DISTILLATION.
iGi DISTILLATION.
temcnt un alcool de très-bonne qualité et d’un goût fortagréable.
On peut extraire de 3 litr. à 4 litr. 5 d’alcool de 100 kil.de canne du sorgho à sucre. Ce qui répondrait à peuprès à un produit de 12 fi 1b liectol. d’alcool par hec-tare. Cette fabrication a pris quelque développementdans ces dernières années, mais il est probable quelongtemps encore il sera plus avantageux de recueillirle sorgho comme fourrage vert que pour la productionde l’alcool. iiervé mangon.
DISTILLATION SÈCHE. Action de la chaleur surles substances qui se décomposent par la chaleur . ■—Les corps qui se décomposent par la chaleur, de ma-nière à dégager des produits volatils, des gaz ou desvapeurs, sont traités par des procédés analogues à ceuxde la distillation des liquides dont nous avons parlé.La différence importante est que la décomposition quiprécède la distillation exige une température en généralbien plus élevée ; la distillation de la houille pour laproduction du gaz d’éclairage est le type de ce genred’opérations. La carbonisation du bois est une distilla-tion dans laquelle on sacrifie en général tous les pro-duits condensables, mais il est palpable que cette fabri-cation, admissible lorsqu’elle s’effectue au milieu desforêts privées de routes, pour réduire à un poids mi-nime la majeure partie de la valeur du bois commecombustible, est brutale et destructive de valeurs dansd’autres conditions. C’est ainsi que la carbonisationen vases clos permet de produire abondamment l’acideacétique, par la condensation des produits de la distil-lation*
Jusque dans ces dernières années toutefois, la dis-tillation sèche était effectuée sous l’influence d’un prin-cipe vicieux, c’était le chauffage à feu nu qui, par' l’effet de la température très-élevée des parties voisinesde la flamme, entraîne nécessairement la décompositiondes corps en leurs derniers éléments. On sait, en effet,que les produits pyrogénés, qui prennent naissance60 us l’influence du feu, se rapprochent de plus en pluspar l’action de la chaleur de la composition chimiquela plus simple et la plus stable. C’est ainsi que des sub-stances végétales donneraient surtout de l’acide carbo-nique, de l’hydrogène carboné et des goudrons ; ce n’estque des parties moins chauffées que pourra se dégagerde l’acide acétique, des traces d’esprit de bois et d’al-cool. Cette méthode est donc tout au plus convenablelorsqu’il s’agit, comme pour l’éclairage au gaz, d’ob-tenir des gaz simples. Dans tous les autres cas, elleest évidemment tout à fait insuffisante, et c'est une idéejuste et féconde que celle qui a dirigé plusieurs inven-teurs à la recherche des moyens propres à éviter cetinconvénient, ces destructions de substances utiles, cesmélanges d’une séparation et d’une rcctification’difficile.
Ces procédés ne sont que des moyens différents d’ob-tenir une température constante. Il est bien évidentque si cette température est inférieure à celle où ladécomposition de la substance qu’il importe d’obtenira lieu, on en recueillera le maximum possible et onévitera, autant qu’il est possible, la production de sub-stances nuisibles.
Le premier procédé est celui de la vapeur surchaufféedont nous parlons à l’article vapeur. M. Violette l’aappliqué à la carbonisation du bois pour les poudreries,a la température de 300°, convenable pour produire ré-gulièrement le charbon le plus convenable pour les pou-dres superfincs.
La vapeur est fournie par un générateur ordinaire,elle passe dans un serpentin contourné en hélice poury prendre la température voulue. Elle enveloppe uncylindre horizontal qui renferme le bois, pénètre dansce cylindre, échauffe le bois, opère la carbonisationcomplète et sort enfin du cylindre chargée des produitsde la distillation.
M. Violette a opéré la cuisson du pain et du biscuitdo mer, à l’aide d’un courant de vapeur d’eau chaufféeà 2U0*.
Pour la distillation des schistes, la préparation del’iiuiLK de schiste, on a employé avec avantage lavapeur d’eau surchauffée qui évite la formation de gou-drons, d’essences lourdes d’une rectification très-diffi-cile.
Le second procédé, dû à un des ingénieurs de notretemps qui connaissent le mieux les ressources de lachimie industrielle, M. Knab, repose sur l’emploi dubain de plomb (pur ou allié d’antimoine) pour obtenirune température constante de 350 à 400". En employantl’étain, l'échelle des températures disponibles varieraitde 250 à 40ü\ Si ce bain est d’une longueur suffisanteet que la chaleur ne soit appliquée qu’à une partie, ilsera facile de gouverner le feu de telle sorte que quel-ques parties de métal solide subsistent toujours à uneextrémité, et que par suite la température du bain cor-responde toujours au point de fusion de l’alliage.
Cette ingénieuse disposition a déjà reçu d’utiles ap-plications. Nous citerons celle faite à la distillation desacides gras pour bougies en évitant les décompositions;au goudron de la houille pour en extraire les huileslégères qui 6e dégagent à 400°, ce qui s’obtient en fai-sant couler le goudron dans l’intérieur d’une clocheplacée sur le bain de plomb, cloche qui laisse dégagerles vapeurs par un tube placé à la partie supérieure.
Enfin, une très-belle application a été faite à la pré-paration du gaz d’éclairage avec du charbon très-richetel que le boghed d’Écossc; on produit ainsi un gazd’un éclat magnifique n’étant pas mélangé comme legazd’éclairage ordinaire, des gaz non éclairants produits àune température élevée, provenant de la décompositionde carbures très-fixes par une distillation très-prolon-géc à haute température.
La distillation du bois a produit de très-beaux résul-tats. Des quantités considérables d’alcool, d’esprit dobois ont été recueillies par ce système, qui se prêteévidemment mieux que tout autre au traitement desmatières végétales toujours décomposées, carboniséesvers 300°.
DISTILLATION SANS FEU. D’après les principesnouvellement admis dans la science et fréquemmentrappelés dans cet ouvrage, où nous avons tenté pourla première fois de les formuler d’une manière com-plète et d’en montrer les conséquences utiles, de l’équi-valence du travail mécanique et de la chaleur, on doittoujours pouvoir, en s’y prenant convenablement, ob-tenir à l’aide de l’un l’effet obtenu habituellement avecl’autre. Ainsi la distillation étant effectuée ordinaire-ment à l’aide de la chaleur doit pouvoir être produiteà l aide d’un travail mécanique. Nous avons déjà vu àl’article Évaporation, qui n’est évidemment qu’un casparticulier de la distillation, que l’on combinait quel-quefois ensemble les deux puissances, le travail méca-nique étant employé à chasser de l’air échauffé à traversle liquide à évaporer.
IL est facile de voir que cet air fournit un moyend’enlever de l’eau à l’état de vapeur, en produisant unrefroidissement correspondant qui peut rigoureusementfonctionner sans chaleur additionnelle produite artifi-ciellement. Prenons pour exemple un cas où la cha-leur manque toujours, tandis que le travail mécaniqueabonde, et où la solution du problème proposé peutêtre une question de vie ou de mort.
DISTILLATION DE L’EAU DE MER. — L’eail de TnCT,chargée de chlorures et de sels de tout genre, ne peutservir de boisson, et on ne sait que par de trop nom-breux exemples que les équipages privés d’eau doucemeurent de soif au milieu de l’Océan. Pour éviter dosemblables malheurs, on embarque souvent aujour-d’hui, outre des provisions très-suffisantes d’eau douce,