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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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INSALUBRES.

306 INSALUBRES.

3 U De rétrécir le plus possible l'ouverture antérieure<le la forge.

4° l)e placer de bons vasistas à soulïlct aux fenêtresqui sont en face de la forge et au nord ou à l’est, quandon le peut.

0° De saturer avec de la craie les eaux de dérochageet les autres eaux avant de les laisser écouler sur lu voiepublique.

Ramonage des cheminées de doreur. — Lcranionagcdescheminées du doreur est lié h son industrie; des condi-tions prescrites d’avance doivent frrésider à leur ramo-nage, qui, sans cela, serait très-dangereux pour les ra-moneurs ; c’est là que s’amasse le mercure volatiliséet toutes les vapeurs acides qui proviennent des der-nières - opérations.

La suie contient, en effet, plusieurs métaux, du mer-cure et de l’or surtout ; elle est d’autant plus lourdequ’elle est ramassée plus bas. La quantité de mercureest considérable, et un ramonage fait sans précautionsdans de pareilles conditions causerait une grave mala-die à l’enfant qui le ferait.

Le ramoneur, choisi bien portant, doit mettre desgants et un serre-tête de cuir ou de toile cirée; on doitlui envelopper le visage de «leux serviettes bien lâcheset lui faire mettre ses habits à part. Après le travail,il.se lave à fond, boit du lait, remet scs habits, et l’opé-ration ainsi conduite est sans inconvénient.

Pour Vex)>loil<ition des eaux mercurielles et des cendresde doreur, le traitement des eaux chargées de mercureprovenant «les ateliers do doreur et celles des cendresde doreur, pratiqué par les procédés perfectionnés etsimples qu’on emploie aujourd’hui, sont doux indus-tries autorisées dans les villes et qui ne nuisent pas àleur« voisins.

Elles sont de la troisième classe.

N° 20. — Feculeklls.

Les conditions à imposer à ces établissements sont :

La suppression de brasiers très-dangereux pour sé-cher les fécules, leur remplacement par un calorifèreà air chaud placé à l’étage au-dessous, et l’emploi desplanchers en fer au lieu de planchers en bois.

Ils doivent jeter les eaux de lavage des pommes deterre et de la féculerio, qui sc corrompent si vite et quisont très-nbondantes. clanslm égout et non pas dans larue; et si la féculcrie est dans un village, ils ne doiventles jeter que dans un ruisseau pavé.

N° 21. — Assainissement des fabriques deFEU-BLANC.

L’assninisscmentdc tous ces ateliers, par la ventilationforcée repose sur des principes si simples qu’il est in-utile d’v revenir ; mais il n’en est pas de même pour lesapplications à chaque industrie spéciale, où l’ingénieurot obligé de varier scs moyens d'action pour satisfaireà tous les cas particuliers. .

La fabrication du fer-blanc sc divise en deux opéra-tions distinctes : le décapage parfait des feuilles de tôleet l'étamage des tôles bien dérochées. Le décapage desfeuilles de tôle se pratique en les mettant tremper dans«le l'acide sulfurique ou de l’acide hytîrochloriquc fai-ble; les feuilles, retirées do ce bain, sont ployées endeux, par le milieu et eu travers de leur longueur, enleur donnant la forme d'un toit, et portées toutes mouil-lées d'acide dans un four assez échauffé pour vaporiserpromptement l’eau, faire réagir l’acide sur le fer, dé-tacher et faire tomber les écailles d’oxyde de fer for-mées sur les surfaces de la tôle. Les feuilles sont re-mises aussitôt dans un bain d’eau acidulée, et le déca-page est achevé par des moyens purement mécaniques.Les tôles, bien décapées, sont enfin étamées en les plon-geant successivement clans divers bains composés de

suif seul, d’étain couvert de suif et «l'étain pur, touschauffés presque jusqu'au degré de chaleur où le suifpeut s’enflammer.

Il ne peut donc y avoir d’insalubrité dans la fabri-cation du fer-blanc que par la production du gaz hy-drogène qui se dégage sous l’action des acides faiblessur les tôles, et surtout par des vapeurs infectes et insa-lubres que donne le suif rance, continuellement en con-tact avec des oxydes métalliques, et le fer chauffé aupoint de le vaporiser et de l'enflammer.

Pour assainir le déeapago des tôles avec des acidesfaibles, il suffit de le pratiquer sous une hotte dont l'ou-verture antérieure soit très-étroite et communiqueavec une cheminée de tü ou 12 mètres de hauteur etdont la section soit égale au dixième de l’ouverture dela hotte. On donnera au courant ventilateur une vitesseconvenable au moyen d’un fourneau d’appel spécial oude tout autre moyen d'échauffer la colonne d’air, au-dessous de la hotte, disposition semblable à celle quenous donnons plus loin pour rétamage des tôles déca-pées.

La partie «lu décapage des tôles qui so fuit dansun fourneau à réverbère donne aussi lieu au dégage-ment de gaz et de vapeurs insalubres: mais comme ilsse mélangent aussitôt à la fumée, ils sont portés avecelle, à une grande hauteur. Le four à réverbère, bienfumivore, doit seulement être chauffé avec du coke, et,dans les deux cas, la cheminée aura assez de hauteurpour que le voisinage n’en souffre pas. L’étamage «lestôles dérochées est sans contredit l’opération la plusinsalubre de cette industrie. Donnons donc la descrip-tion détaillée de l’appareil ventilateur que M. L. Mcr-tian a fait établir dans sa fabrique de Montataire , sousla direction de Darcet*.

Cet appareil se compose d’un grand fourneau, adosséà l’un des gros murs de l’atelier et couvert, à une hau-teur convenable, par une hutte comluisant au «lehors, età une élévation sufïisante au-dessus du toit, la fumée•des fourneaux, la graisse vaporisée, et les produits ga-zeux pyrogénés auxquels le travail de l’étamnge donnelieu. Voici la description des différentes élévations etcoupes de cet appareil.

1 La lettre suivante de M. L. Mertiau à Darcet sera utilepour compléter cette note :u .Monsieur,

a.fai l’honneur de vous remettre le plan que vous inc deman-dez, de fétanieric de Montataire . Elle a été construite con-formement aux indications «jue vous avez bien voulu inc don-ner dans le temps, et elle ne laisse rien à désirer sous lerapport de la salubrité. Sans aucun appareil spécial de venti-lation, le tirage est déterminé naturellement par l’appel queproduisent les foyers des creusets «pii contiennent l'étain et lagraisse. Pour obtenir un tirage qui entraîne tontes les va-peurs sans incommoder les étameurs par un courant «Pair tropvif, il a fallu tâtonner la distance entre faire et le manteau dela cheminée. Un a ailopté celle de 0 m ,S0, qui remplit ces deuxconditions. L’ancienne élamcric avait l'inconvénient de man-quer de tirage. Les vapeurs des creusets se répandaient dansl’atelier et occasionnaient aux ctameurs des malaises et des nau-sées qui allaient quelquefois jusqu'aux vomissements,

o Depuis la reconstruction, non-sfuilemeut ees inconvénientsont cessé; niais il n’y a plus même la moimlrc odeur dansl’atelier.

• Ce changement n’a eu aucune influence sur les consomma-,tions on combustible, graisse et étain.

• L’atelier du dérochage a été organisé d’une manière toutà fait analogue à celle de l’étamerie.

« Je joins à cette lettre un flacon contenant un échantillonde uraisse pris sur un bain d’étain.

« Agréez, monsieur, la nouvelle assurance de ma haute con-sidération.

« Signé : Mprtia:*. •