Buch 
Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
Entstehung
Seite
359
JPEG-Download
 

INSALUBRES.

INSALUBRES

350

Bercy ayant visité, après l’accident, tous les sha-kos du régiment, trouva que la plupart contenaientdu tabac à fumer et à mâcher. Pourquoi, lorsquepresque tous ?es hommes portaient du tabac dansleurs shakos, quelques-uns seulement furent-ils indis-posés? Pourquoi ces soldats, qui avaient habituelle-ment du tabac au-dessus de leur tète, n’en ont-ils étéincommodés que pendant une manœuvre? L’opinionde Pcrcy porte donc avec elle sa réfutation.

•i° Non-seulement le travail du tabac n'altère pas lasanté d’une manière visible, dans les premières annéesconsacrées à sa manipulation, mais il ne lui apportepas même le moindre préjudice dans un fige plusavancé. S’il en était autrement, les ouvriers devien-draient impropres au travail, et il faudrait les réfor-mer : or, il n'arrive rien de semblable.

5° Il existe des professions qui, sans nuire d’unemanière évidente à la santé, abrègent cependant la vie,et empêchent tous ceux qui l’exercent de dépasser uncertain âge ; le travail de Darcet et de Parent-Ducha-telet, démontre que celle dont nous nous occuponsn’est pas dans cette catégorie, puisqu’elle permet à ungrand nombre d’ouvriers d’atteindre, et même de dé-passer de beaucoup, la limite ordinaire de la vie hu-maine, et les fabriques de tabac peuvent être autoriséesau milieu des villes.

Fom'neau fumivorc « brûler les côtes de tabac . — L’in-cinération des côtes du tabac, résidu considérable decette fabrication, qu'il importe de faire disparaître, enutilisant sa richesse notable en sels de potasse, a étéassez longtemps une des opérations les plus nuisiblespour le voisinage des fabriques de tabac. Darcet a faitdisparaître ces inconvénients par l’emploi d’un four-neau rendu fumivorc en faisant passer les produits dela combustion au milieu de ceux d’un second fourneauplacé à la suite du premier.

Le premier fourneau fumivore, dans lequel le com-bustible peut briller à flamme renversée, est suivi d’unevoûte qui vient déboucher dans un second foyer à dou-ble grille, l’une supérieure, l'autre inférieure au pre-mier conduit de fumée ; les cendriers sont placés laté-ralement du même côté. Voici les précautions à prendrepour brûler les côtes de tabac sans incommoder le voi-sinage de la manufacture :

On allume du bois sec et fendu dans les trois foyers;lorsque la voûte du foyer et les passages voûtés sontportés au rouge, on peut brûler des côtes de tabac surla grille. Pour cela, on en charge peu à peu cettegrille, en ayant soin de ne placer les côtes humides quesur le devant; on pousse successivement vers le fonddu foyer celles qui sont allumées, avant d’en faire unenouvelle charge, et on continue à conduire ainsi letravail, tant que l'on a des côtes à brûler, ou jusqu'àce qu’il devienne nécessaire de nettoyer le fourneau.

On facilite la chute des côtes incinérées, ou seule-ment enflammées, dans le cendrier, au moyen d’un rin-gard qui se manœuvre par un ouvreau. Le cendrierdoit être fermé par une porte en tôle; on peut y mettre,lorsqu'il est assez échauffé et qu’il contient déjà descendres rouges, des côtes de tabac humides, qui y brû-lent très-bien.

L'air nécessaire à cette double combustion pénètredans le cendrier et dans le foyer, à travers l’ouverture,ménagée en avant du fourneau, non-seulement pourproduire convenablement cet effet, mais encore pours’opposer à réchauffement de l'air sur le devant dufourneau, où se trouve placé l’ouvrier qui alimente lefoyer de côtes dç tabac. La fumée sortant du cendrieret du foyer se mêle à la quantité convenable d'airnouveau introduit par les ouvertures; le tout passe dansle carneau voûté, s’v brûle, et en sort presque sansodeur et sans fumée.

On peut se contenter, en fabrique, des résultats quiprécèdent. Si cependant on voulait y brûler complète-ment la fumée, il faudrait allumer dn bois sec et fendusur la grille du premier fourneau fumivore ; ce com-bustible y brûlerait à flamme renversée, comme dansles alandiers des fours à porcelaine.

La flamme se jetterait en contre-bas, se mélangeraitàde l’air nouveau, entrantpar les ouvertures latérales, etpénétrerait dans le carneau voûté, dont elle occuperait lehaut. La fumée venant du foyer serait alors obligée dese mélanger avec cet te flamme, qui contient un excès con-venable d'oxygène, et de traverser avec elle le carneauvoûté dans toute sa longueur, d’où elle no sortiraitqu’aprës y avoir été complètement brûlée.

Ce n’est donc que par excès de précaution que Dar-cet a fait construire le second foyer fumivorc, quiagirait comme il suit, si l’on s’en servait.

La flamme du bois sec et fendu que l’on brûlerait surla grille de ce fourneau, obéissant à l'appel de la che-minée générale, prendrait une direction horizontale, semélangerait à de Pair nouveau entrant par les ouvreaux,occuperait la partie inférieure du carneau, et la fuméearrivant du foyer, en grande partie brûlée pendantson passage à travers le carneau rouge, serait en outreobligée de traverser le carneau dans toute sa longueur,entre deux courants horizontaux de gaz enflammés,et contenant un excès d’oxygène, ce qui en brûleraitinfailliblement les moindres fuliginosités.

Ce n’est que pour indiquer la perfection à laquelleon peut arriver en ce genre que Darcet, inventeur dece fourneau, a réuni dans le même appareil tous lesmoyens d'atteindre le but proposé. Néanmoins, si l’onvoulait s’en servir, il a cherché à utiliser la chaleurque produirait la combustion des côtes de tabac etcelle que donnerait le bois dans les deux foyers : il adonc fa-t établir au-dessus de la voûte et à la suiteun calorifère, qui pourrait échauffer un volume d’airconsidérable à employer très-utilement au chauffagede la manufacture. Ajoutons enfin que l’on peut rem-placer ce calorifère par une chaudière servant à fairechauffer l’eau employée pour le lessivage des cendresde tabac, ou bien à faire évaporer les lessives prove-nant de cette dernière opération.

Troisième Classe.

N° 16. AMPHITHEATRES DE DISSECTION.

En admettant que les salles de dissection ne soientpas, à proprement parler, nuisibles à la santé des jeu-nes gens qui y passent une grande partie de leur temps,il est au moins certain que la présence de nombreuxcadavres en dissection, la vue des débris qui en pro-viennent et l'odeur qui se dégage de ces substancesanimales, souvent dans un état avancé de putréfaction,rendent le séjour de ces amphithéâtres fort désagréa-ble, surtout pour les élèves qui ont à y commencerleurs études anatomiques : il n’est donc pas sans uti-lité d’aviser aux moyens d’assainir les salles de dissec-tion. C’est dans ce but rempli d'intérêt que nous pro-posons l’établissement des appareils dont nous allonsdonner la description.

Du Depot des cadavres et de leur conservation.

Les cadavres envoyés aux salles de dissection pro-viennent, presque toujours, de sujets morts récemmentet ne donnent ordinairement lieu à aucune odeur désa-gréable, surtout si on a employé les procédés de con-servation des'eadavres destinés à la dissection, dus audocteur Sucquct, et qui paraissent remplir très-bienleur objet.

Les cadavres destinés à la disspetîon qui, à Paris ,no peut se faire que dans les amphithéâtres créés parl’administration des hôpitaux, proviennent des hôpi-