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IIUII.E DE SCHISTE.
HUILE DE SCHISTE.
ouverture», de manière à éviter toute déperdition degaz : on y est arrivé cependant en employant pour cha-cune de ces ouvertures deux couvercles superposés entrelesquels on dispose une couche de terre glaise, d’unretrait aussi faible que possible, et en pressant ces cou-vercles l’un sur l’autre au moyen de brides et de vis depression, comme dans les cornues à gaz ordinaire. Onpeut ajouter encore à la sécurité que présentent ces clô-tures, en rendant un peu conique à l’intérieur la tubu-lure qui reçoit les couvercles, de sorte qu’à mesure (piela terre se dessèche et que la plaque qu'elle forme serétrécit, les vis de pression la font parvenir à des lar-geurs d’ouvertures successivement plus petites Ce modede clôture, étant parfaitement efficace, pourra recevoirplus d’une application, et l'on va comprendre commeil sc prête à la facilité du renouvellement des opé-rations.
Quand la distillation est terminée, ce que l'on recon-naît à la petite quantité de liquide qui vient se con-denser dans les barillets, on enlève les couvercles infé-rieurs qui sont en dehors de la maçonnerie et qui sontplacés sur des tubulures qui débouchent toutes sousune petite voûte qui traverse le fourneau au-dessousdes cornues : une petite voiture en tôle reçoit les résidussolides de la distillation qui tombent par l’ouverture,et s’il arrive que, par suite du tassement, il en restedans la cornue, on les fait tomber facilement avec unringard.
Aussitôt qu’une cornue est déchargée, la voiture part,et l’ouvrier qui a suivi cette opération la referme commeprécédemment, en replaçant les couvercles, la terre,ainsi que la bride et la vis qui servent à presser tout cesystème de clôture.
Un signal convenu avertit les ouvriers placés sur lefourneau que tout est remis en place.: ils enlèventalors les couvercles supérieurs en desserrant la vis eten les ébranlant ; s’il arrive que de légers chocs ne suf-fisent pas, on les mouille un peu avec de l’eau froide, ilsse contractent par le froid et sc détachent aussitôt. Desmanœuvres sont là tout prêts à engouffrer, dans lacornue ouverte, le schiste cassé nécessaire pour la rem-plir dans ses différents compartiments; ce remplissagesc fait en un instant, et, les couvercles étant remis enplace, cette cornue travaille de nouveau, la double opé-ration du chargement et du déchargement n’ayant pasduré plus de dix minutes.
Comme les tuyaux d’amenée des vapeurs dans lesbarillets plongent toujours dans le liquide que ee< ba-rillets contiennent, les autres cornues continuent à dis-tiller pendant que l’on procède au rechargement del’autre : on effectue successivement la même opérationpour chaque cornue, et bientôt chacune d’elles envoyantson contingent dans les barillets dont le trop-plein sevide à l'extérieur, on voit par la grosseur du jet si l'opé-ration marche bien ou mal, si le feu est conduit conve-nablement.
Quant aux gaz non condensables, une sortie leur estménagée après qu’ils ont barboté dans le liquide desbarillets, et ils vont se perdre par un conduit inclinéqui traverse, pour plus de sûreté, un réservoir d’eaufroide, le réservoir même qui renouvelle constam-ment l’eau froide dans lequel les barillets sont plon-gé-
Trois produits différents sont donc obtenus : 1° lesrésidus solides de la distillation ; 2° les produitsliquidesqui, à cause de la différence des densités, sc séparentd’eux-mèmes en deux couches, rime inférieure, unique-ment formée d'eau ammoniacale; l’autre qui surnageest l'huile brute.
Cette huile brute est grasse au toucher, d’un vert olivelorsqu’on la voit par réflexion, d’un brun assez foncé ancontraire lorsqu’on la place entre l’œil et la lumière;peu de corps, dan* leur état naturel, présentent ce plié
nomène de double couleur d’une manière aussi marquée.Cette huile, c’est un mélange de plusieurs substancescontenant toutes beaucoup d’hydrogène et de carbone,qui la eomtituent en presque totalité ; ce sont, pouremployer le langage chimique, de véritables hydrocar-bure», comme la plupart des essences, comme le gazd’éclairage lui-même lorsqu’il e»t dans un très-grandétat de pureté.
Parmi ces hydrocarbures, les uns s’ils étaient isolés,seraient solides à la température ordinaire, comme cetteparafine dont nous avons déjà dit mi mot en passant;d’autres auraient la consistance du goudron, d’antrescelle de la graisse; d’autres enfin, et ce sont ccux-lasurtout qu’il faut isoler sans déperdition, sont de véri-tables essences d’une limpidité parfaite; il n’est aucunliquide usuel qu’on puisse leur comparer sous ce rap-port ; mais malheureusement aussi, comme les essences,ils ont une odeur souvent insupportable et qu’il fautautant (pie possible éviter.
La séparation de ces produits divers, qui, sous l’ac-tion de la chaleur, se transforment en d’autres produitsanalogues avec la plus grande facilité, ne laisse pas qued’être une opération délicate que l’action de l'air surcertains d’entre oux vient encore compliquer ; et cepen-dant c’est par des distillations successives, après quel-ques réactions préparatoires, que cette séparation a lieu,non pas sans doute d’une façon aussi économique qu’onpourrait le désirer, et non sans éprouver en partie quel-ques-unes de ces faciles tran»formations, mais enfind’une manière assez satisfaisante pour obtenir de 30 à-iO pour 100 de ce liquide dont la flamme est si belle etqui a d’abord appelé notre attention. Un peu d’acidesulfurique concentré, agité avec le liquide brut, sc pré-cipite ensuite avec le goudron et décolore beaucouptoute la masse, dont un hivage alcalin diminue encorela coloration Sans ces précautions indispensables, Jarectification s’opérerait mal ; les première» portions quisortiraient de l’alambic seraient encore d'une assezbelle nuance; mais une certaine quantité de goudron ou(l'huile résinifiable qui aurait été distillée en mêmetemps ne tarderait pas à se colorer sous l’action del'air, et ce liquide, parfaitement blanc aujourd’hui, re-prendrait de lui-même en peu de temps une teinte quipourrait aller jusqu’à celle d’un vin peu coloré. Quand,au contraire, les opérations préliminaires ont été* faitesavec soin et rapidité; quand surtout on a pris la pré-caution de no pas pousser les distillations trop loin,deux de ces distillations suffisent pour obtenir un li-quide parfait, et ces rectifications peuvent s’opérer àtrès-peu de frais dans un alambic ordinaire, dont le ser-vice n'exige pas meme une grande quantité d’eau froideautour du serpentin, parce que ces vapeurs d'essence,eu se condensant à l'état liquide, échauffent assezpeu les appareils, beaucoup moins, par exemple,que s’il s’agissait d’une égale quantité de vapeur d'eau.
A chaque distillation il reste un résidu plus ou moinsvisqueux que nous retrouverons dans les produits acces-soires : on donne le nom d'huile légère à celle qui estdestinée à l’éclairage dans les lampes.
Cette huile, en effet, ne doit pas peser plus de 800à 830 grammes par litre pour être d'un bon usage; sila distillation a été poussée plus loin, le produit con-tient toujours une portion d'huile résinifiable qui se ré-siniiie au contact de l'air, soit dans les vases qui le con-tiennent, soit même pendant la combustion ; et la résineainsi formée, quoiqu’on proportion très-minime, nepouvant se volatiser comme l'huile légère, imprègne lamèche, la durcit et lui fait bientôt perdre sa capilla-rité. en même temps que son extrémité sc carbonise,tandis qu'avec des huiles convenables ce dernier effetest très-peu marqué, et qu’une mèche pourrait servirplusieurs jours sans être rafraîchie.
L'huile, telle qu'elle sc trouve aujourd'hui dans le