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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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GRAVURE EN RELIEF.

GRAVURE AU GAZ.

et exigeait bien des recherches avant de pouvoir par-venir aux résultats dont nous venons de parler. Quel-ques mots suffiront pour faire comprendre ce principe :

Qu’on suppose encré, avec une encre suffisammentgrasse, le dessin lithographié ou gravé sur pierre qu’ils’agit de reproduire, llien ne sera plus facile que d’enprendre une épreuve sur du papier à report ; et cetteépreuve ainsi préparée, étant appliquée, avant d’êtreliicn sécliée, sur une planche de zinc bien poncée, bienpolie, pourra fournir, sur ce métal, une contre-épreuveaussi pure que le dessin sur pierre. Pour obtenir cedessin en relief, il s’agira donc de faire mordre toutesles parties du zinc qui n’auront pas été recouvertes parl'encre de la contre-épreuve. Or c’est précisément danscette opération que gît toute la difficulté ; car l’encrcd’imprimerie, par elle-même n’offre que bien peu derésistance à l’action des acides, et surtout d’acides assezénergiques pour fournir les reliefs nécessaires pourl’impression typographique. On pourrait croire qu’enménageant les morsures et en les faisant successivementon pourrait, jusqu’à un certain point, résoudre cettedifficulté; mais le problème est infiniment plus com-plexe, car le degré de ces morsures devant être diffé-rent, suivant les teintes du dessin, il faut nécessai-rement mettre à l’abri les parties suffisamment prépa-rées après chaque opération. Voici comment s’y prendM. Gillot pour obtenir ce résultat :

D’abord, pour donner plus de résistance à l’encre dureport, il saupoudre sa planche de fleur de résine qu’ilétend délicatement sur le dessin avec un blaireau ;après quoi, il place la planche dans la cuve de gutta-percha où doit se faire le mordançage.

Cette cuve doit avoir une disposition particulière, enraison du mouvement continuel qu’on est obligé dedonner au liquide acidulé pour empêcher la stagnationde3 sels formés par l’acide et le zinc, et pour qu’il puisseréagir d’une manière nette et uniforme sur la planche.Cette cuve est disposée en bascule et pivote sur deuxcoussinets fixés sur le bâti qui la supporte, comme cellesemployées pour la gravure des rouleaux destinés à l’im-pression des tissus.

Le liquide acidulé qu’emploie M. Gillot n’est autrechose que de l’eau acidulée avec de l’acide nitrique. Celiquide doit être essayé à chaque opération, au moyend’une pierre lithographique sur laquelle on jette quel-ques gouttes. Par le dégagement, plus ou moins rapide,des huiles de gaz acide carbonique qui se trouvent alorsformées, il est facile de juger du degré de force duliquide.

On commence d’abord par une morsure très-légère,et cette morsure est destinée à attaquer seulement lespetites parties blanches qui existent dans les teintes lesplus foncées. Pour la faire, ou fait basculer successive-ment la cuve pendant un temps plus ou moins long, eton achève l’extraction des sels formés par l’action del’acide nitrique au moyen d’un blaireau. Ordinairementcette première morsure exige un quart d’heure environ.Quand on a jugé la morsure de ces parties claires desteintes foncées suffisante, on retire la planche de la cuve,on l’essuie, puis on la sèche et on la place au-dessusd’un gril échauffé en dessous au moyen de poussier decharbon enflammé, qu’on a soin de répartir égalementsous de la cendre chaude. Sous l’influence decetéchauf-fement, la légère couche de résine répandue sur le dessinse fond doucement, ainsi que l’enere, et se déverse danstoutes les petites cavités formées par cette premièremorsure. Toutefois, comme cette couche n’est un peuépaisse que sur les noirs vifs et les teintes très-foncées,ce premier échauffement ne bouche que les petits pointsclairs qui se trouvent an milieu de ces teintes. Aussitôtque eet effet est produit, la planche est retirée de dessusle gril et refroidie a Pair libre: après quoi, on l’encreparfaitement avec le rouleau lithographique, comme si

on devait en tirer une épreuve. On recommence en- ïsuite à la saupoudrer de fleur de résine pour la mettreen état de subir une nouvelle préparation.

Cette nouvelle préparation doit attaquer les teintesun peu moins foncées du dessin, et en conséquence elledoit être un peu plus énergique. L’opération, d’ailleurs,se conduit exactement comme la première fois; seule-ment le degré d’échauffement de la plaque, quand elleest placée sur le gril, doit être un peu plus élevé ; et,comme le dessin lui-même .est plus chargé d’encre etde résine, la fusion delà couche s’étend davantage, cequi bouche des cavités ménagées dans la première opé-ration.

Après avoir de nouveau encré le dessin et l’avoirsaupoudx'é, pour la troisième fois, de fleur de résine, oncommencelatroisième morsure, qui provoque un nouveléchauffement de la plaque, puis une nouvelle fusion dela couche protectrice, et on commence de la même ma-nière quatre, cinq, six, sept morsures, jusqu’à ce quele dessin ne présente plus qu’une masse noire uniforme,sans distinction de demi-teintes. Alors on prépare laplanche avec de l’eau acidulée très-fortement (une partied’acide sur douze d’eau) qui creuse définitivement lesparties complètement blanches. Cette dernière prépa-ration se lait toute seule et dure trois quarts d’heure.

Quand les blancs occupent sur le dessin une surfaceun peu large, on les recouvre de gomme laque liquideavant la première opération, afin de maintenir da-vantage la force de Lucide et de donner du soutien aurouleau typographique, lorsqu’on encre la plancheaprès chaque morsure. On découpe ensuite ces partiesà la scie, avant d’appliquer sur bois la plaque de zincqui est devenue un cliché.

Maintenant on comprendra quel soin il faut apporterà l’action du mordant pour que toutes les lignes déli-cates^ les teintes faibles et les parties fines d’un dessinsoient suffisamment ménagées, et c’est en cela surtoutque M. Gillot a fait preuve d’une habileté rare.

C’est surtout à la reproduction des cartes géogra-phiques en relief, dont la gravure sur bois est longue,difficile et coûteuse, que ce procédé a été appliqué avecsuccès; il a fourni, dans quelques cas, des résultatsassez remarquables.

GRAA r URE AU GAZ. Nous avons expliqué à l’ar-ticle GRAVURE et IMPRESSION SUR ÉTOFFES les divers Iprocédés employés pour la confection des planchesen relief employées pour l’impression. Nous avonsfait apprécier les grands avantages de l’introductiondes clichés pour multiplier les sujets qui se répètentdans un dessin et pour obtenir une production rapideet économique, en remplaçant les petites planches pardes planches de grande étendue pouvant se monter surdes perrotincs ou machines analogues. Nous décrironsici des perfectionnements apportés aux procédés defabrication des matrices en bois debout, qui permettentd’obtenir de très-élégants produits, avec une dépenserelativement minime.

On a d’abord imaginé d’exécuter les matrices onbois debout, par le refoulement des fibres à l’aide d’unesérie d’outils enfoncés à la main, chacun d’eux représentant un détail de dessin à reproduire. Si ce modopermet de produire un plus grand nombre de planches,avec une somme moindre d’adresse personnelle, puisquel’habileté du graveur est concentrée sur la productiondes outils partiels ou matrices, il laisse encore le suc-cès du travail à la merci de l’habileté manuelle des ou-vriers chargés de manœuvrer ces outils compresseurs,et la durée d’exécution reste encore considérable. Oncomprend que les matrices ainsi obtenues servent demoules pour la production d’un cliché en métal.

L’art de la gravure des planches d’impression destissus était arrivé à ce point lorsque, vers i849,

M. Schultz, dessinateur de Paris, importa en France