HÉLICE.
l’idée d’origine anglaise de la machine dont nous allonsdonner une description. L’appareil fut construit à Paris et fonctionna à Puteaux chez MM. Bernoville, Larson-mer et Chesnet. On doit croire que les essais lurentpeu heureux, ou tout au moins que la machine con-struite sur les indications, de M. Schultz était bien im-parfaite, car le procédé de gravure qu’elle réalise ne futpas apprécié à Mulhouse dans les quelques ateliers oùon tenta de l’introduire.
MM. llcilmann frères ont repris les essais qui jus-qu’alors avaient été infructueux, et c’est à leur constantepersévérance, à leur étude approfondie du procédé qu’ondoit la réalisation d’tin système dont les résultats sontextrêmement remarquables. Voici en quoi il consiste :
Une mortaiseuse à pédale-donne le mouvement à unoutil tranchant de forme quelconque, mais répondantù un détail du dessin voulu. Les dimensions de cettemortaiseuse sont plus réduites encore que celles de laphts petite des machines analogues usitées dans lesateliers de construction ; cependant le6 dispositions es-sentielles sont les mêmes. Un tube à deux brancheslance constamment deux jets de gaz convergents dansla direction de l’outil qui, sous l’action de la flamme,s’échauffe rapidement pendant sa marche. Le bois des-siné qu’il s’agit de graver en creux est conduit à lamain et reçoit l’action de l’outil. Échauffé à une tem-pérature déterminée, celui-ci pénètre le bois à uneprofondeur constante en le brûlant, et produit ainsi uncreux dont les contours ont une netteté et une régula-rité remarquables. On arrive, de la sorte, à produire,en deux ou trois jours au plus, une planche ou unematrice qui exigeait souvent un mois dans le systèmedu bois avec cuivre implantés en relief, et une semaineau moins avec la méthode do gravure en creux parcompression du bois.
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Le Lois soumis au travail de la mortaiseuse doit êtrepréparé d’une façon spéciale, dans le but d’empêcherles fendillements sous l’action de l’outil brûleur et dela flamme du gaz. On prend ordinairement du tilleulde choix, et la préparation consiste dans une mise aufour conduite avec les plus grands soins.
Les matrices obtenues à la mortaiseuse servent à laproduction de clichés qu’on obtient en coulant danscette matrice en bois un métal dont voici la composi-tion :
Zinc. 1/3
Antimoine. 1/20 du tout.
Cet alliage, qui doit au zinc et à l’antimoine unedureté très-convenable, donne des empreintes d’unegrande finesse.
Le bois brûlé en creux est recouvert et comprimépar un bois dressé muni d’une série de rainures, les-quelles sont destinées à distribuer le métal liquideet communiquent avec un«oritice ou jet principal quireçoit l’alliage en fusion.
Les clichés ainsi obtenus, après avoir été assembléset fixés sur un bois pour former la planche d’impres-sion, doivent être soumis à un dernier travail qui estle rabotage. Pour cela, on verse sur la planche de lucolophane en fusion qui remplit toutes les parties creu-ses du cliché d'assemblage. Ainsi garnie, la plancheest soumise à l’action d’une machine à raboter.
La colophane ayant été dissoute ensuite par l’essencede térébentinc, la planche est prête à fonctionner; elleexige à peine une révision et un travail de grattoirvertical à la main pour faire disparaître quelques im-jKrfections de détail.
Il
IIÉLICE. Les grands avantages qu’a présentés l’em-ploi de l’hélice dans la navigation à vapeur, de cet opé-rateur entièrement plongé dans le fluide, ont fait del’étude des formesles plus convenables adonner à l’héliceune des plus intéressantes questions qu’on puisse se pro-poser. Ajoutons que c’est une des plus difficiles parsuite du petit nombre de données dont on dispose, parl’ignorance où nous sommes de la manière dont l’eause comporte sur les palettes de l’hélice; comment seproduit l’entraînement croissant avec la vitesse, com-ment l’eau arrive par le centre du propulseur et s’écoule,eau déjà animée de vitesses variables en raison de soncheminement le long des façons arrière du navire.
Les résultats d’expériences tentées en modifiant lesformes et dimensions de l’hélice sous l’influence desnotions fondamentales admises généralement sur la ré-sistance des fluides, en cherchant, par exemple, à faci-liter l’entrée et à diriger la sortie de l’eau, ont toute-fois fourni des éléments importants qui, s’ils ne per-mettent pas de fixer, pour chaque cas, la forme, lesdimensions et les vitesses les plus convenables, permet-tent cependant d’en approcher et d’arriver dans la pra-tique à des résultats satisfaisants.
L’hélice, dans sa donnée première, est une vis à unou plusieurs filets, qui, mue dans l’eau avec rapidité,trouve dans l’inertie de celle-ci une résistance analogueà celle qu’elle trouverait dans un écrou métallique ; d’oùrésulte la progression, le mouvement en avant du na-vire qui la porte. Lu condition essentielle de l’emploi
f de l’hélice est donc une vitesse assez grande pour que| l’eau résiste, malgré l’extrême mobilité de ses molé-: cules ; et comme d’ailleurs elle communique nécessai-rement une vitesse aux molécules liquides qui choquéesne peuvent rester immobiles, il est bien clair que toutela vitesse imprimée dans le plan perpendiculaire àl’axe do l’hélice correspond à un travail consomméinutilement pour la propulsion, tandis que toute celleparallèle au mouvement du navire est utilisée, en cesens qu’elle est la réaction qui correspond à l’impul-sion communiquée au corps flottant
Comme c’est évidemment par suite de rinelinaisonde son plan incliné autour de l’axe que l’hélice opère,que la régularité de cette inclinaison, tout à fait logiquequand il s’agit d’une vis dont les filets doivent se suc-céder dans le même chemin, n’a plus de raison d’êtrelorsque l’action doit se produire à diverses distances del’axe sur de l’eau animée de vitesses différentes, on enest venu à adopter des surfaces hélicoïdales diverse-ment inclinées, et à remplacer l’hélice par des paletteshélicoïdales séparées, laissant par suite une entrée plusfacile à l’eau qu’un filet continu.
Passons en revue les éléments de l’hélice et les ré-sultats de l’emploi des principaux systèmes , savoir :le nombre des bras, le diamètre et la longueur, la sur-face agissante des palettes, le pas, le recul et la forcemotrice utilisée. Nous mettrons à profit, pour l’évalua-tion de l’influence de ccs divers éléments, d’intéres-santes expériences dont M. Taurines, l’ingénieux in-