Buch 
Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
Entstehung
Seite
214
JPEG-Download
 

214

ÉGOUTS.

ÉGOUTS.

Les formes des galeries d'égouts varient en Angle-terre d’une ville à l'autre, et laissent beaucoup à dési-rer dans quelques-unes d’entre elles. A Loncastre, leségouts sont formés d’une large dalle sur laquelle onélève deux murs verticaux, formant pieds-droits, etque l’on recouvre d’une seconde pierre plate. Les ca-naux principaux ont l) ,n ,76 de hauteur, sur 0 m ,42 delargeur. Ils coûtent environ 8 fr. le mètre courant. Lesbranchements principaux sont rectangulaires et ontU n »,42 de coté; ils coûtent G fr. le inètre; enfin lesconduits qui pénètrent dans les maisons n’ontque 0 m , 1 oou ü m ,20 do coté et coûtent 2 fr. 7ü c. seulement.

Tous ces canaux sont, on le conçoit, tout à fait in-r-uffisants. 11 en est de même à Nottingham , à Bristolet dans plusieurs autres villes que l’on pourrait citer.

On n’insistera pas davantage sur lo mode de con-struction des égouts en Angleterre, mais il ne sera pasinutile d’indiquer les moyens adoptés chez nos voisinspour mettre les maisons eu communication avec leségouts.

Les canaux anciennement établis pour mettre encommunication les maisons avec les égouts laissent engénéral beaucoup à désirer. Ils sont souvent formés dequelques briques grossièrement assemblées. Les com-missaires des égouts de Londres , lrappés des inconvé-nients graves qui résultaient, pour la salubrité publique,d'un état de choses aussi défectueux, ont fait de laquestion une étude spéciale, il y a quelques années, ettout arrivés à un mode de construction dont on attendde bons résultats.

Tout système complet d’assainissement des maisonsparticulières, tel que le conçoivent les ingénieurs deségouts de Londres , doit satisfaire à la condition que lescanaux de communication puissent entraîner, sans pro-duire ni gêne ni odeur, toutes les matières à rejeterdarislos galeries principales d’écoulement. L’eau devantd’ailleurs être le seul instrument do curage, il fautévidemment qu’elle puisse entraîner les matières so-lides introduites danslcs conduites, mais que les entréesde ces conduites soient défendues par des grilles assez

Fig. 3525, — Kvior et cnlrée dVau brandies sur un siphon en grès\crui amilai*.

serrées pour s’opposer à l’introduction des corps denature à produire des obstructions inévitables.

Les commissaires des égouts pensent pouvoir at-

teindre complètement le but proposé, en établissantles communications avec les égouts au moyen de tuyauxen poterie de très-bonne qualité. Pour assurer le succèscomplet de ce mode d’assainissement, on évite de fairecommuniquer directement chaque maison avec l’égoutprincipal, mais on divise chaque quartier en groupesde maisons communiquant chacune avec un mauretuyau qui débouche à son tour dans l’égout. De cettefaçon, ce maître tuyau constamment traversé par unvolume d’eau considérable est parfaitement curé, etd’un autre côté, en réduisant le nombre des tuyauxqui débouchent dans i’égout, on diminue les chancesde dérangement du système d’assainissement et lescauses d’obstruction des galeries principales elles-mêmes.

Les tuyaux en grès verni ont semblé à MM. lesmembres do la commission des égouts de Londres pré-férables à tous les autres genres de conduits. Chaquetuyau est terminé à l’une de ses extrémités pur unévasement dans lequel s’engage l’extrémité du tuyauprécédent. On garnit le joint en bon mortier de ciment.Les coudes, les tuyaux de branchement, etc., sont éta-blis de la même manière.

Les tuyaux eu terre dont on vient de parler sc rac-cordent sans difficulté avec la galerie d’égout. A Ixni-dres, lorsqu’un particulier veut faire arriver un conduitdans un égout public, il doit en demander l’autorisationaux commissaires. Lorsque cette autorisation est ac-cordée, le demandeur fait ouvrir les tranchées néces-saires et prévient les commissaires de leur achèvement.Ceux-ci envoient un ouvrier spécial chargé d’exécuter,conformément à leurs instructions, le raccordement etune amorce de 3 pieds de longueur pour le conduitprojeté. Ce travail s’exécute moyennant un prix fixéd’avance à 13 fr. 25 c. pour l’ouverture du mur de l’é-gout, la pose de l’embouchure et la reconstruction desparties environnantes. La pente de ces conduits, prèsde leur arrivée à l’égout, ne doit pas être inférieureà 1/iS.

Dans une expérience officielle, il a été constaté qu’untuyau en grès verni de C m ,30 de diamètre et de170 mètres de longueur a pu donner passage àtoutes les matières provenant d’une étendue de47 h ,77. Un tuyau degrés verni de 0 n, ,075 de dia-mètre suffit à l’écoulement de toutes les déjectionsde 30 ou 40 maisons de Londres d’importancomoyenne.

Pour intercepter la communication entre leségouts et l’intérieur des maisons, on emploie diffé-rents dispositifs. L’embouchure du tuyau dans lagalerie d’égout est ordinairement garnie d’un cla-pet en fonte ou en tôle galvanisée. Mais ce mode dofermeture n’est jamais assez parfait pour empêcherles gaz odorants de pénétrer dans les intérieurs ;de tous les moyens employés, les siphons parais-sent encore aujourd’hui le moins défectueux. Legrès verni sc prête parfaitement à la fabricationdes appareils de cette espèce. Dans l’impossibilitéd’entrer ici dans les détails minutieux que com-porterait ce sujet, on se bornera & renvoyer à lafigure 3525 qui indique les formes d’un siphon engrès isolé adapté à un évier et à une grille placéedans une cour.

Le service des égouts de Londres constitue uneadministration dont on fera comprendre toute l’im-portance. en rappelant seulement qu’il a été con-struit dans cette ville de 4833 à 4843, plus do193,1 17 mètres de galeries d’égout.

Après ces indications sur le mode do constructiondes parties essentielles des égouts, il reste à faireconnaître les conditions à remplir dans le tracé d’un sys-tème général de canalisation souterraine, et à signalerquelques conditions auxquelles on doit satisfaire dans