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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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EAUX.

TAUX.

faits, plus d’exercice et de connaissances chimiquesqu’on ne serait porté d’abord à le supposer, mais ilsfournissent rapidement des indications pratiques fortutiles. En ne leur demandant pas de renseignementsplus précis ni plus détaillés qu’ils ne sauraient en four-nir, ils peuvent réellement rendre de grands services.

La dissolution do savon deM. Clarck et son éprou-vette sont gradftées de manière que chaque division dela burette, ou chaque degré de Ilardness, réponde exac-tement à la quantité de savon décomposahle par 0,5(>de grain de chaux, ou un grain de carbonate de chauxdissous dans un gallon d’eau (0*,0142 de carbonate dechaux par iitre d’eau).

Les réactifs et les instruments de MM. Boutron etBoudct sont disposés de telle sorte que chaque degréde l’hydrotimètre représente OS, I de savon neutralisépar un litre de l’eau soumise à l’expérience, et corres-pond à Os,01 de carbonate de chaux pour la memequantité d’eau.

Le degré de çrudité de l'eau (Ilardness) des chimistesanglais diffère donc dudegré hydrotimétrique français .Un degré de Ilardness équivaut, à très-peu près, à l°,-4,degré hydrotimétrique.

Pour donner une idée des variations de cette pro-priété, on empruntera aux nombreux essais faits dansle bassin de la Seine , par M. l’ingénieur en chefBelgrand , le résumé suivant :

Désignation d.i ram. D*

Sources du granité du Morvan et des

Arkoscs.

—des sables de la craie inférieure.—dessables de Fontainebleau . . .

—de la craie blanche.

—de la craie marneuse.

—du calcaire à entvoques (base du

système oolithique).

—des calcaires de la Beauce (ter-rain tertiaire).

—de la craie blanche, recouverte

de terrains tertiaires.

—des roches oolithiques dures. . .—du niveau d’eau des marnes ver-tes, terrain non gypsifère ( ter-rains éocènes).

—du niveau d'eau de l’argile plas-tique (terrains tertiaires éocènes)—des terrains oolithiques marneux,—des terrains tertiaires comprisentre le dessus des calcaires deSt-Ouen et l’argile plastique . .

—du niveau d’eau des marnes ver-tes et des marnes du gypse (par-tie gypsifère), sources de la ban-lieue de Paris .

■gvé» hydrotiiiu Inities.

2°

11

12

22

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G

12

17

1 i,")

22

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•17

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17,5

2G

20

30

20

35

21,5

31

21,5

4 G

23 155

Voici maintenent quelques chiffres empruntés auMémoire de MM* Boudct et Boutron :

Désignation îles eaux. Degrés hjdrotiméliiijues.

Eau distillée. 0 n

Eau de neige recueillie à Paris , en dé-cembre 1854. 2,5

—pluie id. id. id. id. 3,5

—de l’Ailier à Moulins, le 5 mars 1855. . 3,5

—de la Garonne à Toulouse , le 9 mai 1855 5,0

—du puits artésien de Grenelle, le 1b fé-vrier 1855. 9,0

—de la Seine, au pont d’Ivry , le 15 dé-cembre 1854. 15,0

—de la Seine , à Chaillot, le 15 fév. 1855. 23,0

de Belleville, le 23 février 1835. 128,0

Enfin, voici quelques exemples empruntés aux en-quêtes anglaises. Les degrés de Ilardness ont été mul-

tipliés par 1,4 pour les transformer en degrés hydn»timétriques correspondants :

Désignation des eau». Degrés Uydrolin»trt<jues.

Eaux des compagnies qui alimen-tent Londres . 15,4 ù 22,4

—de Manchester. •» 15, S

—de Glascow. » 0.3

—d’Edimbourg. » 7,0

Eau du puits de Torrington-sqnare,

à Londres . » 112

—du puits de la grille du Collège. » 4i,o

—d’un puits de Charlotte-street,

Bedford-square.. 00,9

—des puits artésiens de Londres . n 7,7

—de Bolton. » 1,9à5,9

La proportion de sels calcaires existant dans l’eauexerce sur ses propriétés, au point de vue des usagesdomestiques et industriels, une très-grande influencesur laquelle nous devons insister.

Ainsi qu’on l’a dit, le degré de crudité exprimeexactement la quantité de savon décomposée par unlitre d’eau. Cette quantité est de 0s,1 par litre et pardegré hydrotimétrique français pour le savon blanc detrès-bonne qualité, contenant : soude G parties, acidegras 64, eau 30. Cette quantité est par conséquent ex-primée par un chiffre plus élevé pour les savons com-muns, toujours plus ou moins humides. En prenantle dixième du nombre de degrés hydrotimétrique^d’une eau, on a donc immédiatement le nombre degrammes de savon qu’il faut perdre par litre avant depouvoir obtenir un liquide propre à dissoudre le savonqui doit servir d’une manière directe au nettoyage dulinge ou de la peau. La quantité de savon, ainsi con-sacrée en pure perte à former dans l’eau des grumeauxinsolubles, devient très-considérable quand il s’agitd’eaux un peu dures. Elle varie, selon les usages, duquart aux deux tiers du poids total du savon dépenséavec des eaux marquant, comme celles de la Seine , parexemple, de 17 à 18°. Four se laver les mains avec unlitre «l’eau il faut à peine 1s,4 de savoir si on se sertd’eau de pluie ou de sources granitiques ; on en con-somme 3 grammes avec les eaux analogues à celles dola Seine , et il en faudrait plus de 1 2 grammes avec leseaux de puits de Paris . Ces poids, si faibles en eux-mêmes, appliqués à des opérations qui sc répètent àchaque instant, acquièrent mie importance très-réelle.A Londres , par exemple, la substitution d’eaux doucesaux eaux actuelles réaliserait une économie de savonde 7 à 8 millions de fr. par an. A Paris , ectte écono-mie serait de 2 à 3 millions de fr. La consommation dusavon dans la France entière est de 4G millions dekilogr. environ par an, représentant pour la population,au prix de vente au détail, une valeur de 50 millionsde fr. Chaque réduction d’un degré seulement sur lacrudité moyenne de Peau réaliserait pour la France uneéconomie de plus d’un million par an.

L’action des eaux dures pour la cuisson de la viandeet des légumes est également fâcheuse, i ont îomonde sait que certains légumes, les haricots blancs,par exemple, ne peuvent pas cuire dans les eauxdures en général, et surtout dans celles où la chauxse trouve unie à l’acide sulfurique. Le même effet scproduit sur tous les légumes, mais il est moins sensi-sible sur les racines, pommes de terre, navets, ca-rottes, etc., que sur les graines légumineuses et surles feuilles, épinards, chicorée, choux, etc. 1) après ungrand nombre d’essais faits par un cuisinier fort ha-bile, M. Soyer, il faut un tiers de temps de plus pourcuire des légumes avec de Peau à 20° «le crudité,qu’avec des eaux douces marquant 4° ou 5°. L’actiondes eaux dures sur la viande est également très-sen-sible, surtout pour les viandes salées. Elle resserre les