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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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EAl'X.

eaux.

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J’ai eu l'occasion de drainer un terrain criblé desources dont les eaux étaient tellement incrustantesqu’elles recouvraient, en quelques jours, d’un sédimentcalcaire assez épais les corps solides qu’on y plongeait.Pour éviter l’incrustation des tuyaux, qui paraissait unobstacle absolu au succès de l’opération, j’ai eu l’idéeîle fermer l’ouverture du dernier tuyau de chaque sériede drains par une mince couche d'eau. La circulationde l’air dans les tuyaux est devenue impossible, il s’yest formé une atmosphère assez riche en acide carbo-nique pour empêcher le dégagement du gaz de l’eau,et, dès lors, les dépôts calcaires n’ont pu se manifester.Cette méthode serait applicable à tous les aqueducs etconduites à faible charge.

D’après un très-grand nombre d’observations re-cueillies par M. Belgraml, les eaux des grands coursd'eau du bassin de la Seine ne sont pas incrustantesquand leur degré bydrotimétrique, déduction faite dessels qui ne se précipitent pas par l’ébullition, ne dé-passe pas 18° ou 19°. Le même auteur a réuni plu-sieurs exemples d’eaux incrustantes, dont le degré dé-passe même assez peu cette limite. Ainsi qu’on l’a faitremarquer, la proportion de carbonate de chaux con-tenu dans une eau n’est pas le seul élément de sesqualités incrustantes. Le degré bydrotimétrique nesuffît donc pas pour fixer à cet égard.

Les incrustations qui se forment dans certaines con-duites de Paris ne sont pas, comme on l’a cru long-temps, composées seulement de carbonate de chaux.Elles renferment jusqu’à 5,7 p. 0 0 d’une matière or-ganique azotée qui en fait un véritable stuc, leur donnebeaucoup de compacité et rend difficile leur enlèvement.Voici l'analyse de deux incrustations de cette espèce ;la première formée dans un tuyau de tôle Chamcrov ;la deuxieme dans un tuyau de fonte plus anciennementposé :

Uésidu argileux insoluble dans les

acides. 2,75 7,95

Alumine et peroxyde do fer. . . . 1,10 16,00

Carbonate de chaux. 91,50 67,85

Carbonate de magnésie. 0,20 0,10

Acide sulfurique.fortes traces f. traces

Matières organiques, non compris

l’azote. 2,79 5,62

Azote. 0,26 0,13

Eau et matières non dosées. . . . 1,40 2,35

ïôiMm ido.bo’

On préviendrait certainement le dépôt du calcairedans les conduites en y introduisant régulièrement, cequi serait très-facile, la quantité de gaz carbonique né-cessaire pour remplacer celui qui fait défaut pour teniren dissolution le carbonate calcaire de la liqueur.

L’enlèvement des incrustations calcaires dans lestuyaux en fonte peut sc faire en introduisant dans laconduite, avec certaines précautions, un peu d'acidechlorhydrique. L’opération réussit bien, en général,sur les incrustations de carbonate de chaux pur, maiselle devient d’une application diffîcile, et souvent im-possible, pour les incrustations anciennes, compacteset mélangées, ce qui arrive souvent, de matières ar-gileuses, siliceuses ou organiques.

Les moyens proposés pour améliorer les eaux tropcalcaires sont assez nombreux. Quand il s’agit d’eauxtrop riches en calcaire, l'addition d’eau de chaux, enquantité convenable, comme l’a proposé le docteurC’iarck, neutralise l’acide carbonique en excès, ra-mène le bicarbonate de chaux à l’état de carbonateneutre qui sc précipite. L’eau ainsi traitée, puis éclair-cie par le repos ou la filtration, ne marque plus que 5°a 7° bydrotimétriqnes. Elle peut offrir des avantagespour certaines applications industrielles, mais on doitreconnaître qu’à moins de lui rendre son acide carbo-

nique, ce qui serait du reste assez facile, même surune grande échelle, cette eau ne serait pas agréable àboire. Sans être aussi effîeaee que pour les eaux cal-caires, l’emploi de l’eau de chaux peut également amé-liorer les eaux très-cbargées de sulfate de chaux,mais il faut alors employer l’eau de chaux en excès,parce que le sulfate de chaux est moins soluble dans celiquide que dans l'eau pure. Ainsi traitée, l'eau devientimpropre aux usagesdomestiques, à moins d’une longueexposition à l’air; mais elle peut convenir pour l’ali-mentation des chaudières à vapeur.

L’ébullition, en chassant l'acide carbonique, déter-mine la précipitation du carbonate neutre et adoucitainsi les eaux trop dures. C’est ce procédé qui est em-ployé par les cuisiniers soigneux dans les pays où leseaux sont dures. L’ébullition précipite une partie dusulfate de chaux s’il est très-abondant, mais la solubi-lité de ce sel à 100° est encore assez grande pour laisserdes eaux de très-mauvaise qualité.

L’emploi de l’eau de chaux et l’ébullition ne seraientpas facilement applicables sur une grande échelle.Quand on n’a que des eaux trop calcaires, le seulmoyen de les améliorer en grand consiste, si l’on dis-pose d’un peu de chute, à les faire tomber à plusieursreprises en lames minces ou en filets, ou bien à lesbattre avec une roue de moulin, mue au besoin par unamachine à vapeur si la chute manque; on amène ainsifacilement une eau naturelle à ne contenir que 08,10de carbonate de chaux par litre.

Les eaux calcaires, comme on vient de le voir, peu-vent être améliorées par des moyens assez simples. Leseaux riches en sulfate de chaux sont beaucoup plusdésagréables et impossibles à amener à un état de puretéconvenable pour l’alimentation. Pour le blanchissageet même pour l’alimentation des machines, on peut lestraiter par le carbonate de soude, qui précipite la chauxà l’état de carbonate. Si l’eau est d’ailleurs très-richeen acide carbonique libre, une partie du carbonate resteen dissolution, et l’on est forcé de recourir à l’un desprocédés décrits pour les eaux calcaires. Dans tous lescas, l’eau reste chargée (le sulfate de soude, sel quipourrait à lu longue exercer sur la santé une action fâ-cheuse, et qui, dans tous les cas, donne à l’eau unesaveur fade peu agréable. On doit employer par litrede carbonate do soude cristallisé par 0 Ï ,0I dosulfate de chaux contenu dans l’eau.

On a souvent indiqué la baryte comme moyen depurifier les eaux plâtreuses. Les propriétés vénéneusesdes sels barytiques sont assez énergiques pour quenous ne conseillions jamais l’emploi de cette substancepour le traitement de l’eau. Les erreurs de dosages, tou-jours si faciles à commettre, auraient de trop fâcheusesconséquences.

L’importance des sels de chaux et de magnésie dansles eaux nous a obligé à nous y arrêter longtemps. Cequi nous reste à dire sur les autres matières que ce li-quide peut renfermer sera beaucoup moins long.

La potasse combinée à divers acides existe rarementdans les eaux naturelles en quantité un peu notable.On la rencontre particulièrement dans les eaux.des puitsartésiens et des terrains granitiques et feld.spathiques.

I.a soude ne se rencontre aussi qu’assez rarementdans les eaux naturelles, si ce n’est à l’état de chlorure(sel marin) dans les eaux recueillies dans le voisinage dela mer. Beaucoup de puits sur le bord des côtes fournis-sent des eaux saumâtres, très-riches en sel, que l’onemploie, à défaut d’autres, pour les usages domestiques.

La proportion de sel contenu clans l’éau des grandsfleuves décroit rapidement, en général, quand on re-monte leur cours. L’eau de mer prise à 500 mètresdu rivage à Dieppe contenant 29*,8 de sel marin parlitre, j’ai trouvé dans l’eau de la Seine les quantitéssuivantes de cette substance :