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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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HUILE DE SCHISTE.

HUILE DE SCHISTE,

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puisse comporter la richesse des couches à exploiter.Cette machine sera généralement à deux cylindres ac-couplés, ce qui, en évitant les points morts et dispen-sant d’un volant, permet de faire avec une grande fa-cilité toutes les manoeuvres de changement de marchenécessaires.

Les cylindres pourront d’ailleurs ctre fixes ou os-cillants, verticaux ou horizontaux; mais les cylindresfixes et horizontaux, faciles à établir dans d’excellentesconditions de stabilité, obtiendront souvent la préfé-rence, surtout quand les machines ne devront pas êtretrès-puissantes.

La manœuvre de changement de marche se feratrès convenablement au moyen de la coulisse bte-phenson.

Dans les très-grandes machines, on pourra avoir unpetit cheval pour le jeu de cette coulisse.

Les deux bielles attaqueront directement l’arbre destambours ou bobines, ce qui, en supprimant des engrenages, simplifie tout le système et évite des chancesd’accident.

k Les tambours, ou bien un volant léger placé sur lemême arbre, recevront un frein puissant qui fonction-nera par la pression meme de la vapeur, admise aumoyen d’un robinet placé à la portée du machiniste.Enfin, ces tambours seront disposés poiu des cablesplats de préférence à des cables ronds, qui, à résis-tance égale, sont moins flexibles cn ont moins dedurée.

Ces cables, pour des puits profonds pourront être àsection décroissante, depuis le point (l’attache sur labobine jusqu’à l’antre extrémité, afin d’obtenir une ré-sistance proportionnée à la charge dans les différentspoints, avec le moins de poids et de matière possible.

En second lieu , on établira un système de cages con-venablement guidées pour recevoir les wagons venantdes tailles. On peut dire d’une manière générale quece système devra être employé à l’exclusion des ton-nes sur tous les puits où une circonstance particu-lière, telle qu’une section imjuffbante du puits, ne lerendra pas absolument impossible; enfin, comme com-plément utile dans tous les cas, et principalementlorsque les cages doivent servir à l’entrée et à la sortiedes ouvriers, on emploiera des dispositions propres àarrêter les cages dan3 le puits si le cable vient à serompre. (Voy. parachute.)

IIUILE DE SCHISTE. L’industrie des huiles deschiste n’est pas nouvelle : dès 1823, M. Bergounîoux,de Clermont-Ferrand , avait pensé à obtenir diversproduits par la calcination, en vases clos, des schistesbitumineux dont un gisement assez considérable existeaux mines de Menât, dans le même département : ilen rôtirait un charbon décolorant, des liquides ammo-niacaux, des corps gras; mais son attention s’étaitsurtout arrêtée sur les deux premières substances; ilne pressentait pas encore comment on pourrait tirerparti des produits huileux.

En 1824, MM. Chervau frères, de Dijon , ont pris unbrevet d’invention pour un procédé propre à extraire,par la distillation des roches qui en contiennent , unliquide propre aux arts, et spécialement à l’éclairage,à la composition du vernis et à la production du gazhydrogène.

MM. Chervau avaient principalement pour but,dans leur description, le traitement des schistes bitu-mineux de ^anne-et-Loirc, et, tout en indiquant lapossibilité de l’emploi direct de ces huiles à l’éclairage,ils ne donnent aucune notion sur les moyens de lespréparer, do manière à ce qu’on puisse en obtenir unecombustion convenable.

Les travaux de leur usine n'avaient- cependant riende stable, et ce ne fut qu’en I827 que le petit bourgd’Igornav, aux environs d’Autun , vit établir la pre-

mière usine dans laquelle on procédât régulièrement &l’extraction de l’huile de schiste.

En 1832, MM. Blum et Moneuse, dans cet établisse-ment, commencèrent à opérer la séparation des diversproduits oléagineux qu’ils obtenaient, à l’état de mé-lange, par une première distillation à laquelle ils sou-mettaient la matière brute ; leurs procédés d’épuration,consignés dans leur brevet du 17 novembre de cettemême aimée, tout imparfaits qu’ils soient, ont néan-moins servi de base à la plupart des procédés employésdepuis cette époque, à laquelle on peut faire remonterla pensée de faire servir les liquides extraits h l’éclai-rage direct.

Leurs essais industriels sont loin d’avoir été cou-ronnés d’un succès immédiat, et M. Scîligue, qui devintplus tard possesseur des usines de MM. Blum et Mo-neuse, dans les environs d’Autun , ne parvint pas desuite à faire brûler ces huiles dans des lampes.

Autun est encore le siège principal de cette in-dustrie, et, avant de jçtcr un coup d’œil sur lesmoyens qu’elle met en œuvre, il ne sera pas inutilede nous arrêter un instant sur la matière premièreelle-même.

La pierre de laquelle on retire Tliuile, à Autun , estun schiste presque noir, assez pesant, dont la plupartdes échantillons se réduisent assez facilement en pla-ques minces, surtout lorsqu’ils ont été exposés pendantquelque temps aux influences atmosphériques.

Cette pierre ressemblerait à l’ardoise, si elle étaitmoins noire et plus légère; mais elle est d’une for-mation géologique beaucoup plus récente ; elle accom-pagne, ou plutôt elle se trouve superposée aux houilles■ de qualité soient médiocre que renferme ccttc localité.

L’abondance en est très-grande à Autun , et il n’estpas un des nombreux cours d’eau qui s’échappent des-montagnes voisines qui n’en rencontre quelque gise-ment sur son passage, et qui n’en charrie les débris àde grandes distance,* ; leur inaltérabilité est telle que rmême dans l’eau, les parcelles les plus minimes se con-servent intactes pendant de longues années. Les gise-ments jusqu’ici reconnus et exploités sont superficiels,souvent d’une grande puissance en profondeur, etjusqu’à vingt »»u trente mètres.

Le délit do cette roche est parfaitement marqué, etcomme elle résiste plus facilement que les roches en-vironnantes, c’est chose assez curieuse que de voir degrands espaces presque entièrement dallés avec cettepierre noire en grandes plaques, présentant souventune inclinaison assez faible.

Cette matière si inaltérable malgré son peu dedureté, et cette inaltérabilité qui, sans doute, est dueaux matières bitumineuses qui enlrent dans sa com-position, est encore très-remarquable à d’autres titres;elle renferme peu d’empreintes végétales, alors que lesschistes houillcrs proprement dits en sont pour ainsidire remplis, et offre au contraire une multitude d’em-preintes de poissons la plupart du temps représentespar des écailles disséminées; mais souvent aussi etdans quelques gisements surtout ces poissons sont en-tiers, avec leur queue et leurs nageoires; rien n’estdéformé, si ce n’est la tête dont les éléments sont, laplupart du temps, méconnaissables.

Dans un chemin creux, voisin d’Igornay, à Mure,on ne trouve, pour ainsi dire, que du schiste, et l’onn’en saurait briser un morceau sans y rencontrer uneempreinte animale.

On ne peut douter cependant que cette formationschisteuse ne soit presque contemporaine de la forma-tion houillère, car des schistes semblables existent, enpetite quantité il est vrai, au toit de l’une des couchesde la houillère d’Kpinac, et, dans la houille commedans le schiste, on retrouve ce fer carbonate en ro-gnons, dit minerai de fer des houillères qui est si rave