EAUX.
EAUX.
peur. Su hauteur est de 1,960 mètres au-dessus du ni-veau de la mer. La masse de cette montagne, composéede calcaire néocomien entièrement perméable, reposesur une couche imperméable. Cette couche paraît for-mer une espèce de vallon à double pente, dirigé del’est à l’ouest comme le grand axe de l'ellipsoïde; elleaffleure le sol à l’ouest à peu près à 385 mètres au-des-sus du niveau de la mer. On trouve en ce point la sourcede Malaucènc, ou Groseau. A l’est, à un niveau moinsélevé, on rencontre d’autres sources moins importantes,mais encore assez remarquables. Sur tout le reste duplateau, on ne trouve pas une source et on n’a pas memeessayé d’y creuser de puits dont la profondeur eut étéexcessive. La disposition de la couche imperméable etl’existence des filets d’eau qui s’y rassemblent ont étévérifiées par l’expérience. Un cultivateur placé au basde la montagne vers le sud, où l’épaisseur de la coucheperméable est considérablement réduite, a fait percerplusieurs puits ; il les a réunis souterrainement par unegalerie soutenue à l’amont par un mur à pierres sèches,et à l’aval par un mur bétonné. Cette galerie-conduite,convenablement prolongée. amène à ciel ouvert uneassez belle source. Les sources qui sortaient plus bas,dans la partie correspondante, ont été coupées et ontcessé naturellement de couler.
Le débit des diverses sources dont on vient de par-ler est de 2 à 3 mètres cubes par seconde. On es-time qu’il tombe 0 m ,85 de hauteur d’eau par an sur leplateau de cette montagne, qui a 45,000 hect. Ce quifait nu volume de 150,000,000x0,85=127,500,0001M . , 127,500,000
mètres , ou bien un débit de -rrr. -tt-tttt- 7 r n
’ 36a X -4 X 60 X 60
= 4 mètres cubes. Les sources débitent un peu plusde la moitié de ce volume d’eau, le reste s’évapore oupénètre à de plus grandes profondeurs. La dispositiondes lieux est telle que très-peu d’eau doit s’échapperde cette façon, de sorte que l’on peut regarder un peuplus de 1/2 comme le plus grand rapport de la pluietombée à la pluie recueillie qu’il soit possible d’espérerdans les conditions habituelles.
La célèbre fontaine de Vaucluse , qui débite 10 à12 mètres cubes, est à peu près dans les memes condi-tions. Son bassin de réception, également formé decalcaire très-perméable, a 96,500 hect. On ne trouveni ruisseau ni puits sur cette surface. Elle reçoit envi-ron par an 820,250,000 mètres cubes, répondant à undébit permanent de 26 mètres cubes environ, c’est-à-dire encore à peu près double de celui de la fontaine.
Dans les travaux de drainage ou de captation d’eau,il serait imprudent de compter sur un chiffre de rende-ment aussi élevé. Il faut pour l’obtenir des circonstan-ces exceptionnellement heureuses. M. Paramellc es-time que des couches très-poreuses, de 2 à 8 mètresd’épaisseur, reposant sur un sol imperméable convena-blement incliné, produisent après une sécheresse ordi-naire 1,152 litres par jour et par hectare; c’est environun douzième de la pluie moyenne annuelle tombée surcette surface. Ce rapport, considéré comme résultatmoyen, me paraît assez exact ; mais il ne faut pasperdre de vue les observations qui précèdent relativesà la puissance de la masse poreuse nécessaire pour ré-gulariser le débit.
Féeamp, TIa/.ebrouck et un certain nombre d’autresvilles sont alimentées par des travaux de drainage ou desgaleries de recherches percées à la limite des terrainsperméables et des terrains imperméables.
Le grand projet d’approvisionnement de Paris étudiépar M. l’ingénieur en chef Belgrand, dont s’occupe en cemoment l’administration municipale, a pour base destravaux de captation et des recherches d’eau analoguesà ceux dont on vient de parler.
Le volume d’eau que l’on désire amener est de
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100,000 mètres cubes par jour, soit 1,1 G0 litres parseconde. M. Belgrand avait proposé d’abord de dériverles eaux de la Somme et de la Soude, et au besoin cellesdu Sourdon et do la Dhuis. En octobre 1855, époqued^e plus basses eaux, ces sources donnaient, en effet,par seconde :
Eaux de la Somme et de la Soude. 1,081 lit.
Source du Sourdon. 100
Source de la Dhuis. 315
1,496
En 1857, la Somme donnait encore 880 litres ; mais,en 1858, son débit s’est réduit à 285 litres, bien que lesdeux autres sources aient peu varié. Ces irrégularitésde débit, incompatibles avec l’alimentation d’unegrande ville, ont nécessité de nouvelles études. Le pro-jet actuel comprend donc deux systèmes différents àl’aide desquels on obtiendrait l’approvisionnement nor-mal de 100,000 mètres cubes par jour; ils consistent :
1 ° en dehors des vallées de la Somme et de la Soude,à pénétrer par des galeries souterraines de drainage aumilieu de la nappe d’eau déposée par les pluies dansl’épaisseur de la craie tendre, où elle est retenue parla couche d'argile sur laquelle repose la craie, touten se dirigeant, d’un mouvement lent, par la pentenaturelle de cette couche imperméable, soit vers lefond du bassin géologique dont Paris occupe le cen-tre, soit vers les coupures qui lui offrent des moyensd’écoulement ; 2° dans ces memes vallées, à augmen-ter le débit des sources en les prenant à un niveau in-férieur, si, ce qui semble peu probable, on devait envenir à utiliser ces sources.
L’espoir du succès de cette recherche d’eau est prin-cipalement fondé sur les observations suivantes : 1° lasurface du bassin de la Vanne , qui est très-bien limité,est de 900 kilomètres carrés; il reçoit par an 540 mil-lions de mètres cubes d’eau de pluie et il en rend chaqueannée, par les cours d’eau, 31 à 155 millions, soit -r?à 1/4 de ce qu’il reçoit. 2° Le bassin de la Somme-Soude a 300 kilomètres carrés de superficie ; il reçoit180 millions de mètres cubes d’eau de pluie et en res-titue par ses sources de 8,987,000 à 36 millions de mè-tres cubes, soit 1 /o à ^ de l’eau tombée. Or la partiedu bassin crayeux comprise entre la vallée de l’Aisne etcelle de l’Aube, que l’on suppose devoir concourir àl’alimentation des sources à créer, a 5,300 kilomètrescarrés et reçoit 3,180 millions de mètres cubes par an.Le volume de 100,000 mètres cubes, soit 36,500,000par an que l’on veut en tirer, n’est que ^7 du volumereçu, ou moins de 7 du volume que restituent naturel-i lement des terrains de cette espèce.
Ce rapprochement montre en effet la possibilité d’ob-tenir le volume d’eau nécessaire, mais il ne fournitaucun renseignement sur la longueur à donner auxgaleries de suintement, et par suite sur les dépensesrelatives à la création des sources artificielles.
Les eaux ainsi recueillies en Champagne seraientamenées par un aqueduc dans un vaste réservoir situéà la cote de 83 mètres pour desservir les étages supé-rieurs des plus hautes maisons de Paris .
Les eaux de la craie sont limpides, d’une températurepeu variable et d’une pureté satisfaisante, bien que char-gées de calcaire en assez forte proportion ; elles remplis-sent donc les conditions do bonnes eaux. Je 11e sachepas qu’on ait déterminé les proportions et la nature desgaz qu’elles tiennent en dissolution, renseignementindispensable, comme on l’a dit, à une étude complète;elles doivent renfermer des nitrates, mais je n’en con-nais pas la proportion.
Il est à craindre que la qualité des eaux de la Champa-gne ne soit modifiée d’une manière très-désavantageusepar les progrès de la mise en culture de cette vaste con-