Buch 
Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
Entstehung
Seite
215
JPEG-Download
 

ÉGOUTS.

213

ÉGOUTS.

les ouvrages de cette espèce et dont il n'tt par encoreété fait mention.

Chaque voie pic, dans un état de choses nor-mal, doit être pourvue d’une galerie d’égout sur laquellechaque propriété riveraine puisse grelVcr directementson égout particulier. Il doit exister des bouches auxpoints les plus bas des ruisseaux qui entourent chaqueîlot de maisons et une borne* fontaine aux points lesplus hauts.

Les dimensions données aux égouts *pour rendrepossible leur visite fréquente par les ouvriers sontplus que suffisantes pour assurer l’écoulement deseaux distribuées dans la ville la plus favorisée. Maiselles ne suffisent plus pour l’écoulement des eaux d’o-rage dans les égouts collecteurs chargés de l’assainis-sement d’une surface un peu étendue. M. Bclgrand,dans ses projets d’égouts pour Paris , estime qu’il fautdonner aux égouts de faibles pentes de 2 à 3 mètrescarrés de section par 4 00 hectares à desservir. Pansles villes, on peut admettre que l'écoulement de l’eaud’un orage dure deux ou trois fois autant que l’oragelui-même, et l'on peut prendre dans le climat de Paris 45 à 50 millimètres d’eau tombée par heure pour l’oragemaximum moyen.

Le tracé des égouts dans une grande ville commeParis et l’utilisation des travaux antérieurs exécutéssans aucune vue d’ensemble, est un des problèmes lesplus compliqués que puisse présenter ce genre deconstruction. Le projet dont les ingénieurs du servicemunicipal poursuivent aujourd'hui l’exécution est desplus remarquables, et peut donner pour l’avenir satis-faction à tous les intérêts. Sans entrer ici dans de mi-nutieux détails de tracé , il suffira de dire que l’on avoulu débarrasser la Seine, dans la traversée de Paris ,des immondices que les égouts y versent encore, et enmême temps abaisser assez le niveau du débouché ducollecteur général, pour que les crues ordinaires dufleuve ne puissent plus suspendre le fonctionnement desgaleries des quartiers bas, comme elles le font aujour-d'hui.

A cet effet, l’égout de Rivoli , dont on a parlé, a étédisposé comme égout de ceinture pour recevoir presquetous les égouts de la rive droite. Il se déverse à sontour, ainsi que toutes les autres eaux qu’il n’a pu re-cueillir, dans un immense égout souterrain qui débou-che à Asnières , après le long circuit que fait la Seine en sortant de Paris .

Les égouts de la rive gauche doivent aussi se réu-nir, d’après les projets, dans un égout de ceinture quifranchira la Seine , par un siphon renversé, pour allerégalement rejoindre l’égout d’Asnières.

L’égout d’Asnières est le plus grand ouvrage de cegenre qui existe. Il a 5 m ,6 de largeur et 4 m ,10 dehauteur.

Les eaux d’orage, à l’aide de déversoirs et de ga-leries, s’écouleront encore à la Seine lorsqu’elles attein-dront dans les égouts une certaine hauteur.

Aux termes du décret du 26 mars 1852 : a Toutew construction nouvelle dans une rue pourvue d’égouts« doit être disposée de manière à y conduire les eaux« pluviales et ménagères. ■> La même disposition estapplicable à toute maison ancienne, en cas de grossesréparations, et, en tout cas, dans un délai qui expireraen I862.

Ce décret assure l’assainissement de Paris le jour oùil aura reçu une application générale. Il donne à l’ad-ministration, par simples mesures réglementaires,le moyen de réaliser complètement les améliorationsles plus utiles. Les galeries de communication dont ils agit, que l’on établit maintenant et dont il a déjà étéconstruit 13 ou 1,400, à Paris , ont 2 m ,30 de hauteuret 1 in ,30 de largeur.

L'entrcc de ces galeries porte dans l’égout le même

numéro que celui de la maison dans la rue correspon-dante ; elle est fermée par une grille en fer à deux clefsdissemblables, dont l'une restera entre les mains desagents de l’administration, et l'autre entre celles dupropriétaire, pour que la porte ne puisse s'ouvrir qued’un commun accord.

Quel que soit le parti que l’on adoptera pour le ré-gime des fosses d’aisances, la vidange pourra se fairesoutervainement, et la ville se trouvera atTranchiodes opérations qui rendent aujourd’hui véritablementodieux le parcours des rues de Paris pendant la nuit.

Le système des vidanges des villes est donc intime-ment lié à celui des égouts, et nous devons dire quel-ques mots des divers systèmes proposés à cet égard.Kn supposant (pic l’on conserve le système actuel desfosses, on vient <lc voir que la vidange pourra s’en faireavec beaucoup moins d'inconvénient qu’aujourd’hui.Mais le système des fosses est condamné par tout lemonde. Kn ce moment l’administration municipale deParis parait disposée à admettre un système de fossesséparant les produits solides des produits liquides, etjetant ceux-ci ou directement dans l’égout, ou dansdes conduits spéciaux, qui ont même été ménagés dansquelques égouts, pour les recueillir séparément et lesutiliser ensuite en agriculture. Cette dernière solutionnous parait excellente. Quant au coulage des liquidesà l'égout , nous le regardons comme détestable, on in-fectera l’égout, la Seine , et on perdra une valeur con-sidérable. Les matières employées pour désinfecter lesliquides des fosses et fixer leurs principes fertilisants,sont loin de donner les résultats qu’on en attend, etseront, toujours, en pratique, d’un emploi difficile etfort incertain.

Il nous reste à examiner quelle est la valeur commoengrais agricole des produits des égouts et des vidangesdont nous demandons que l’ou assure la facile utilisa-tion en agriculture.

Les nombreux auteurs français et étrangers qui ontécrit sur l’utilisation comme engrais des déjections de 9grandes villes, sont bien loin de s’accorder sur la va-leur agricole de ces produits. Leurs calculs reposenten général sur des appréciations extrêmement vagues,ou sur des données physiologiques résultant d’observa-tions individuelles, qu’il serait impossible d’appliquersans erreur grossière aux grands centres de population.

Il m’a semblé que le premier élément de tout projetsérieux d'assainissement des villes devait être la con-naissance des produits recueillis d’une manière pratique,et pouvant être mis réellement à la disposition de l’a-griculture. C’est le but d’une série d’analyses exécutéesen 1854 au laboratoire de l’École des ponts et chaus-sées, et dont je vais indiquer les principaux résultats.

Au lieu d'obtenir le résultat cherché, ainsi qu’onl’avait fait jusqu’à présent, en multipliant, par la po-pulation de Paris , le chiffre obtenu par des observationsfaites sur quelques individus seulement, j’ai fait porterles analyses sur le produit moyen de la ville entière.C’est en divisant les totaux ainsi obtenus par le nombredes habitants que Von peut arriver à une moyenne ap-plicable avec exactitude aux grandes villes placéesdans des conditions analogues à celles de Paris .

Les produits de la voirie d’une grande ville sont :1° les boucs et immondices recueillies sur la voie pu-blique; 2° les matières extraites des fosses d’aisances;3° les eaux d’égout.

La première classe de produits est utilisée depuislongtemps par les cultivateurs des environs de Paris et de toutes les villes de quelque importance. Leurvaleur et leur emploi sont parfaitement connus. Émi-nemment encombrants, ces produits, dont la ville doità tout prix se débarrasser chaque matin, ne sauraientêtre transportés à de grandes distances. Ils sont forcé-ment consommés daus une zone fort étroite, où ils font