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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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INSALUBRES.

INSALUBRES.

taux, et doivent être apportés, lu nuit, dans des voiturescouvertes.

Peu après leur arrivée, on les injecte de sulfite desoude, à raison de i litres environ par cadavre : lescorps entiers sont injectés par la carotide; ceux quisont ouverts, par les artères sous-clavières, iliaques etcarotides. Le liquide transsudant à travcie les poresdes vaisseaux ne tarde pas à imbiber tous les tissus, etaprès quelques heures, on peut injecter au suif le sys-tème artériel des sujets destinés à l'étude de l’angéiolo-gie. Les tissus ainsi préparés se trouvent fermes quandon les découvre, et dans l’état normal du cadavre. Lessujets disséqués s'altèrent cependant promptement aucontact de l'air -, tous les matins on imprègne de chlo-rure de /inc, avec une éponge, les préparations qui vontse putréfier, les tissus ramollis perdent à l’instant touteodeur.

Avec ce système, les cadavres sc conservent de quinzeà trente jours nu moins ; on les dissèque sans en éprou-ver la moindre incommodité.

Pour que le sulfite de soude à 22° de l’aréomètren’altère pas les instruments dont on sc sert, on leslaisse séjourner deux jours sur du zinc, ce qui ajoutoà la solution un peu de sulfite de zinc.

Ce système doit être employé partout où l'on dissè-que, et là surtout où il n'v a pas d'amphithéâtre orga-nisé par une administration.

Une excessive et constante propreté est imposée, avecraison, aux amphithéâtres de dissection par l’ordon-nance de police du 25 novembre Ib3i, qui règle ceuxde Paris .

Voici les plans et coupes d’un amphithéâtre de dissec-tion, avec table ventilée disposée par Darcct.

De ta Dissection des cadavres.

I/aérage, les lavages à l'eau et l'emploi du chloreet tles chlorures d’oxydes ont été jusqu'ici les seulsmoyens employés* pour désinfecter les salles de dissec-tion : mais l’on sait que ecs procédés ne conduisent quetrès-imparfaitement au but. Dareet a proposé d'v ajou-ter l’emploi de !a ventilation forcée, et il a fait établirsur ce plan, à la Pitié et dans le cabinet de M. Serres,médecin en chef, la table de dissection que nous allonsdécrire :

La table de dissection dont il a proposé l’usagepeut être construite en fonte ou en bois; elle doit êtrecreuse dans toutes ses parties ; son couvercle doit êtrepercé de trous nombreux, et il faut que son intérieursoit mis en communication avec un canal souterrainallant aboutir à une cheminée dans laquelle le tirageconvenable doit être bien établi. Le service de la sallede dissection exigeant qu’on y place un poêle, uneétuve et une chaudière, c’est de ces appareils qu’il fautse servir comme de fourneaux d’appel; c'est dans cebut qu’ils ont été tous trois réunis et placés au pied dela grande cheminée. Les filtres 3630 et 3631 indi-quent la disposition générale dont il s'agit.

En allumant du feu dans le fourneau de la chau-dière, dans le poêle ou sous l'étuve, on établit uncourant ascensionnel dans la grande cheminée, cequi attire l'air contenu dans le canal souterrain etdans l’intérieur de la table de dissection , d’où il suitque l’air de la salle est entraîné vers le cadavre placésur la table, et que cet air, après avoir entouré le corps,passe par les trous du couvercle de cette table, pouraller, à travers son pied et le canal souterrain, satis-faire à l'appel de la cheminée. Le dessus de la tablede dissection et le cadavre qui y est placé sont ainsicontinuollemcntventilés par un courant descendant, quise charge des émanations du corps et les entraîne versle fourneau d’appel, dans la cheminée et en dehorsde la salle de dissection.

On voit donc qu'avec ce système de construction

il ne peut plus y avoir dégagement d’odeurs désa-gréables dans la salle, et que l’on pourrait mêmey disséquer des cadavres en putréfaction, sans que l’o-dorat pût y indiquer la présence de ce foyer d’infec-tion.

Le système de construction étant conçu, il restaitd’autres conditions à remplir;

Description des tables de dissection ventilées , en fonte.

Les eaux provenant du lavage du cadavre posé surla table de dissection et celles qui s’en échappent cou -lent dans une caisse étaméc, plus profonde d’un bout,et qui les envoie dans un seau placé au-dessous; destrous égaux en somme à la section du canal souterrainsont percés tout autour de la caisse, pour égaliser laventilation sur le cadavre.

On voit en S la grille en cuivre qui reçoit le corps.Un pied creux, portant le dessous de la table, reçoit l’airqui a luilayé le cadavre, sous l'appel de la cheminée etpar des foyers d’appel et qui débouche dans un conduitsouterrain d'appel, allant de la table au bas de la chemi-née. O est le fourneau d’appel de l'amphithéâtre dedissection,

Terminons ce chapitre en indiquant ce que l’anato-miste doit faire pour tirer le meilleur parti possible del’appareil.

Supposons que c’est en hiver que l’on a à se servir decette table de dissection ; on doit commencer par al-lumer le feu dans le poêle à courant d’air, on établitainsi facilement l’appel dont on a besoin dans la che-minée générale, et l’on peut en outre donner à î’airde la salle la température jugée la plus avantageuse,pour le travail que l’on a à y faire.

Nous ferons observer que si la ventilation établie au-tour du cadavre était trop forte, il en pourrait résulterun refroidissement gênant et une trop grande évapora-tion de la transpiration cutanée à la surface des mainset du visage de l’opérateur, ce qui ne laisserait pas qued'être un grave inconvénient. 11 est donc important deréduire la ventilation justement au point convenable;or, les clefs ou soupapes placées sur le canal c et sur sesembranchements donnent facilement le moyen d'arri-ver à ce but : il suffira donc de s’en bien servir pour soplacer, sous le double rapport de la ventilation et dela chaleur, dans les conditions où l’on désirera setrouver.

De la lacération des pièces anatomiques.

Le procédé par lequel on désorganise les tissus ani-maux, en les tenant, pendant un temps convenable, enmacération dans l’eau froide, est certainement, de toutesles opérations qui se pratiquent dans les salles de dis-section, celle qui donne lieu aux émanations les plusrepoussantes et aux plaintes les plus graves. Nouscroyons qu'à l'avenir il suffira, pour arriver à ce résul-tat sans aucune odeur, d’y établir l’appareil ventila-teur que l’on voit sur la lig. 3630 et 3531, placé âpre*la salle de dissection, et dont nous avons déjà parléplus haut.

('et appareil se compose :

1° D'un vasistas placé, autant que possible, du côtédu nord et au haut d'une fenêtre ou de la porte de lapièce.

2" D’une hotte générale, occupant tout le côté de lapièce où se trouve placée la cheminée, et communi-quant avec cette cheminée, dans toute sa largeur, parune large ouverture.

3° D’une série de tables montées à charnières surla pièce de bois qui règne dans toute la longueurde la hotte, et qui se trouve isolée du mur près duquelelle est placée parallèlement par un espace vide,ayant I décimètre de large. Ces tables, relevées le longdu mur de fond, donnent la facilité de bien conduire lesmacérations dans les baquets : étant abaissées et po-