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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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EAUX.

EAUX.

méables, ou au centre même (le très-grandes massesperméables, qu’il faut aller saisir et réunir les filetsd’eau dont l’ensemble doit former la source artificielle.

Ces recherches d’eau se font par des procédés très-divers, suivant les pays et les circonstances. Tantôt,les eaux sont recueillies par des galeries souterrainesplus ou moins importantes, dont le fond est étanchepour recueillir et conduire les eaux, tandis que les paroissont poreuses ; tantôt on a recours aux procédés ordi-naires et plus simples du drainage avec tuyaux oupierrées, pour amener à la surface les eaux qui s’écou-laient sans profit à une petite profondeur au-dessousdu sol.

Il serait impossible, sans multiplier inutilement lesfigures, d’indiquer les constructions variées adoptéesdans le cas qui nous occupe. On se bornera à citer,comme exemple de cette classe de procédés, la dispo-sition adoptée par M. Belgrnnd pour la distributiond’eau d’Avaîlon. La voûte de l’nqucduc, dans la tra-versée des terrains sourciers, a été percée (fig. 3494)

Coupe eu travers.

Coupe en long.

Fig 3494. — Aqueduc avec pierrée et barhaeanes pour recueillir des. eaux de source. (Kcliclle de 0,025.)

de barhaeanes nombreuses. Une pierrée de 0 m ,-5 d’é-paisseur a été en outre disposée de chaque côté et au-dessus do l’aqueduc pour faciliter l’entrée des eauxdans la cuvette étanche de la conduite. Cette disposi-tion, plus ou moins modifiée selon les localités, est évi-demment applicable à tous les cas analogues.

Depuis quelques années on s’est beaucoup occupédes sources artificielles obtenues par des méthodes quel’on vient d’indiquer, et l’on a fondé de grandes espé-rances sur l’emploi de ces moyens pour l’approvision-nement des villes les plus importantes. Quelques ren-seignements ne seront pas inutiles 6ur ces questionsencore peu connues.

L’exemple du bourg de Farnliam, en Angleterre,où le drainage de moins de deux hectares a permis defournir en abondance une eau excellente à une popu-lation de 3,500 âmes, a fait beaucoup de bruit il y aquelques années. On a même proposé de fournir del’eau à la ville de Londres par des travaux analogues.

Mais l’incertitude inévitable des opérations de cette na-ture a fait renoncer à ce projet, qui avait été chaude-ment patronné par le board of Health. A Bruxelles , uneproposition analogue a également été repoussée.

Le succès obtenu à Farnliam est en effet le résultatd’un heureux concours de circonstances géologiquesexceptionnellement favorables, qu’on ne saurait espé-Tcr de rencontrer souvent. Tout le monde sait en effetque les drainages ordinaires cessent de couler unegrande partie de l’année, et qu’il serait dès lors impos-sible d’employer leurs produits ù l’alimentation régu-lière d’une ville. J’ai exécuté plusieurs drainages qui,ayant rencontré des sources permanentes, donnent undébit continu. L’un d’eux alimente un moulin, un autrefournit l’eau potable à une ferme, et un troisième des-sert un hameau assez populeux. Malgré ces exemplesde succès que je pourrais multiplier beaucoup, je n’ose-rais presque jamais promettre à l’avance de réussirdans un travail de cette nature. Les probabilités sontquelquefois très-grandes, mais la certitude iVexiste

presque jamais. C’est dire avec quelle prudence il fautentreprendre les essais de cette nature.

L’étude attentive des belles sources naturelles in-dique d’ailleurs les conditions qu’il faut chercher à réa-liser artificiellement et sans lesquelles il y aurait folioà espérer d’obtenir, avec une régularité sutlisanto, unvolume d’eau déterminé.

Personne ne doute aujourd’hui que la pluie ne soitl’origine des sources. Pour qu’une source coule d’unemanière continue, alors que la pluie est souvent plu-sieurs mois sans tomber, il faut donc que la masse per-méable qui absorbe une partie de l’eau de pluie tombéea sa surface n’agisse pas seulement comme un filtre,mais encore et surtout comme un vaste réservoir, régu-lateur de l’écoulement. La vitesse de l’eau dans les couduits capillaires qui existent dans le sol est très-faible ;elle ne devient très-sensible que dans les fissures unpeu larges, ou les bancs très-poreux, qui figurent, auseiu de la terre, des lignes principales d’écoulementanalogues à nos ruisseaux et à nos rivières do la sur-face. Dans les sources remarquables par leurrégularité, l’eau qui s’écoule à un momentdonné est tombée depuis fort longtemps, depuis •des mois et souvent depuis d£s années. Si l’onvoit les sources augmenter aussitôt 'après lesgrandes pluies, ce n’est pas en général, aumoins quand il s’agit de grandes sources, parl’écoulement de l’eau qui vient de tomber. L’eaude la crue est tombée depuis longtemps, elle atraversé le sol, elle se trouve plus ou moinsrapprochée de son point de sortie, et son accélé-ration de vitesse est due seulement à l’augmen-tation de pression qui peut résulter de l’introduc-tion de nouvelle eau à la partie supérieure de laporeuse traversée par les fissures capillaires

par lesquelles l’eau s’élance. On s’explique facile-ment, du reste, la faible vitesse de l’eau dans les massesporeuses, par la résistance que le frottement oppose aumouvement et surtout par les actions capillaires très-énergiques exercées sur l’eau par des surfaces nussimultipliées que celle d’une masse poreuse. Une sourcen’est donc que l’écoulement d’un amas d’eau intérieurdont les mouvements sont ralentis et régularisés par larésistance de la masse solide du terrain perméable.

Pour que le drainage d’un terrain fournisse unesource, il faut donc que la couche poreuse qui reçoitles eaux présente une épaisseur verticale suffisante au-dessus des tuyaux collecteurs, ou une puissance assezconsidérable sur les plateaux qui dominent remplace-ment de ces mêmes tuyaux, pour que l’eau mette àtraverser cette masse un temps plus long que celuiqui peut s’écouler entre de fortes pluies. Cette condi-tion est nécessaire, mais elle n’est pas suffisante. Il fautencore que la disposition du sous-sol imperméable quiempêche le mouvement vertical de l’eau, ou au moinsque la direction des lignes principales de suintementdans la masse poreuse soient telles que les eaux ren-contrent les collecteurs et puissent s’y écouler. Ces der-nières conditions sont encore plus difficiles à prévoirque les premières.

Quant au volume d’eau que l’on peut espérer de réu-nir par un travail de recherches, l’incertitude est plusgrande encore. On peut assez souvent fixer un maxi-mum impossible à dépasser, mais il est très-rare quel’on puisse prévoir à l’avance le volume à attendre dostravaux.

C’est encore l’observation des plus belles sources na-turelles qui peut donner quelque renseignement sur cepoint.

Les sources du mont Ventoux sont un des exemplesles plus nets que l’on puisse citer. Le mont Ventoux présente, comme on sait, à peu près la forme d’un demi-ellipsoïde de 25 kilom, de longueur sur 7 kiI - 5 de lar-