Buch 
Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
Entstehung
Seite
266
JPEG-Download
 

206

FUMÉE.

Le système de combustion à flamme renversée donneune combustion complète, parce que le charbon fraisse place là sur le charbon incandescent, se distille ra-pidement, et le tirage de la cheminée forçant les gazcombustibles à traverser une couche de houille embra- isée, la combustion est entière, mais le rayon-nement est perdu, et le faible rendement utiledes combustibles par ce système y a fait re-noncer.

Pour réunir les avantages de ce systèmeà ceux du foyer ordinaire, M. Dumery asupprimé en partie la grille horizontale duloyer et n’a conservé que les deux barreauxdu centre.

A chacun des deux rectangles formés parles barreaux restants et la paroi de briquedu cendrier, il a fait aboutir deux cornetscirculaires de section croissante à mesurequ’ils avancent vers le foyer et ayant une deleurs ouvertures à l’intérieur du foyer et l’au-tre à l’extérieur de la maçonnerie.

On introduit le combustible par la petitesection de l’extérieur, et c’est dans la plusgrande, vers le foyer, que tout brûle. Lapartie intérieure du cornet est percée de fen-tes qui permettent l’arrivée de l’air atmo-sphérique; deux pistons presscurs courbes,placés des deux côtés du foyer et conduitspar une manivelle et des engrenages, s’en-gagent dans la partie extérieure des courbeset poussent le combustible à mesure quela combustion l’exige Un fort bâti en fonte relie toutle système d’une manière invariable, et permet de leplacer sou3 un générateur quelconque.

Pour allumer le foyer on remplit les courbes decombustible jusqu’à la naissance des fentes. On placepar-dessus un lit de coke éteint à la fin du service dela veille et des bûchettes en bois qu’on allume par lehaut. Le coke embrasé échauffe et enflamme la houille ;l’hydrogène carboné qu'elle dégage, prenant naissanceen un lieu porté à la plus haute température et trou-vant de l’air pur, se brûle complètement.

Le combustible est introduit sans peine de l’extérieurpar l’action des pistons, sans interrompre le travail dufeu, même pour les nettoyages, puisque les scoriesfondues se retirent à la partie supérieure du foyer.

Pour éteindre le fou, on enlève séparément, aumoyen des portes, la houille fraîche et le coke incan-descent que l'on étouffe pour servir à l'allumage dulendemain.

Ainsi la houille en contact avec la chaleur par unede ses surfaces ne se distille que d’un côté. L’air fraisqui avoisine la grille où repose le charbon froid s’infiltredans le foyer par faction du tirage.

Le mélange d’air pur en abondance et de gaz com-bustibles naissants s’enflamme au contact de la coucheincandescente qu’il traverse, et le développement de laflamme s’opère au-dessus d’une couche de combustibleen ignition. Enfin, aucun charbon frais ne peut inter-cepter le rayonnement du combustible vers la chau-dière.

La combustion se règle à volonté en couches mincesou épaisses, et la porte du foyer ne s’ouwc plus pourdes chargements réitérés, mais seulement toutes lestrois ou quatre heures pour enlever les scories.

Les chauffeurs ne souffrent plus du rayonnement dufoyer par la porte, les nettoyages du foyer sont très-faciles et les barreaux de grille durent plus longtemps ;la puissance des générateurs est considérablementaugmentée par cet appareil, la quantité de houillebrûlée par heure pouvant varier de 1 à 6.

Enfin on obtient une combustion complète de lafumée.

FUMÉE.

Ce système, dont nous donnons une coupe (fig. 3530),est déjà appliqué à un certain nombre de foyers in-dustriels. A la gare de l’Est on l’a soumis à des expé-riences comparatives avec un foyer ordinaire en em-ployant deux chaudières toutes semblables, pour ar-

3530.

river à constater le rendement des deux systèmes envapeur.

Le foyer Dumery a brûlé par heure GO, 80. 100 et120 kilog. de houille de Sarrehruck, en tout-venant,sans une trace de fumée; au-dessus de 120 kilog., lacombustion languissait; mais avec des gaillettes on l'aportée à 150 kilog. sans une trace de fumée. Le foyerordinaire, à surface égale, a brûlé jusqu’à 98 kilog. detout-venant et 103 de gaillettes.

Ces deux foyers étaient établis pour 40 kilog. àl'heure ; le foyer ordinaire n’a donc pas pu dépasserdeux fois et demie sa consommation de règle ; le foyerDumery est allé à près de quatre fois. C’est un grandavantage dans les usines

Et, chose remarquable, le rendement en vapeur aaugmenté avec la quantité brûlée à l’heure.

Avec 80 kilog. brûlés à l’heure, le rendement de va-peur a été de. 5,35

Avec 100 kilog. 5,80

Avec 120 kilog. 6,il

Quant au produit du mètre carré de chaudière envapeur, qui est de 6 kilog. 2 par mètre carré de chau-dières de Cornouailles , nos meilleurs constructeurs demachines fixes vont de 6 à 10. Les auteurs estimésdonnent de 15 à 20 kilog. comme une bonne proportion.M. Nozo, ingénieur au chemin du Nord, a fait produire27 kilog. 5 à une locomotive ; les chaudières tubulairesde M. Molinos avec une double insufflation d’air ren-flent 31 kilog. par mètre carré. Le foyer Dumcrv atteint41 kilog. 0G avec du tout-venant et 51 kilog. 75 avecde la gaiîlette, et l’économie réalisée enfin parle foyerest de 22 p. 100, à produit égal de vapeur.

Enfin, ajoutons qu'avec de la houille de Sarrehrucket le foyer ordinaire consommant de G() kilog. parheure, la fumée a duré 0,67 du temps total de la com-bustion. Avec VI2 kilog., au maximum, elle a duré 0,87du temps.

Les foyers de M. Dumery, au contraire, brûlentcomplètement la fumée même des houilles les plusgrasses. Ce sont les seuls à notre connaissance quiréalisent complètement ce résultat.

La faculté de pouvoir augmenter beaucoup la con-