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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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ÎIUII.E DE SCHISTE

HUILE 1)E SCHISTE.

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commerce, a encore une odeur empyroumatique assezdésagréable, beaucoup moins cependant que les hydro-carbures de la bouille, qui entrent à l’état de mélangeavec l’alcool et l’essence de térébenthine dans ce liquideconnu sous le nom d’hydrogène liquide, dont l'emploin’est pas sans danger ; l’huile de schiste ne présentepas les mêmes dangers d’inflammation, et l’on ne sau-rait meme parvenir à l’allumer par l’approche d’un corpsen ignition, si elle n’était disséminée comme dans lamèche d’une lampe.

Nous ne saurions attacher une grande importaneeauxprocédés par lesquels on prétend enlever complètementl’odeur de l’huile de schiste; ceux dont.nous avons puexaminer les résultats consistent plutôt en des moyensde déguiser cette odeur qu’en opérations dont la véri-table industrie puisse tirer un parti utile Distinguonstoutefois : il n’arrive que trop souvent que les huilesprovenant d’un premier traitement mal conduit, et ob-tenues à une température trop élevée, sont chargées«l’une odeur étrangère assez analogue à l’odeur de lacréosote, et qui n’est pas leur odeur essentielle propre( vov. hydrocarbures). Cette odeur étrangère, il fautattacher le plus grand prix à ne pas la produire, et l’onconçoit qu’il soit meme possible de s'en débarrasser;quant à l’odeur propre de l’huile de schiste, on ne sau-rait l’enlever qu’en dénaturant l’huile elle-même,qu’en la transformant en un autre hydrocarbure moinsodorant; mais ces produits sont si fugaces, ils se trans-forment si facilement en d’autres produits du memegenre, qu’il vaut mieux, quant à présent du moins, nepas s’exposer à des déceptions pour réaliser une amé-lioration importante sans doute, mais en l’absence delaquelle l’huile n’en est pas moins assez recherchéepour que tous les produits soient facilement vendusaussitôt qu’ils sont fabriqués.

On ne pourra compter sur des améliorations sérieusesà cet égard que quan-l les procédés d’extraction serontassurés d’une température parfaitement régulière danstoute la masse soumise à la distillation ; c’est en effetcette constance de température qui est par-dessus toutdésirable, car c’est là l’élément dominant pour extrairetel ou tel hydrocarbure, et si la température était par-faitement égale, on pourrait peut-être obtenir exclu-sivement celui d’entre eux qui aurait le moins d’odeur;l’emploi de la vapeur d’eau surchauffée réalisera sansdoute à ce point de vue une amélioration considérable,car elle est le moyen le plus assuré de régler parfai-tement la température de production qui, dans lesfoyers ordinaires, est variable suivant le plus ou moinsd’activité du feu, et qui ne saurait jamais se commu-niquer suffisamment jusqu’au centre, pour que toute lamasse soit également chaude. La fabrication par la va-peur surchauffée a été, en effet, montée avec succès àAutun .

Les essences, comme on sait, se prêtent difficilementà une combustion complète : leur richesse en carbonefait qu’elles fument facilement, et elles seraient, sousce rapport, essentiellement propres à fabriquer du noirde fumée; aussi faut-il prendre quelques précautions deplus qu’avez le colza; pour que chaque lampe n’en soitpas une petite usine, il faut, do toute nécessité, fairearriver l’air plus régulièrement et en plus grandeabondance autour de la flamme.

Aussi les dispositifs de tous les constructeurs delampes ont-ils eu pour but de satisfaire à cette condi-tion Il va sans dire que la lampe à double courantd’air, la lampe d’Argant. a dû être le point de départcommun de tous ccs dispositifs ; car, dans celte lampe,l’air arrivant à l’extérieur de la flamme, et aussi à soncentre par un conduit spécial que la mèche entoure, laflamme se trouve on quelque sorte emprisonnée entredeux lames d’air, dont l’oxygène agit sur toutes lesparties volatiles qui se sont dégagées dans la première

action d’une haute température sur le liquide, qui ar-rive incessamment à la mèche; la cheminée en verre,dont la flamme e>t coiffée, a pour objet tout à la foisde maintenir ce contact en empêchant les produits de lacombustion de s’éparpiller, et d’activer le courant d’air,de telle sorte que l’oxygène soit toujours en excès.

Dans les lampes destinées à brûler l’huile de schiste,ccs précautions ne sont pas encore suffisantes; il fautque le courant d’air soit plus abondant ; il faut que lemélange «le l’oxygène ou de l’air atmosphérique avecles prodifts gazeux soit plus intime. A cet effet, on aproposé diveives dispositions : ici c’est le verre qui estplus rétréci au-dessus de la flamme pour que le cou-rant d’air soit plus rapide, condition qui ne peut êtreréalisée, toutefois, sans augmenter assez notablementla consommation des verres qui se brisent; là c’est lacheminée qui n’est rétrécie brusquement qu’un peuau-dessus de la flamme pour revenir ensuite à des di-mensions ordinaires : mais c’est un grand inconvénientque d'être obligé d’avoir des verres spéciaux qu’il n’estpas possible de se procurer partout, et que cette es-pèce d’étranglement ne contribue pas, du reste, à fairedurer davantage. Tels sont les principaux moyens quiont plus particulièrement une action directe sur l’airextérieur à la flamme : lorsqu’on veut rendre plus efii-cace celui qui arrive par le tuyau central, on garnitcette ouverture d’un petit disque métallique main-tenu au milieu de la flamme (voy. éclairage). L’airaffluent le rencontre, est obligé de le contourner, et semêle, par conséquent, d’une manière parfaite avec lesproduits de la combustion. Ce moyen est le plus pra-tique, il n’exige pas de verres spéciaux.

Si, dans les dispositions du bec, les lampes à huilede schiste exigent quelques précautions spéciales, clicssont, d’un autre côté, bien favorisées sons le rapportde l’alimentation. Ces huiles s’élèvent avec une très-grande facilité «‘ans la mèche, que l’on choisit, dureste, assez épaisse, par l’effet de la capillarité, et cetteaol ion est parfaitement suffisante pour fournir, pendanttoute la combustion, une alimentation régulière, sansmécanisme, et sans l’emploi de ces ingénieuses dispo-sitions qui ont été mises à profit dans les lampes à ni-veau constant. Une différence de niveau de 10 centi-mètres, dans le réservoir, n’est pas appréciable aupoint de vue de la flamme, eu telle sorte que ricr.n’empêche de se servir d’un réservoir inférieur, et parconséquent d’employer des lampes dont Informe exté-rieure est tout à fait semblable à celles des lampes(’arcel, mais elles sont privées de tout mécanisme •leur simplité est extrême, et jamais le liquide qu’ellessont destinées à brûler ne saurait contribuer, comme*les huiles ordinaires, à les salir.

Le seul inconvénient que ces lampes présentent,c’est l'odeur même du liquide, qui n’est pas appréciablependant la combustion, mais qui ne laisse pas qued être très-grande lorsque la lampe ne brûle pas, et sur-tout lorsquel’on doit renouveler le liquide ou la mèche.

Le premier de ces inconvénients, tout futile qu’il pa-raisse, est peut-être le plus important; dans la plupartdes petits ménages la lampe est un objet d’ornement,et combien de gens se refuseront à payer une lampeassez cher si, pendant la journée, ils n’en peuvent faireparade !

Quant au service du nettoyage de chaque jour, iln'a pas, à nos yeux, la même importance; l’huile do-colza, telle qu’on la trouve dans le commerce, ayantaussi une odeur plus désagréable peut-être et pluspersistante. Il est vrai que cette odeur ne lui est paspropre, et qu’elle provient de son mélange avec dol’huile de baleine, quelquefois, suivant les prix relatifsde ces deux substances, dans la proportion de 70 pour100. D'ailleurs les dérangements de mécanisme, lanécessité fréquente d’un uettoyage à la potasse par lo