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IMPRIMERIE.
IMPRIMERIE.
Le prinoipc sur lequel repose cette élégante machineperfectionnée de manière à devenir tout à fait automa-tique, trouve en ce moment une application extrêmementheureuse à l’impression typographique et au numéro-tage simultané des actions et obligations, titres si mul-tipliés aujourd’hui. En disposant dans l'intérieur d’unchâssis renfermant la composition à imprimer des bro-ches cylindriques, servant d’axes à des cylindres com-posés des dix chiffres gravés en relief ayant un dia-mètre exactement égal à la hauteur des types, on mul-tiplie , autant qu’on le désire, les nombres qu’il estnécessaire d’imprimer en une seule fois.
A ce châssis est adaptée une pièce qui reçoit un mou-vement de va -et-vient par chaque ouverture ou ferme-ture de la presse (comme le cliquet du système précé-dent), d’où résulte l’impulsion nécessaire pour que lapremière roue de chaque cylindre tourne par l'actiond’un cliquet agissant sur un rocliet monté sur le mêmeaxe, d’une unité à chaque fois. De plus, chaque cou-ronne de chiffres fait avancer la suivante d'une unitépour chaque tour, parla rencontre d’une broche qu’elleporte en un point et qui est refoulée lors de son pas-sage près du bras qui porte le cliquet dans un videpratiqué sur le plat de la roue, tandis qu’elle redevientsaillante aussitôt que cette action cesse par l'effet d’unressort h boudin qui entoure la broche. On voit que ledépart étant 000.000, par exemple, on aura successive-ment 000.001,000.002..., puis 000.010, OO'hOlt, etc.,la pénétration de la broche à travers la roue lui per-mettant d’agir une seule fois par tour complet de lapremière roue sur le rochet latéral de la seconde roue.Cet effet s'étend, par la rencontre des broches, à latroisième, à la quatrième, et, en général, à deux rouesconsécutives pour chaque rotation complète de la rouedes imités de l’ordre le moins élevé. On arrivera ainsià 1)99.99:1, c’est-à-dire 1 million avec 6 couronnes.
La réalisation de ce système a été longtemps arrê-tée par l’impossibilité de graver un aussi grand nom-bre de couronnes avec assez de précision pour quel’impression eût la netteté voulue. Le problème étaitévidemment du ressort de la fonderie en caractères ;c’est ce qu’a reconnu M. C. Dericy, l’esprit le plusinventif aussi bien que l’artiste le plus éminent de cetteindustrie; il a résolu le problème, en fondant ces cou-ronnes à l’aide d’un moule à pompe, les matrices de9dix signes étant disposées pour former un cylindre dontle rayon s’agrandit pour laisser sortir les chiffres formésdans chacune d’elles par une très-heureuse applica-tion du principe de la virole brisée.
Le système ainsi complété est destiné à faire dispa-raître toutes les tentatives de numérotage après l’im-pression qui ont été faites, qui ne peuvent donner laperfcctiou de l’impression à la presse et exigent entout cas une double impression et par suite une doubledépense.
M. Deriey a appliqué l’élément de ce système à lafabrication de timbres compteurs à main d’une grandesimplicité, qui augmentent leur chiffre d’une unité àchaque coup, et qui doivent trouver de nombreusesapplications dans le numérotage de pièces diverses, deregistres pour le commerce, pur exemple.
IMPRIMERIE EX TAILLE-DOUCE par procédémécanique. L’exposition de 1855 a montré un premieret audacieux essai pour exécuter l’impression en taille-douce par procédé mécanique. Nous citerons les parolesdu rapporteur sur cette invention évidemment insuffi-sante pour les gravures d’art, mais qui ne doit pasmoins rencontrer d’importantes et utiles applications.
« La machine exposée par M. Robert Neale, pourimprimer en taille-douce d’une manière continue par lavapeur, est une chose nouvelle dans l’art de l’impri-merie. Cette machine a été brevetée en Angleterre eujanvier I853. Elle consiste en deux chaînes sans fin,
auxquelles sont attachées une ou deux tat>Ies-itnprfe&~Rio». Les chaînes sont mises en mouvement par deuxrouleaux placés aux deux extrémités de la machine ;entre ces deux rouleaux s’en trouvent d’antres •inter-médiaires pour supporter la table-impression à l’en-droit où l’impression se fait. (Juand les chaînes sontmises en mouvement, leur partie supérieure met la pla-que gravée en contact avec un rouleau d’impression,tandis que la partie inférieure met la même plaque encontact avec des appareils à encrer, nettoyer et polir laplaque gravée. Ces dernières dispositions sont les plusimportantes de la machine ; nous allons les examiner :
«• 1° L’encrage consiste en une boîte et rouleau en-creur ordinaire avec un rouleau preneur,qui étend l’encrenon-seulement sur les parties gravées de la plaque,mais encore sur la plaque entière. Il s’agit alors d’en-lever l’encre qui se trouve sur la plaque, en y laissanttoutefois celle qui est sur la partie gravée. Cette opé-ration se fait par uu Manchet sans fin en cuir, qu'unrouleau met en contact avec la plaque, et qui a une vi-tesse supérieure à celle de la plaque gravée, d’où ilrésulte que" ce Manchet prend l’encre qui se trouve surladite plaque à l’exception de la partie creuse. Il y a,en outre, un râteau en fer qui enlève l’encre posée surle Manchet, de façon que ce dernier est toujours proprepour recevoir l’encre de la plaque gravée, le râteauétant combiné avec une boîte ou réservoir à encre, afnque l’encre superflue ne soit pas perdue ; 2° le polissagede la plaque gravée consiste en deux rouleaux en cuirmis en contact avec la plaque gravée, et ayant à leurcirconférence une vitesse supérieure à celle de cettedernière. Pour tenir la surface de ces rouleaux propre,ils sont, dans leur partie inférieure, mis en contact avecun long Manchet sans fin, en laine, animé d’un mou-vement continu ; pour maintenir ce Manchet dans unbon état, il y a un rouleau dans une boite contenantde la craie pilée qu’une brosse met sur le Manchet, re-prenant ensuite ce qu’il y a de superflu sans le rejeterdans la boîte.
« Le papier à imprimer est placé sur une table, et,au moyen des marges, au moment où la plaque gravéearrive par l’entraînement des chaînes, la feuille estposée sur la plaque et passée entre elle et le cylindrepour recevoir l’impression.
»« Le nettoyage et le polissage de la plaque gravée sefont d’une manière si parfaite, qu’on peut imprimeravec des plaques froides, tandis qu’on opère générale-ment avec des plaques chauffées, lorsque Pimpression rle nettoyage et l’encrage sont faits à la main. Si, danscertains cas, on juge convenable de chauffer les plaquesgravées, il existe dans la table-impression une dispo-sition qui permet d’introduire des fers chauds dansune partie creuse de cette table, et de la maintenirainsi au degré de chaleur que réclame ce cas partiel'lier.
« Plusieurs de ces machines fonctionnent déjà enAngleterre ; elles sont même d’une plus grande dimen-sion et plus parfaites que celle qui est à l'Exposition,notamment une dont les plaques sont de 30 sur 50 cen-timètres pour l’impression des timbres-poste chezMM. Perkins, Bacon et C» e , à Londres . Cette machin»produit 2,000 impressions par jour, y compris le tcmp.»perdu, c’est-à-dire environ 300 par heure. »
rression hydraulique. — M. J. Silbermann acombiné une application nouvelle de la pression desliquides pour obtenir la pression considérable nécessairepour l’impression en taille douce, qui parait avoir de l’a-venir. La surface supérieure delà presse est formée d’unepartie élastique remplie d’eau et recouverte de laine.L’eau communique par un petit tuyau avec une atmo-sphère d’air comprimé ou un réservoir supérieur.On peutdonc, en tournant un robinet, exercer immédiatementune pression très-considérable.