.

Enfin la dentelle de Lille , dont la fabrication est sem-blable à la précédente, mais sans atteindre la même so-lidité.

Tels sont les produits supérieurs do cette industrie.11 en est beaucoup dautres qui, de même, tirent leursnoms des localités on les fabrique; mais il est inu-tile dinsister.

Si remarquables et véritablement artistiques que fus-sent les tissus connus sous le nom de guipure, de pointde Gênes et de point de Venise, il faut le reconnaître,le jour la dentelle sut allier la souplesse à la soliditédu réseau, elle entra de plain-pied dans le caractèrequi lui convient avant tout. Néanmoins on peut regret-ter que la fabrication moderne ait aussi complètementdétrôné scs devancières. Je ne crois pas, en effet, qu'il

C.

20