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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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ÉMERAUDE.

ENGRENAGES A COIN.

fcoratoire du chimiste, elle est entrée dans le domainede la pratique ; elle est appelée, nous n’en doutons pas,à rendre service aux imprimeurs sur étoffes.

L’industrie des papiers peints exige un prix plusabordable ; mais au nom de l’hygiène ne doit-on pasproscrire de la décoration de nos appartements toutesles couleurs à base d’arsenic oudeeuivre, dont les pous-sières sont constamment en contact avec les organesrespirutoires? Des règlements récents en prohibent l’u-sage à Paris pour la coloration des tissus.

La société industrielle de Mulhouse faisait, il y amoins d’un an, appel aux fabricants de couleurs et de-mandait pour les toiles peintes par les méthodes plas-tiques un vert foncé métallique. Le programme rappe-lait l’intensité qui manque aux composés de cuivre,d’urane, de cobalt, intensité qui se définit assez bienpar la teinte foncée du vert de vessie; elle faisait re-marquer que les jaunes et les bleus perdent dans leurmélange le caractère de vivacité de leurs nuances pro-pres. Le produit de M. Guignet comble cette lacune.L’auteur, n’eût-il d’autre mérite que celui d’avoir faitconnaître un moyen de préparer l’oxyde de chromehydraté, dont la préparation était un secret, se seraitmontré fort utile à la science II ne s'est pas contentéd’une observation purement scientifique, il a cherchéparmi les industriels ceux qui pouvaient le mieux com-prendre une fabrication nouvelle ; admis en relationssuivies avec l’une des fabriques de produits chimiquesles plus recommandables, il a doté l’Alsace d’un produitdont l’usage, jusqu’alors, lui restait interdit.

Les observations de M Guignet ont appelé de suitel’attention des chimistes sur I 1 oxyde de chrome hydraté ;M. Arnaudon a modifié la méthode que nous venonsd’indiquer de la manière suivante :

On prend à peu près parties égales des deux sels, cequi représente sensiblement leurs équivalents, soit128 parties de phosphate neutre d’ammoniaque et4i9 parties de bichromate : on les mélange intimementau moyen de la pulvérisation, ou plutôt en les dissol-vant dans le moins d’eau possible à l’ébullition etévaporant jusqu’à consistance de bouillie peu épaisse,de manière à ce que le liquide se prenne en masse so-lide par le refroidissement, cette masse concassée enpetits morceaux est introduite dans un vase à fondplat et chauffé au bain d’huile ou de cire jusqu’à 180°.

Lorsque cette température est atteinte, le mélangese ramollit; puis, tout à coup, lorsque la masse rede-venue pâteuse se boursoufle, change de couleur avecdégagement d’eau et d’un peu d’ammoniaque, on con-tinue à soutenir la température pendant une demi-heure environ, ayant soin de n’aller pas au delà de 200°;si l’on dépasse ce point, par exemple si l’on chauffe à latempérature à laquelle le vert émeraude se détruit,l’opération est perdue, la couleur verte disparaît et fait*place à une couleur brune foncée de bioxyde de chrome;si l’on chauffait davantage le mélange, si on le portaitau rouge, la couleur brune passerait à son tour à unecouleur bleuâtre, stable en présence de l’eau. En s’ar-rêtant au point convenable, lorsque la masse est de-venue verte, et lavant à l’eau chaude pour emporter lessels solubles, on finit par avoir l’oxyde de chrome enpoudre presque impalpable. Sa couleur s’approche decelle des feuilles naissantes, et par l’éclat ne le cèdequ’au vert de Schweinfurt ; elle sc rapporte au vert dupremier cercle de AI. Chevreul. Le vert obtenu par ceprocédé, débarrassé de toute trace de phosphate soluble,dégage de l’eau lorsqu’on le chauffe au rouge et devientbrun, puis gris, redevient vert par refroidissement;mais sa teinte est alors grisâtre comme celle du ses-quioxyde obtenu par la calcination du bichromate.

On peut admettre, quant à la nature de ce composé,quel’acide phosphorique y reste à l’état de combinaison.D’après une expérience de M. Camille Kœchlin, cette

matière bouilliepcndantplusieurs heures avec de l’acidearsénieuxetdel’acide acétique faible, prend une nuanceplus vive qui se rapproche de celle de l’oxyde qu’on ob-tient au moyen des dosages de M. Guignet, lorsque deslavages suffisamment prolongés ont éliminé tout l’acideborique. Il y a plus d’énergie dans l’acide pbospho-rique que dans l’acide borique ; il n’est donc pas sur-prenant que sous l’influence de l’eau bouillante l’acideborique disparaisse, tandis que l’acide pliosphoriquerésiste plus longtemps. Pour arriver à la constitutionchimique du produit tel que nous l’avons formulé,c’est-à-dire de l’oxyde de chrome hydraté, on passesans doute graduellement par l'intermédiaire de bo-rates de plus en plus basiques, mais le terme final sem-ble devoir n’ètre autre chose que de l’oxyde de chromehydraté. Dans tous les cas, l’acide chlorhydrique éli-mine d’une manière complète l’acide borique et sansdoute éliminerait l’acide phosphorique lui-même.

La méthode générale indiquée dans le brevet deM. Guignet comprend comme cas particulier la substi-tution à l’acide borique du phosphate d’ammoniaque.J’ai préparé dessulfatesd’oxyde de chromequi sontper-sistants et qui permettent de comprendre les phéno-mènes qui se passent au contact de l’eau chaude et desborates, phosphates et sulfates d’oxyde de chrome.

La même méthode doit nécessairement conduire à lapréparation de quelques oxydes hydratés isomorphesavec l’alumine. J’ai depuis longtemps préparé l’hydratede peroxyde de fer. Mais comme la nuance est loin deprésenter la richesse et la valeur que prend l’oxyde dechrome dans ces conditions expérimentales, ces obser-vations n’ont pas le même but d’utilité que lorsqu’ellesportent sur l’oxyde de chrome. Salvétat.

ENGRENAGES A COIN.„ Les propriétés des en-grenages à coin reposent sur celles du coin pour accroî-tre l’adhérence sans faire croître les pressions dans lamême proportion.

Ainsi, si l’on veut conduire deux axes parallèles parle contact immédiat de deux poulies montées sur cesaxes, on sait qu’il faudra, pour éviter les glissements,les presser fortement pour peu qu’il s’agisse de trans-mettre des forces quelque peu notables et, par suite,faire naître des frottements considérables sur les axes.Il n’en sera plus de même si, comme l’a proposéM. Minotto, l’on creuse dans la couronne extérieurede l’une des poulies une gorge tronconique doüt la sec-tion soit un trapèze, et si on tourne la couronne del’autre en forme conique(fig. 3526), demanière qu’ellepuisse s’engager en partieseulement dans la gorge dela première.

Toutes les propriétés ducoin reparaissent ici; c’est-à-dire qu’en raison de l’acuïtéplus ou moins grande de l’an-gle commun au vide et auplein des deux roues, unepression médiocre sur lesaxes pourra faire naître une3526. très-grande pression au con-

tact et, par suite, une adhé-rence ou engrènement moléculaire, en vertu duquelune roue pourra entraîner l’autre et surmonter larésistance qui s’opposera à son mouvement.

Le principe du système étant établi, cherchons ànous rendre compte des avantages ou des inconvénientsde son emploi.

Vu glissement. — Le caractère le plus remarquablede ce système d’engrenage, c’est que, par suite d’unevariation dans les forces, un glissement peut avoir lieu.Gette propriété, qui le rend impropre à remplacer lesroues dentées dans les systèmes où celles-ci ont surtout