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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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DISTILLATION.

DISTILLATION.

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de 315,000 kil. par hectare, ce qui donne un revenubrut de 850 fr. 80 c. pour cette surface, et un béné-fice de 181 fr., d’après le calcul de M. Rabourdin. Leproduit, en 1857, avait été de 40,000 kil. de betteravespar hectare, mais on n’en avait retiré que A litres d’al-cool pour 100 kilog.de betteraves au lieu de 5 l ,5 obte-nus en 1858-1859. Aussi le résultat financier avait-il étémoins avantageux.

On peut, par ces exemples, en tenant compte du prixde revient de la betterave, du prix de l’alcool et de lavaleur de la pulpe, calculer à l’avance les chances dosuccès d’une distillerie. Les pulpes figurent pour unesomme considérable dans le produit de la fabrication.Leur valeur s’accroît beaucoup quand les fourragessont chers, et l’on voit alors, comme cela a lieu ence moment, les distilleries établies dans les fermes con-tinuer à travailler avec bénéfices, malgré le bas prixdes alcools, tandis que les distilleries industrielles,achetant les betteraves et n’utilisant pas elles-mêmesles pulpes, ne pourraient réaliser que des pertes. Ladistillation de la betterave est donc une industrie véri-tablement agricole, et c’est à ce point de vue qu’elle estappelée à rendre de très-grands services.

La valeur de la pulpe, comme aliment pour le bétail,a été l’objet d’assez longues discussions. On reconnaîtaujourd'hui que mélangée avec des menues pailles, dela paille hachée, des siliques ou même des tiges decolza coupées, elle forme une excellente nourriture queles animaux recherchent avec empressement et dont ilsse trouvent fort bien. On fait le mélange de la pulpe etdes matières sèches qu’on lui ajoute à la sortie des cu-viers de macération, et on le laisse en tas pendant un oudeux jours. L’humidité de la pulpe imprègne les pail-les, une légère fermentation s’établit dans la masse dontla température s’élève à 30 ou 40 u .

On ne saurait entrer ici dans de longs détails surl’emploi de la pulpe comme aliment. On dira seulementque l’expérience a appris que la pulpe du procédé Cham-ponnois possède, à égalité de poids, à peu près la mêmepuissance nutritive que la betterave d’où elle provient,mais que ccttc matière, en partie cuite par la macéra-tion, légèrement fermentée et donnée tiède au bétail,paraît lui être beaucoup plus favorable que la betteraveà l’état naturel.

L’analyse d’un mélange de pulpe, de siliques et depaille de colza employé, ù Villacoublay , par M. Ra-

bourdin, m’a donné :

Eau. 85,60

Matière organique, non compris l’arate. 4 1,50

Azote. 0,33

Cendres. 2,57

100,00

D’après cette composition, 348 kilog. de ce mélangeéquivaudraient à 100 kilog. clc foin normal dosant 1,4 okilog. d’azote, résultat que la pratique confirme d’unemanière complète. Plusieurs essais analogues me por-tent à penser que la valeur, comme aliment, de mé-langes de pulpes et de fourrages secs, peut s’obtenir,avec assez d'exactitude, par la détermination de leurrichesse en azote.

Le pi'océdé que l’on vient d’indiquer n’est pas le seulemployé à la fabrication de l’alcool de betterave. Quel-ques mots suffiront pour indiquer le principe de deuxautres méthodes d’un emploi moins général que la pre-mière, mais cependant dignes d’intérêt.

Lorsque le prix des alcools s’éleva si brusquement ily a quelques années, les fabricants de sucre de bette-rave durent songer à abandonner la fabrication du sucrepour celle de l’alcool. Pour eux, le problème à résoudreétait d’effectuer la transformation de leurs usines auxmoindres frais possibles. M. Dubrunfaut s’occupa spé-cialement de cette question et la résolut d’une manière

fort satisfaisante. Dans les distilleries où l’on opère parce procédé, la betterave est râpée et pressée connues’il s’agissait de faire du sucre; mais le jus obtenu, aulieu d’être déféqué, filtré, etc., est conduit directement,après une addition convenable d’acide sulfuriquo, dansde grandes cuves où s’opère la fermentation. Le viuobtenu est ensuite distillé par les procédés ordinaires.Une dépense de 25 à 30,000 francs suffit pour trans-former en distillerie une sucrerie pouvant traiter 80 ù100,000 kilog. de betteraves par jour.

La pulpe obtenue dans ces conditions est beaucoupmoins bonne pour le bétail que lescossettes du procédéChamponnois, puisqu’elle se trouve dépouillée de laplus grande partie des sels et des matières solubles quele jus entraîne et qui restent dans les vinasses.

Un dernier procédé fort ingénieux pour l’extractionde l’alcool de betterave est dû h un fabricant bien connu,M. Leplay . Il consiste à couper les betteraves en cos-settes, comme dans le procédé Champonnois, à les ar-roser de 3 à 4 pour 1,000 d’acide sulfurique et ù plongerles cossettes elles-mêmes, renfermées dans une enve-loppe convenable, dans une cuve en fermentation. Lafermentation se propage dans toute la masse, et le sucrese transforme en alcool dans l’intérieur même des cel-lules de la betterave. Quand cette transformation estopérée, on retire les cossettes de la cuve et on les rem-place par des cossettes fraîches qui éprouventles mêmesphénomènes de fermentation, de sorte qu’un mêmepied de cuve fait fermenter un volume pour ainsi direindéfini de cossettes.

Pour extraire l’alcool renfermé dans les cossettesaprès la fermentation, M. Leplay emploie un appareiltrès-simple, également de son invention. C’est un cy-lindre vertical assez élevé, partagé par des diaphrag-mes percés de trous sur lesquels on dispose les cossettes.En chauffant cette colonne de cossettes par de la vapeurintroduite dans la partie inférieure de l’appareil, onsépare l’alcool, comme on le fait dans les colonnes or-dinaires des appareils de rectification.

Plusieurs autres procédés beaucoup moins avanta-geux que les précédents ont été proposés pour l’extrac-tion de l’alcool de betterave. 11 est inutile de lcs ê men-tionner ici, puisque la pratique ne les a point acceptés.Mais il convient de signaler quelques plantes propres ùla fabrication de l’alcool et employées ù cet usage dansces dernières années.

Le topinambour se prête avec avantage ù la fabri-cation de l’alcool. On opère comme pour la betteraveou la pomme de terre.

La racine d’asphodèle peut servir à faire de très-bon alcool, mais c’est une industrie nécessairementtrès-bornée. Cette plante croît lentement et ne méritepas les soins de la culture. On l’arrache dans les terresincultes où on la rencontre, mais les frais de transportne permettraient pas de la réunir à bas prix et engrande quantité sur un point déterminé. Quoi qu’ileu soit, voici comment on opère dans les fabriques quise sont organisées sur quelques points de l’Algérie . Laracine débarrassée de la terre est écrasée par son pas-sage entre des cylindres cannelés en fonte. La pulpeest soumise à l’action de presses à vis pour en extrairele jus. Celui-ci, abandonné à lui-même dans de grandescuves en bois, à la température de 25 à 30°, entre enfermentation et donne un jus d’où on extrait l’alcoolavec un appareil ordinaire de distillation. La racinedonne de 50 à 70 pour 100 de jus, suivant son état dedessiccation. Ce jus fournît de 5 à 9 pour 100 d’alcoolà 90", ou une quantité correspondante de flegmes.

La fabrication de l’alcool de sorgho est extrêmementfacile. Il suffit d’écraser la canne entre deux cylindrespour en extraire le jus. Celui-ci, soumis à la fermenta-tion, donne un vin dont la distillation extrait immédia-