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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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INCRUSTATIONS.

Une très-élégante application de cc système est lapossibilité d’imprimer des surfaces de tonte forme, cequ’on ne sait pas faire aujourd’hui. Ainsi, une sphèrecreuse pourrait recevoir une pression à l’intérieur, àl’aide d’une boule de caoutchouc mise en communica-tion avec le réservoir. L'inventeur poursuit les appli-cations qu'il peut faire de son système h diverses in-dustries; nul doute qu’il n’arrive à d’intéressantsrésultats que font entrevoir scs premiers essais.

INCRUSTATIONS. Il y a peu à ajouter à l’expo-sition des principes et aux conclusions indiquées dansl'article ixcnuhTATiONS de M. Mallet pour les chau-dières h vapeur sur ferre. Toutes les fois notamment(et c’est le cas le plus général) que les incrustationstendent à être formées principalement de carbonate dochaux, elles conservent facilement, par l’emploi dematières convenables, la forme de boues non adhé-rentes. Une des compositions qui a eu le plus de succès.est la suivante due à M. Bevenot :

Sel marin.83

Sel de soude. 1 i

Extrait de tan sec. 3

100

La soude, en saturant les acides, le tan en précipi-tant fi l’état de tannate insoluble le fer notamment,assurent le bon usage de cette composition pour beau-coup d’eaux; car, il faut bien le répéter, ce n'est qu’a-près avoir fait l’analyse d’une eau d’alimentation, etsurtout des dépôts incrustants, qu’on peut déterminerla composition du mélange qui peut empêcher leurformation à l’état solide, leur adhérence à la chau-dière. C'est ainsi que l’emploi du chlorure de bariumS’introduit aujourd’hui avec succès dans l’industrie pourpurifier les eaux chargées de sulfate de chaux.

Chaudières marines. —Aucun travail analytique sé-rieux n’avait jamais été fait pour les incrustations siconsidérables et si fâcheuses qui se déposent dans leschaudières à vapeur alimentées avec l’eau salée ; et cen’est que dans ces derniers temps qu’il a été l’objet desrecherches de M. Cousté , directeur de la fabrique destabacs de Dieppe , qui a traité avec grand talent laquestion des incrustations marines, et a publié, dansles Annales des mines, le résultat de ses travaux. Cequ’il a trouvé de plus saillant, c’est que le dépôt in-crustant était formé presque complètement de sulfatede chaux qui, se déposant hydraté, devient anhydrepar l’effet de la chaleur qu’il éprouve quand il est dé-posé sur la paroi métallique. Il devient amorphe parla cuisson, et contracte une grande dureté et unegrande adhérence avec le fond des chaudières. Il atrouvé que ces dépôts étaient composés de 0,81 à 0,85de sulfate de chaux, 0,022 à 0,032 de carbonate demagnésie, de 0,06 à 0,10 de magnésie libre, d’un peude fer, d’alumine et d’eau.

On concevra facilement tout l’intérêt que mérite laquestion des incrustations h la mer, quand on aura re-marqué la rapidité effrayante avec laquelle elles seforment, et leur épaisseur s’élevant à 5 ou 6 millimètresaprès quelques jours. On voit de suite le ralentisse-ment de la vaporisation, la difficulté pour la transmis-sion de la chaleur qui résulte de l’interposition d’unecouche terreuse. Il est tel qu’il est reconnu que, pourles transatlantiques, le nombre de tours de roue parminute diminue au moins de 1 /5® trois jours après avoirquitté le port où s’est effectuée la désincrustation totalede la chaudière.

Nous allons passer en revue, en profitant des tra-vaux de M. Cousté, les moyens employés pour com-battre les incrustations à la mer, ou pour supprimerl’emploi de l’eau de mer dans les chaudières, solutioncomplète, mais difficilement praticable, du problème

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de se mettre â l’abri des inconvénients qui s’attachenth l’emploi de l’eau salée.

1° Pompe à dèsalurution. — L’eau de mer renfermer1 / 13 e environ de matières salines et laisse déposer descristaux lorsqu’elle eu contient 12/33 e . Après peu detemps, la vaporisation n’entralnant q..o de l’eau pure, onvoit que, si rien ne s’y opposait, de grandes quantitésde matières solides viendraient remplir la chaudière. Lemoyen qui a été employé pour éviter cet inconvénientconsiste à enlever, à l’aide d’une pompe, une suffisantequantité d’eau saturée de sels,en la puisant au fond dola chaudière où se réunit l’eau saturée et par suite très-dense. Il suffirait, au point de vue de la saturation,que cette pompe enlevât deux ou trois douzièmes del’eau apportée par la pompe alimentaire, mais il n’enest pas de même pour les incrustations. L’expérience aprouvé que lorsque la pompe de désaturation n’enle-vait pas une proportion bien plus considérable de l’eaufournie par la pompe alimentaire, les incrustations seproduisaient avec une très-grande rapidité. C’était dansces faibles proportions indiquées ci-dessus qu’était ré-glée la marche de la pompe de désaturation, il y aquelques années, et les incrustations étaient telles queles premiers essais de chaudières tubulaires # à la partiesupérieure, tentés par M. Gingembre, furent abandon-nés, par suite des incrustations qui réunissaient bien-tôt tous les tubes en une seule niasse.

Lorsqu’au contraire on s’est décidé, comme on lefait aujourd’hui, à faire enlever à la pompe de désa-turation moitié de l’eau envoyée dans la chaudière parla pompe alimentaire, le sulfate de chaux, de moinsen moins soluble avec la chaleur, comme l’a montréM. Cousté, et insoluble dans l’eau à 150°, se trouveprécipité et entraîné en partie au dehors, d’où résultentune diminution de l’incrustation sur les surfaces direc-tement exposées à l’action du feu, incrustation malheu-reusement encore bien notable, et la suppression desincrustations sur les surfaces indirectes de chauffe, surcelles qui ne sont chauffées que par la circulation dela fumée.

Ce résultat très-considérable fera, nous pensons,toujours maintenir le jeu de la pompe de désaturationplus étendu qu’il n’est indispensable pour purger l’eaude mer des sels solubles, quel que soit, dans l’avenir,le sort des découvertes de matières anti-incrustantesqui pourront être faites pour combattre avec quelquesuccès les incrustations. IVoù cette conséquence, aupoint de vue même de ces découvertes, qu’elles peuventdifficilement consister dans l’addition de substances so-lubles (comme le carbonate de soude proposé pour l’eaudouce par M. Kuhlmann), puisqu’ellesdevraient s’appli-quer à une grande quantité d’eau et être répandueseu grande partie dans la mer en pure perte , au lieude se combiner avec les substances incrustantes.

En second lieu, il est évident qu’il faut reprendre àl’eau expulsée la chaleur qu’elle renferme; car laquantité en devient importante. On y parvient en fai-sant sortir l’eau chaude par des tubes placés au centredes tuya : qui conduisent l’eau froide à la pompealimentaire ; dans ce mouvement en sens inverse,s’il est suffisamment prolongé, il y a échange, dépla-cement de la chaleur. Dans la pratique, les incrus-tations qui se produisent par le moindre écbauffemontde l’eau salées par suite du dégagement de l'acide car-bonique qu’elle tient en dissolution, ce qui cause laprécipitation de matières terreuses, s’opposent au bonéchange de la chaleur entre les deux colonnes d’eau.La pompe de désaturation gêne, comme les incrusta-tions qui rendent dangereux un chauffage énergique,l’emploi de la haute pression à la mer; elle peut diffi-cilement puiser de l’eau à une température un *peuélevée, celle-ci se réduisant en vapeur qui remplit le1 corps de pompe h chaque coup de piston.