DILATATION DES LIQUIDES.
DISTILLATION.
155
NOM
du liquide.
VALEURS
extrêmes de T.
a.
b.
c. j
0 à. 138
0,001050370
0,0000018339
0,00000000079 !
Alcool anhydre.
—34 à 78
0,0010-18630
0,0000017510
0.00000000134
lîrômc.
7 à 63
0,001038186
0,0000017114
0,00000000545 ,
; Bi-chlorure d’étain. . .
—20 à 115
0,001132801
0,0000009117
0,00000000758
0à 23
—0,000061010
0,0000077183
—0,00000003734
25 à 50
—0,000065410
0,0000077387
—0,00000003541
60 à ’/b
+0,000059160
0,0000031849
0.00000000728
75 à 100
0,000086450
0,0000031892
0,00000000245
Essence de térébenthine.
0 à 150
0,000847400
0,0000012480
0,00000000000
Éther .
—15 à 36
0,001513245
0,0000023592
0,00000004003
0 ii 350
0,000179007
0,0000000252
0,00000000000
Sulfure de carbone. . .
— do à 60
0,001139804
0,0000013706
0,00000001912
Les dilatations représentées par ces chiffres diffè-rent beaucoup de la proportionnalité admise à priori.
Il paraît assez naturel de chercher la loi de ces va-riations dans l’accroissement de la pression de la vapeurque forme le liquide à chaque température, peut-êtredans la vapeur intermoléculaire qui tend à se formerentre les molécules, et, dans ce cas, la formule quireprésente la dilatation doit avoir un rapport intimeavec celle qui représente les variations de pression dela vapeur aux températures correspondantes. Nousavons, pour faire ces comparaisons pour la vapeur d’eau,les expériences de M. Régnault. Ainsi, si nous compa-rons les accroissements totaux de volumes de l’eau etles pressions de la vapeur, à quatre points égalementespacés de 0 à 1 00°, nous aurons :
LIMITES
DE
TEMPERATURES.
0” à 25°
à 50®
à 75°
à 100°
Les accroissements de ivolumes, s’ils étaient 1proportionnels, seraient, ?
0
•27
51
81
108
en dix-millièmes : r
Ceux fournis par l’ex- )pêricncc sont J
0
27
oi
88
120
Los pressions sont. . .
4 mm ,6 23
91
288
760
Les pressionscrois
sent bien comme les v
olumes.
, mais
bien plus rapidement toutefois, et cela surtout dans levoisinage du point d’ébullition, ce qui paraît s’expli-quer assez naturellement pour l’expansion de la vapeurqui se dégage, qui cesse d’être seulement intermolécu-laire, se forme par masses sensibles d’autant plus qu’onse rapproche de ce point et constitue un état intermé-diaire voisin de l’ébullition.
Gaz liquéfiés. — Cette manière de voir trouve saconfirmation dans une série de phénomènes étudiésrécemment, dans la dilatation très-considérable desliquides provenant de la liquéfaction des gaz.
M. Thilorier avait trouvé, pour le coefficient del’acide carbonique liquide, entre 0° et 30°, le chiffre0,0142, c’est-à-dire un chiffre quatre fois plus fort quecelui de la dilatation des gaz, qui est considérable.
M. Drion a repris ces expériences et a trouvé demême qu’à des températures voisines de celles où lesliquides se transforment en vapeurs dans des espacestrès-restreints, ces liquides ont un coefficient de dilata-tion très-considérable, supérieur à celui des gaz à lapression atmosphérique.
Le liquide à étudier étant renfermé dans un appareilanalogue aux thermomètres à maxima, on peut suivresa dilatation en le chauffant dans un bain liquide à unetempérature déterminée, et la mesurer, en ayant déter-miné à l’avance le rapport qui existe entre la capacitédu réservoir et celle d’une division de la tige. Voici les
résultats qu’il a obtenus pour deux corps de composi-tion très-différente :
Ether chlorhydrique.
A 0°, dilatation moyenne .... Ü,00157
Entre 121 et 128° /. 0,00360
Entre 128 et 134°. 0,00421
Entre 14 4,5 et 149°,25. 0,00553
Acide sulfureux.
Entre 0 et 18°, dilatation moyenne. 0,00193
Entre 91 et 99°,5 . 0,00463
Entre 108 et 1 15",5 . 0,00463
Entre 116 et 122°. 0,00532
Entre 122 et 127”. 0,00600
On voit avec quelle rapidité la dilatation augmente,et l’on serait sûrement arrivé à un chiffre aussi élevéque celui trouvé par Thilorier, si, à son exemple, onavait employé des vases résistants au lieu <le simplestubes do verre incapables de résister aux pressions con-sidérables qui se produisent.
Ces faits semblent bien indiquer que, malgré leurapparence, ces liquides sont, en réalité, comme mé-langés de gaz, en lequel ils se résolvent instantanément,sans ébullition aucune, lorsqu’on atteint un certain de-gré d’échauffenient. Ce qui existe alors a nécessaire-ment lieu, dans une tout autre proportion, bien enten-du, pour les liquides ordinaires, et fournit l’explicationsatisfaisante d’un fait qui parait assez étrange à pre-mière vue.
DISTILLATION. On comprend aujourd’hui sous lenom de Distillation des opérations de nature différente :la vaporisation de l’alcool et substances analogues pourles séparer de l’eau (l’évaporation pour enlever l’eau quidissout des substances solides est un cas particulier dela distillation) et la distillation sèche, la décompositiondes substances par le feu pour séparer les produitsvolatils des parties solides, qui est en réalité une car-bonisation.
Nous avons déjà consacré l’article alambic à l’étudedes appareils et des conditions physiques do la dis-tillation ordinaire. Nous la .compléterons ici par quel-ques chiffres, et d’abord nous emprunterons à Chap-taî, qui avait assisté à l’invention d’Édouard Adamet avait connu toutes les luttes qu’il eut à supporter,le récit de cette découverte et l’indication des prin-cipes de son appareil. L’historique d’un progrès in-dustriel est quelquefois (et nous croyons que c’est icile cas) le meilleur moyen de graver dans l’esprit unimportant progrès. Celui qu’a accompli Édouard Adama révolutionné toute l’industrie qui traite des ma-tières volatilisables par la chaleur et a permis do lesobtenir à peu de frais, d’une manière continue, avec le