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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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DISTILLATION.

DISTILLATION.

degré de pureté et de concentration voulue. C’est là cequo réalisent aujourd'hui les appareils employés dansles distilleries et ceux employés dans bien des fabrica-tions de produits chimiques. (Voy. ammoniaque.)

Voici comment l'illustre Chaptal s’exprime au sujetde cet appareil, dans son remarquable Traité de chimieappliquée à l’a'jriculture :

«'Un appareil chimique, par le moyen duquel onlait passer des vapeur9 ou des gaz à travers des liquidespour les en saturer, a donné à Édouard Adam la pre-mière idée de son appareil de distillation.

« La connaissance du fait que les vapeurs aqueusesse condensent h un degré de chaleur qui ne peut pasopérer la condensation des vapeurs alcooliques, lui afourni le moyen de compléter son appareil. L’appareilchimique lui a suggéré l’idée de conduire, à l’aide d’untube de cuivre, les vapeurs qui s’élèvent d’une chau-dière devin placée au foyer du fourneau dans une nou-velle chaudière remplie de vin, pour y déposer leurchaleur et porter le liquide à l'ébullition; les vapeursqui s’élèvent de celle-ci peuvent être portées dans unetroisième, où le vin ne tarde pas à se mettre en ébulli-tion ; de sorte qu’il suflit d’entretenir le feu sous unechaudière et de transmettre la vapeur alcoolique dansle vin contenu dans deux et trois autres chaudières biencloses, pour opérer la distillation dans toutes. Cettemanière de transmettre la chaleur est aujourd’hui pra-tiquée dans plusieurs ateliers étrangers à la distilla-tion, et c’est ce qu’on appelle chauffer à la vapeur.

« Par ce moyen, Edouard Adam obtenait déjà unegrande économie de combustible, et il était sûr d’avoirdes vapeurs alcooliques qui ne pouvaient en aucuntemps sentir le brûlé. 11 gagnait encore sur le temps etsur la main-d’œuvre, attendu qu’un ouvrier qui ne soi-gnait qu’un fourneau produisait de plus grands résul-tats que s’il n’eût fait qu’évaporer dans une chaudière.

<« C’était déjà beaucoup, sans doute, mais ce n’étaitpas encore assez : il fallait trouver le moyen de sépa-rer les vapeurs aqueuses des vapeurs alcooliques, pouravoir les dernières dans leur plus grand degré de pn-

denser, et ira jusqu’au serpentin, où elle subira sacondensation.

•« En partant de ce raisonnement, établi sur desfaits positifs, il a adapté un tube à la partie supérieurede la dernière chaudière. Ce tube conduit les vapeursdans un premier condensateur sphérique, baigné parl’eau ; là. une partie des vapeurs aqueuses sc résouten liquide, et ce liquide est porté par un tuyau dans levin de la première chaudière, pour y être redistillé etdépouillé d’une légère portion d'alcool qui y est dis-soute; les vapeurs qui 11 e peuvent pas se condenserdans ce premier vase passent dans un second, où ils’opère une condensation nouvelle, attendu que latempérature y est moins élevée ; de ce second ellespassent dans un troisième et dans un quatrième, et cequi se condense sc rend, comme nous venons de le dire,dans la chaudière, pour qu’une nouvelle distillationenlève tout ce qui y reste de spiritueux.

« La vapeur, en traversant les condensateurs, perdpeu à peu sa chaleur; l’eau sc précipite; l’alcool sepurifie ; il sc dépouille de presque toute l’eau qui s’étaitélevée avec lui par l’évaporation, et lorsqu’il arrive auserpentin, il se condense et marque le plus haut degréde spirituosité.

« On voit, par ce qui précède, que, d’après ce pro-cédé ingénieux, on peut obtenir à volonté, et par uneseule opération, tous les degrés de spirituosité alcoo-lique du commerce. Chaque condensateur donne undegré différent, et en retirant successivement le pro-duit de chacun, on a des degrés qui varient depuis l’eau-de-vie jusqu’à l’alcool le plus pur. On peut encore di-riger les vapeurs dans le serpentin sans les faire pas-ser par l’intermédiaire des condensateurs, et alors onobtient le degré qui forme la bonne eau-de-vie du com-merce.

« Tels sont les principes qui constituent éminem-ment le procédé d’Édouard Adam ; mais, indépendam-ment de l’application de ces principes, il a ajouté desaméliorations qui rendent son appareil représenté li-gure 3181 plus parfait.

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reté possible, et c'est ce qu'il a fait en appliquant à sonappareil le second principe que nous avons déjà posé.

« Faisons passer, s'est-il (lit, les vapeurs alcooliquesqui sortent (le la dernière chaudière, dans des vasesqui soient immergés dans un bain d'eau froide, la va •peur aqueuse s’y condensera, et je pourrai la ramenerdans les chaudières pour y être redistillée, tandis quela vapeur .alcoolique sortira décos vases sans s’y cou-

«■ 1° A l'aide de robinets et de tuyaux, il dirige àvolonté la vapeur dans un petit serpentin d’essai, poury opérer la condensation et juger du degré de spiri-tuosité toutes les fois qu’il le trouve convenable ;

« 2" 11 a interposé un serpentin entre les condensa-teurs et le serpentin à eau ; il fait baigner dans le vinle serpentin supérieur, et, par ce moyen, le vin y prendun degré de chaleur qui bâte son ébullition lorsqu’on