Buch 
Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
Entstehung
Seite
172
JPEG-Download
 

172

EAUX.

EAUX,

couleurs des deux images n’ont donc éprouvé aucunchangement; mais en augmentant maintenant la pres-sion, on remontera graduellement toute la série desteintes, et avec une pression de 26,000, on sera revenuà zéro. Par conséquent, et sans rien ajouter à l’appa-reil optique, on pourra aller de nouveau jusqu’à une

7X

double réfraction négative que l’on obtiendra avec

une pression totale de 39,000 kilog., et ainsi de suite.

Un tableau des colorations et des pressions correspon-dantes doit être établi avec l'appareil, par le construc-teur. Le tableau ci-contre, qui reproduit les détermina-tions obtenues par M. Wertheim avec son appareil d’es-sai, offre un grand intérêt en faisant bien saisir lamarche du phénomène.

Applications . — M. Wertheim a fait quelques appli-cations de cet appareil que nous rapporterons ici.

M. Wertheim a trouvé qu’avec de petits écrousqu’on ne serre qu’avec les doigts, on peut produirejusqu’à 220 kilog. de pression.

Pour décalquer une lettre avec une presse à copierordinaire, on exerce habituellement une pression de800 à 900 kilog.

Un grand balancier des ateliers de M. Bréguet adonné pour résultats moyens : P = 48,98 P’ -f- 66,6,P’ étant la force appliquée aux bras du levier et P l’effetproduit; la quantité constante 66,5, qui est indépen-dante de la force P’, représente Vinertie du balancierrendue sensible, parce qu’après avoir enlevé la force P’il reste une coloration correspondante à 66,5, laquelleprovient évidemment de cette inertie. On voit quecette force que Ton néglige habituellement pourraitdevenir considérable, dans certains cas, pour une vi-tesse très-notable.

Enfin, en expérimentant sur la grande presse hy-draulique, qui se trouve au Conservatoire des arts etmétiers, M. Wertheim a trouvé les résultats ci-après :

PRESSIONS

d’après le dynamomètre d’après le manomètre communiquantchromatique avec l’eau de la presse

kilogramme.

en atmosi-lieres.

n lilojr.™

400

0,5

91

Ho

1,0

181

283

1,6

290

383

2,1

381

514

3,0

541

555

3.5

634

5S6

4,0

726

938

6,0

1,088

1,285

8,0

1,451

1,523

9,0

1,633

1,066

10,0

1, S14

2,464

13,0

2,721

3,091

20,0

3,629

3,338

24,0

4,355

3,427

28,0

5,080

4,099

31,0

5,625

4,480

33,0

6,351

4,950

40,0

7,258

5,891

47,0

8,528

On voit avec quelle facilité cet instrument montrequelles grandes erreurs on commet lorsqu’on croit pou-voir négliger les frottements dans les calculs de l'effetutile de la presse hydraulique.

E

EAUX (distribution d’). La nécessité, pour tous lescentres de population, de posséder une abondante dis-tribution d’eau de bonne qualité est aujourd’hui géné-ralement comprise. Non-seulement les administrateursdes grandes villes, mai.s encore les conseils municipauxdes plus modestes communes se préoccupent d’assurerà leurs concitoyens des eaux convenables pour lesusages domestiques et industriels. Depuis quelques an-nées, les sacrifices que les villes s’imposent pour avoirdes eaux pures et abondantes, donnent en quelque sortela mesure de leur richesse et de leur degré de civili-sation.

Les memes tendances se manifestent chez les richespropriétaires d’habitations rurales, et l’on rencontrede toutes parts des travaux, relativement considérables,destinés à amener de l’eau dans les maisons de cam-pagne et dans les fermes isolées. Aussi les questionsd’aménagement des eaux destinées aux usages domes-tiques, sont-elles devenues d’un intérêt général etd’une application continuelle.

Dans une ville, l’eau a plusieurs dest inations ; elle sertaux usagesde la vie domestique, aux établissements in-dustriels, aux lavages des rues et des égouts, et enfincomme ornement et moyen d'assainissement dans lesfontaines jaillissantes et monumentales. Ces diversesapplications ne réclament pas nécessairement lesmêmes qualités. Aux usages domestiques doivent êtreréservées les eaux les plus limpides, les plus aérées,les plus fraîches et les plus pures. Des eaux moins pré-

cieuses peuvent convenir parfaitement pour les usagesplus grossiers du service de nettoyage des voies pu-bliques et des égouts.

Avant d’indiquer les moyens de se procurer de l’eau,de la réunir et de la distribuer, il convient d’étudierles qualités qu’elle doit présenter, et de faire connaîtreles volumes d’eau nécessaires, selon les circonstances,pour une bonne distribution publique ou privée.

§ I. NATURE ET QUALITE DES EAUX.

Les eaux naturelles diffèrent beaucoup entre ellespar la proportion et la nature des substances qu’ellestiennent toujours en dissolution, par leur températurehabituelle, leur degré de limpidité, etc. Ces diversescirconstances exercent sur leur valeur, au point de vuede leurs usages domestiques et industriels, une influenceconsidérable, sur laquelle il ne sera pas inutile de s’ar-rêter ici plus longtemps que ne le font habituellementles personnes spécialement occupées des procédés tech-niques de distribution des eaux. Les faits nombreuxque j’ai eu l’occasion de recueillir à (wégard, en exa-minant les échantillons d’eaux envoyées de divers payaau laboratoire des ponts et chaussées, fourniront desrenseignements intéressants pour cette première par-tie de l’article que l'on va lire.

L’étude chimique et hygiénique des eaux a fait de-puis quelques années des progrès très-réels. Les tra-vaux de laboratoire et les enquêtes faites en France , etsurtout en Angleterre, dans ces dernières années, ont