DISTILLATION.
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en remplit les chaudières. Le premier serpentin con-dense la vapeur alcoolique de manière que l’alcool couleliquide dans le second serpentin, et échauffe peu letain d’eau dans lequel ce second serpentin est plongé.
« Il résulte de ces dispositions trois principaux avan-tages : le premier, de chauffer sans aucune dépensele vin qu’on va distiller ; le second, de n’être pas obligéde renouveler l’eau du serpentin ; le troisième, d’obte-nir constamment de l’alcool froid, et d’éviter toutedéperdition ou évaporation.
« M. Édouard Adam forma de suite plusieurs grandsétablissements d’après ces principes, à Cette, à Tou-lon, à Perpignan , etc., et s’assura d’un brevet d’in-vention pour jouir en sûreté du friîit de sa découverte.
« Mais ces succès éveillèrent bientôt l’attention desautres distillateurs; ses résultats étaient tels, que cesderniers ne pouvaient plus concourir avec lui : dès lorson fit des essais partout, ou pour imiter ou pour va-rier ce procédé.
« C’est surtout en partant de l’idée fondamentale,que le degré de température auquel se condensaientles vapeurs aqueuses était insuffisant pour condenserles vapeurs alcooliques, qu’on fit le plus de tentatives.Les appareils construits par Édouard Adam étaientimmenses et très- coûteux ; on chercha à en réduire lesdimensions et à les mettra à la portée du plus grandnombre.
« Isaac Bérard, du Grand-Gallargues (départementdu Gard ), produisit peu de temps après un appareil plussimple, qui obtint la préférence sur celui d’Adam. Aulieu de coiffer la chaudière d’un chapiteau, comme onle pratiquait anciennement, il la surmonta d’un cylin-dre, dont l’intérieur est divisé en compartiments quicommuniquent entre eux par de petites ouvertures ; lesvapeurs qui s’élèvent du vin en ébullition sont trans-mises dans ces chambres , où elles se dépouillent d’uneportion aqueuse, qui se rend dans la chaudière par lemoyen de conduits, et les vapeurs alcooliques passentdans un condensateur cylindrique qui plonge dans unbain d’eati; ce condensateur est divisé intérieurementpar des diaphragmes en lames do cuivre, qui en fontquatre à cinq chambres communiquant entre elles pardes ouvertures ; de sorte qu’on peut h, volonté les laisserparcourir toutes par la vapeur avant qu’elle arrive auserpentin, ou la renvoyer au serpentin après qu’elle apassé par deux ou trois. Lc9 vapeurs se déphlegmentde plus en plus en traversant les chambres, de sorteque lorsqu’elles se sont ensuite condensées dans le ser-pentin, l’alcool marque 36 à 38°; tandis que si Tondirige les vapeurs dans le serpentin sans les faire passerdans les chambres du condensateur, l’alcool marque de20 h 25°, ceux intermédiaires s’obtenant en faisant par-courir aux vapeurs plus ou moins de chambres.
« L’appareil de Bérard parut si simple et si avanta-geux qu’il fut généralement adopté : Édouard Adam enattaqua l’auteur comme contrefacteur; des procès dis-pendieux, qu’il fut forcé de soutenir contre Bérard etbeaucoup d’autres, le détournèrent de ses occupations ;et cet homme, à qui on doit presque l'art de la distilla-tion, est mort de chagrin et dans un état voisin de lamisère. »
Pour compléter l’étude physique de la distillation,nous emprunterons àM. Claudel (Formules, cfc.; les prin-cipes de la méthode à employer pour calculer les élé-ments de l’application de la chaleur aux alambics ; lesdimensions des fourneaux, chaudières, etc.; la dépensede combustible nécessaire pour distiller un certainpoids d‘un liquide donné, dansl’unité de temps.
Les dimensions des chaudières dépendent de laquantité de vapeur à former dans un temps donné, dola température d’ébullition du liquide, de sa chaleurlatente do vaporisatiou , et de sa chaleur spécifique,iv.tr-i que do celle du résidu. La quantité de combus-
tible à briller, déduite de ces éléments, entraîne lesdimensions convenables de la cheminée et de la grille.
1 er exemple. — Soit à vaporiser, en une heure,450 kilog. d’ulcool pur, à la température primitivede 0°.
La température d’ébullition de l’alcool, sous la pres-sion atmosphérique 0 m ,76 étant 78°,40, sa capacitéspécifique U,022 et sa chaleur latente de vaporisa-tion 207, la quantité de chaleur, pour en vaporiser1 kilog., est :
78,40 X 0,622+ 207 = 256 calories,
c’est-à-dire les -fc environ de celle nécessaire pour va-poriser 1 kilog. d’eau, 4 kilog. de houille vaporisant,dans la pratique, C kilog. d’eau, vaporisera donc au
moins (à une plus basse température) 6 X ^ = 15
kilog. d’alcool.
Un mètre carré de surface de chauffe suffisant pourvaporiser 15 à 20 kilog. d’eau, il suffira donc pour
45 X =38 à 20 X -7- = o0 kilog. d’alcool. Lu4 4
admettant 38 kilog.. les 150 kilog. d’alcool exigeront
450 *
donc —— = 4 mC ,95 de surface de chauffe, et la quan-38
tité de houille brûlée sera —= 10 kilog.
4o
On suppose ici que l’alcool n’est chauffé que parl’action directe de la combustion, tandis que dans lesalambics la liqueur à distiller est amenée à une tempé-rature très-peu inférieure à son point d’ébullition parla condensation des vapeurs, c’est-à-dire que la quan-tité 78,40 X 0,622 = 49 calories, n’exige aucune dé-pense de combustible. Dans la pratique donc, les chif-fres ci-dessus doivent être modifiés dans le rapport49
de = 0,49, c’est-à-dire qu’un kilog. de houille2no
vaporisera I7 k ,85 d’alcool, qu’une surface do chauffede 4 mètres carrés sera suffisante pour évaporer en uneheure 450 kilog. d’alcool en brûlant 8 k ,01 de houille.
2 e exemple. — Soit à distiller en une heure 500 litresde vin dans lequel les quantités d’alcool et d’eau sontdans le rapport de 4 à 22,80. L’expérience prouve que,pour obtenir presque tout l’alcool, il faut vaporiser les0,22 de la masse totale, ce qui donne 410 litres d’uneliqueur composée de 21 litres d’alcool et 89 litres d’eau.
La quantité de houille à brûler est alors :
0,792 étant la densité de l’alcool; pour vaporiser 0,792X 24 = 46,63 kilog. d’alcool :
Dépense de la houille. . . . ——= 1 k , 11
Tour vaporiser les 89k. d’eau.Pour élever à 4 00°les 390 kil.de résidu ( 1 kil. de houilleproduisant 6 kil. de vapeurou 650 X 6).
89 __
6 "
100 x 390650 X ü
U k ,83
10 k ,09
Total.2o k ,9i
Nous avons vu plus haut, en parlant de l’alcool pur,quo la condensation des vapeurs par le liquide fraisprocurait une économie de 0,19 ; il est facile de recon-naître par le second exemple que l’économie devientbien plus considérable quand on opère sur des substan-ces moins pures devant laisser un grand résidu. Il estévident qu’en faisant marcher le liquide en sens inversedes vapeurs pour les condenser, comme dans l’appareild’Adam et dans celui de Cellicr-Brumcnthal décrit àl’article alambic, ou économisera la chaleur nécessn>re pour chauffer le résidu. c oît, dans l'exemple ci-