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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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DISTILLATION.

DISTILLATION.

dessus, 10 kilog., plus la quantité de chaleur nécessairepour échauffer jusque vers 90 degrés Veau vaporisée,soit 1 7 de 650 degrés, soit 2 k , 10 : l'économie sera doncde 12 k ,40, soit près de 50 p. 100 de la chaleur qu’ilfaudrait dépenser si on opérait la condensation parl'eau qui serait rejetée au dehors, comme on le faisaitautrefois.

Cow/entttfiou des vapeurs. — On peutadmettre 1° quepour une meme vapeur, la quantité condensée par unemême surface est proportionnelle à la différence entrela température de la vapeur et celle de l’air ou de l’eauqui sert de réfrigérant; c’est sur cette loi que repose laméthode de déplacement de la chaleur, l'avantage quel'on trouve à taire marcher en sens inverse le corpsrefroidissant et la vapeur ; 2° que pour des vapeurs diffé-rentes, les quantités condensées, pour une même sur-face et pour un mênio excès de température, sont enraison inverse des quantités de chaleur contenues dansun meme poids de vapeurs.

Tableau de la quantité de vapeur d’eau condensée en uneheure par un mètre carré de surface de quelques ma-tières en contact avec l'air à 15 degrés, et l'eau à 20 ou25 degrés.

ïftTl’IlR DES SURFACES.

VAPEUR d’eau

COXDKNSÉP. PAU

I'onte de o à 6 millimètres

l'air à 45».

l>aa à 20 ou 25°.

d’épaisseur.

Cuivre de 2 à 3 millimètres

t k ,80

d’épaisseur.

1 k ,i0

1 k ,07

Fer-blanc.

1 k ,07

Tôle.

4 k ,82

Verre.

1 k ,7ü

A l’aide de ces tableaux et des deux lois qui précè-dent, on déterminera facilement la quantité d’une va-peur quelconque qui sera condensée par des surfacesmétalliques, pour un excès de température donné.

DISTILLATION, ALCOOL DK BETTERAVE, etc.Matthieu de Dombasle, dès 1834, avait prévu que labetterave, traitée par macération, deviendrait un jourla plante par excellence pour la production de l’alcooldans les exploitations rurales. La maladie de la vigneet les prix élevés de l’alcool qui en ont été la consé-quence naturelle, ont réalisé cette prédiction déjà an-cienne. Les guerres de l’empire avaient doté la France de la fabrication du sucre indigène ; une autre calamité,la maladie de la vigne, aura doté notre pays d’une in-dustrie agricole d’une haute importance, la fabricationde l’alcool de betterave, naturalisée désormais dans ungrand nombre de fermes.

Le développement rapide de cette industrie nouvellenous oblige à revenir sur les procédés particuliers quilui sont propres, bien que les principes généraux del’alcoolisation aient été développés aux mots alambic,

ALCOOL, DISTILLATION, FERMENTATION.

« On croit en général, à l’étranger, dit M. I.iebigdans ses Lettres sur la chimie, que les agriculteurs alle-mands distillent les pommes de terre dans l'unique butde produire de l’alcool, mais c’est là une erreur; ils nedistillent qu’en vue d’engraisser leurs bestiaux avecplus d’économie. »

Cette remarque si juste de M. Liebig convient auxbetteraves aussi bien qu’aux pommes de terre; elle s’ap-plique à la France aussi bien qu’à l’Allemagne . Le hautprix momentané des alcools a déterminé la création denos distilleries de betteraves ; mais l’emploi de leur ré-sidu à la nourriture du bétail sera la cause de leur con-servation et de leur développement progressif dans lesfennes. C’est à ce point de vue surtout qu’elles offrentun intérêt sérieux et durable, et qu’elles méritent par-ticulièrement un examen attentif.

On sait que l’amidon, les fécules, le sucre cristalli-uible et plusieurs autres substances se transforment fa-

cilement en sucre incristallisable ou en glucose, et queces dernières substances, par la fermentation, donnentnaissance à de l’acide carbonique, qui se dégage, ctàdel'alcool qui reste dans la liqueur, dont il est facile de leséparer ensuite par la distillation. Il est inutile de re-venir sur le détail de ces opérations, on rappellera seu-lement qu’un équivalent de sucre eristallisable C* II 1 ' O",tel qu’il existe dans la betterave, sc transforme en al-cool absolu C‘H’ 1 0 3 et acide carbonique CO*, en vertude la réaction suivante :

C 12 II" O’ ' + HO = 4 CO 2 -f- 2 O H 6 O 7ou en nombres :

12 X6 + 11 x 1 *-11X8 1+3 M6 + 2X8 ) 2 (i X«4-6 X l + î X8)sucre eau ~acide carbon. alcool absolu

ou encore

Sucre eristallisable.

171 PS

[ Alcool absolu. .

92

9 > =

/'Acide carboniq.

88

180 | 5

180

Ainsi, 171 parties de sucre eristallisable fournissentthéoriquement 92 parties d’alcool absolu. Par consé-quent 100 kilogr. de sucre donnent :

En poids. Eu volume à la température

de 15°.litre*.

Alcool absolu . . 53 k ,80 67,67

Alcool à 90° cent. 62 k ,78 75,19

— 80° 73 k , 17 84,59

— 60° 103“, 4 9 4 12,78

— 50'* 4 2G k ,69 4 35,34

— 40- 1()t k ,22 4 69,47

— 30“ 217 k ,89 225,56

Cette table serait facile à compléter pour tous lesdegrés de l’alcoomètre centésimal de Gay-Lussac. Sesdifférents termes s’obtiennent en repassant, parle cal-cul, de la densité correspondante à chaque degré de l’al-coomètre, à la composition en poids du mélange, pré-caution que l'on néglige souvent à tort dans les calculsde cette espèce. Il est donc très-facile de déterminerla proportion d’alcool à un degré donné que peuventfournir des betteraves dont la richesse en sucre a étémesurée à l’aide de l’un des moyens indiqués à la finde l’article srcui:. En comparant le rendement pra-tique au rendement théorique ainsi calculé, on sc rendfacilement compte de la marche de la fabrication et duplus ou moins grand degré de perfection du procédéque l’on emploie.

Les méthodes proposées et employées pour transfor-mer en alcool le sucre que renferme la betterave sontextrêmement nombreuses. On ne saurait ici les énumé-rer toutes; il suffira d’étudier d'abord, avec certainsdétails, le procédé dont l’usage est aujourd’hui de beau-coup le plus répandu dans les fermes, et de donnerensuite quelques indications rapides sur d’autres pro-cédés, faciles à comprendre après cette première étude.

Les procédés d'alcoolisation appelés à se répandredans les fermes doivent toujours être d'une applicationfacile, n’exiger qu’un matériel relativement peu consi-dérable, ne nécessiter que le degré d’attention que l’onpeut demander à des ouvriers ruraux, et surtout laisserdes résidus très-convenables pour la nourriture du bétail.

Le procédé de M. Champonnois réalise ces diversesconditions d’une manière remarquable- Il comportequatre opérations principales : 1° le nettoyage et lecoupage des betteraves ; 2° la macération de la bette-rave coupée dans la vinasse, ou résidu d’une distillationprécédente ; 3 U la fermentation du liquide sucré obtenupar la seconde opération ; 4° la distillation du liquidefermenté.

Ou va décrire ces opérations en prenant pour exem-ple la disposition d’une distillerie d’importance moyennemontée à la ferme de la Gaudinière, par M. Dccauvillode Petit-Bourg .