FAUX.
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La présence do l’acide carbonique facilite aussi la dis-solution, non-seulement des carbonates terreux, endor-mant des bicarbonates, mais encore de beaucoup d’au-tres sels, notamment des phosphates et même dessulfates.
C’est encore peut-être à des phénomenesde meme or-dre, c’est-à-dire au mode particulier de groupement desmolécules dans des liquides étendus, que l'on doit, enpartie, les phénomènes relatifs à la saveur des différenteseaux naturelles, saveur très-faible à la vérité, que l’ha-bitude empêche même souvent de constater dans saboisson journalière, mais qu’un palais exercé distinguetoujours très-bien a\*ec quelque attention. A égalité defraîcheur, c’est par la saveur que les eaux, sc distin-guent. Chacun, en exprimant sa préférence pour uneeau potable sur une autre, reconnaît instinctivementl’existence de cette saveur. 11 est inexact de dire,comme on le fait souvent par habitude, qu’une eau n’apas de saveur. Cette saveur'est plus ou moins pronon-cée, plus ou moins agréable, mais elle existe toujours.
Certains sels très-sapides par eux-mêmes affaibis-sent souvent la saveur d’autres sels. C’est ainsi que leseaux chargées de plusieurs matières salines sont sou -vent moins sapides que si elles ne renfermaient quel’un des sels qu’on y rencontro. Cet effet est très-sen-sible, par exemple, pour les sels de chaux et de ma-gnésie : une eau calcaire, mélangée d’une eau magné-sienne, est moins sapide que chaque liquide pris sépa-rément.
Les alcalis communiquent en général à l’eau une sa-veur douce et un peu fade. Cependant, quand l’eau ren-ferme en même temps de la silice comme dans les sourcesgranitiques, cet effet n’est pas sensible. Les eaux sul-fatées, surtout celles des terrains gypseux, ont une sa-veur crue et lourde fort désagréable et bien connue detoutes les personnes qui ont bu de l’eau des puits del’uris.
L’acide carbonique dissous dans l’eau, surtout quandelle reuferme en même temps un peu de carbonate dechaux, communique au liquide une saveur fraîche fortappréciée. Tl serait inutile d’insister davantage surla saveur de l’eau, il suffisait d’indiquer les relationsde cette propriété avec la composition chimique duliquide.
Revenons à l’examen des divers composés que l’eaupeut renfermer, en suivant l’ordre dans lequel on les ad’abord énoncés.
L 'alumine ne se rencontre, en général, qu’en très-petite quantité dans les eaux naturelles. Sa proportion,à ma connaissance, n’excède pas 0*,02 par litre et sou-vent même on a du peser avec l’alumine des corps d’uneautre nature, phosphates, oxyde de fer, etc. L’influencede ce corps est donc peu connue et probablement très-faible.
Le fer ne se rencontre également qu’en fort petitequantitédansles eaux potables. Il leur communiquerait,à dose un peu forte, une saveur désagréable. Les eaux quien renferment naturellement s’en dépouillent presquetoutes par leur exposition à l’air, parce qu’il passe àl’état de peroxyde insoluble. Certaines matières orga-niques, dont on parlera plus loin, que l’on rencontredans quelques eaux, renferment de petites quantitésde fer qui joue dans leurs réactions remarquables unrule essentiel, sur lequel on reviendra. Comme l’alu-mine, le fer dans l’eau potable parait donc offrir peud’intérêt; quand il existe en dissolution en quantités no-tables, il rend l’eau impropre aux usages domestiques.
La chautt et la magnésie peuvent, au contraire, screncontrer dans les eaux en proportions très-variables.L’action de ces bases est extrêmement importante, etnous devons nous y arrêter davantage. Ces bases serencontrent dans les eaux, à l’état de carbonate dis-sous à la faveur d’un excès d’acide carbonique plus ou
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moins notable, ou combinées aux acides sulfurique,azotique ou chlorhydrique. On placera ici à la fois ce*qui se rattache à l’action de la base et à celle de l’acide.
Les auteurs ont longtemps admis que l’eau étaitd’autant meilleure pour l’alimentation de l’homme,qu’elle renfermait moins de matières en dissolution. Acet égard, un examen plus attentif a singulièrementmodifié les opinions. On admet assez généralement au-jourd’hui que si les eaux trop chargées sont toujourstrès-mauvaises, des eaux chimiquement pures 11 e se-raient pas les meilleures pour l’alimentation de l’hommeet des animaux. Une petite quantité do carbonate dechaux, 0*,02 à 0 &, 0 i par litre, une quantité correspon-dante d’acide carbonique, reteuu plus solidement, enquelque sorte, qu’il 11 e le serait par l’action seule de lasolubilité, paraît être une condition sinon indispensable,au moins fort utile pour la bonne qualité de l’eau. Tou-jours est-il que les eaux les plus réputées comme bois-son présentent à peu près toutes cette composition.
On a longtemps discuté sur l’influence hygiénique dela magnésie dans les eaux potables. 11 parait bien diffi-cile d’attribuer à cette substance les dangers que cer-tains médecins ont cru reconnaître aux eaux qui enrenferment des quantités notables. Cependant de nou-velles observations sont nécessaires à cet égard.
S’il reste encore des doutes sur les effets hygiéniquesde petites quantités de chaux et de magnésie dans leseaux potables, le rôle des sels de ces deux bases pourles usages culinaires, économiques et industriels del’eau, est au contraire très-bien connu et assez com-plètement étudié.
L’eau qui renferme une proportion de chaux un peuconsidérable devient impropre à cuire les légumes ;elle dissout mal le savon et produit sur la peau un effetdésagréable que tout le monde connaît. On dit alorsque l'eau est dure, qu’elle est crue» Quand ce défautest prononcé, il rend l’eau absolument impropre auxusages domestiques et industriels, et fort désagréablecomme boisson.
L’importance de ce caractère, qui donne la mesure,jusqu’à un certain point, de la qualité de l’eau, a faitrechercher des moyens rapides et exacts pour compa-rer, sous ce rapport, différentes eaux.
Le degré de crudité de l’eau (Hardness ) est une ex-pression devenue populaire en Angleterre, depuis lesétudes intéressantes du docteur Clarck sur ce sujet. Lesmoyens d’essai de M. Clarck, perfectionnés en France par MM. Boutron et Boudet, sont maintenant généra-lement connus chez nous sous le nom de méthode hyiro-timétrique.
Cette méthode d’essai rapide de la plus ou moinsgrande dureté de l’eau est basée sur la propriété de ladissolution alcoolique de savon, de produire, dans l’eaupure ou débarrassée des sels terreux, une mousse abon-dante et persistante, tandis qu’elle ne produit que desgrumeaux insolubles, sans mousse à la surface, dansles eaux qui renferment des sels tereux. Pour appli-quer ce principe, on verse goutte, à goutte avec uneburette graduée, une dissolution titrée de savon dansun volume connu de l’eau à essayer. On agite vive-ment après chaque addition de savon, et on note lenombre de gouttes de dissolution employé au momentoù apparaît la mousse persistante. Si l’eau essayée norenfermait qu’un sel neutre de chaux, on détermineraitexactement, par cette méthode, la proportion de chaux.Mais l’acide carbonique, les sels de magnésie, etc.,décomposent également la dissolution de savon; aussicet essai donne-t-ii plutôt la quantité de savon décom -posé par l’eau essayée que sa richesse en calcaire. Il 11 efournit d’ailleurs évidemment aucun renseignementsur la proportion des sels alcalins. La présence de ma-tières organiques peut aussi modifier les indications.Les essais hydrotimétriques exigent, pour être bien