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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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INSALUBRES.

368 INSALUBRES.

noaux donne lieu à. un puissant appel dans la cheminéegénérale.

Un chapeau en tôle est sur la cheminée, pour s’opposer à la chute de la pluie et aux effets du vent.

On verra, maintenant, comment la ventilation s’o-père sous la grande hotte, et produit l’assainissementcomplet de l’atelier où s’étament les tôles.

Pour faire comprendre le jeu de l’appareil ici décrit,il suffira de résumer ce qui a été dit plus haut. L’éta-blissement de la ventilation forcée, dans l’intérieur del’appareil, a lieu dès qu’on allume du feu dans l’un desquatre fourneaux, ou plutôt dès que la fumée sortantde la petite cheminée dans la grande, le courantascensionnel augmente aussi do vitesse dans la che-minée générale,avec le nombre de fourneaux allumés,-ou avec l’intensité du feu. L’échautfement du massifdans lequel les quatre foyers sont établis, ainsi opteles surfaces très-échaufféesdcs six caisses, dilatent aussil'air sous la grande hotte C, y augmentent le tirage, et,en outre, y entretiennent la ventilation forcée pendantles heures de repos. Même pendant les jours de repos,l’appel opéré dans la cheminée générale par le servicede la petite cheminée fait entrer l’air de l’atelier sous labotte, entraîne les vapeurs infectes et les gaz délétèresproduits à la surface des creusets, les conduit dans lehaut de la cheminée générale, et de là dans l’atmo-sphère, eo qui produit l'assainissement complet dol’atelier.

Ajoutons qu’en outre, la meme cause empêcheréchauffement de l’air en avant de la hotte, y main-tient les ouvriers dans un léger courant d’air puret continuellement renouvelé, ce qui facilite ainsi dou-blement le travail pénible qu’ils font pour convertir lestôles noires en fer-blanc.

L’appareil Darcet, fonctionnant indépendamment dela volonté des ouvriers, satisfait à tontes les exigences<le la question, et dans toutes les fabriques de fer-blancqui établiront convenablement ect appareil, on aura,sans peine et sans dépense, le grand avantage de con-server la santé des ouvriers employés à la fabricationdu fer-blanc, tout en rendant leurs travaux moins pé-nibles, et, par conséquent, plus productifs.

N° 22. Laiterie, conservation du lait,

SURVEILLANCE DU LAIT A 1*ARIS.

Une ordonnance de police du 27 février 4838 régitaujourd’hui les laiteries de Paris .

Les conditions imposées sont le rejet des. laiteriesentre les murs d’enceinte et plusieurs grandes lignes,qui ne leur permettent pas de s’établir au centre deParis .

L’enlèvement des fumiers, l'isolement des magasinsa fourrage, de grandes conditions de propreté, sontles dispositions principales de l’ordonnance.

Darcet a fait, le 24 septembre 4 844 , un rapportau conseil de salubrité sur une eau vendue dans lecommerce, et employée à conserver plus longtempsle lait. Cette eau marquait 5 degrés à l’aréomètre,et contenait par 4 00, 2 K ,70 d’acide carbonique, et55 grammes par litre de carbonate de soude. Lllcavait dû être préparée en faisant dissoudre du carbo-nate de soude cristallisé, et y ajoutant de l’acide car-bonique , ou en dissolvant du bicarbonate de soudedans de l’eau bouillante.

Il montre ensuite que l’on peut conserver long-temps du lait en l’alcalisant convenablement.

Dans une visite faite en 4 826, à la belle ferme deWewelghcm, en Belgique , Darcet et Gay-Lussac re-connurent que la moyenne du lait de cet établissementétait fortement alcaline.

A Vichy , on ajoute de Peau minérale contenant dubicarbonate de soude au lait pur. pour les malades quine peuvent le digérer.

Partant de là, Darcet pensa à alcaliser le lait, pourlo rendre conservable et transportable plus longtemps.

Ce procédé est employé, depuis 1829, à la fermeSainte-Anne, près Paris , où il a donné les meilleursrésultats. On doit régler à 1 ou 2 décigrammcs de bitcarbonate de soude par litre de lait le dosage alcalin,et ce dosage n’a jamais été trouvé trop fort, c’estcelui que nous conseillons d’adopter.

N° 23. Vernis noir pour les ferrures dk

HARNACHEMENTS ET KUERONNIERS.

Ce travail, qui se fait en chauffant les objets doharnachement en fer, au-dessus d’un tas de fumier al-lumé, et en plein air, et en les chauffant une secondefois, après les avoir frottés d’huilo de lin, est évi-demment incommode pour le voisinage, et ne peutêtre autorisé qu’en faisant l’opération dans des four-neaux disposés de manière à être salubres.

Quant aux éperonniers ou fabricants de mors et d'é-perons en fer étamc s cette industrie, qui n’était pas en-core classée, a été l’objet d’un rapport de Darcet.

11 a fait remarquer que ce sont de petites lubriquesde fer-blanc, et qu’on devrait les mettre dans la troi-sième classe, mais que comme l’industrie du fer-blaneen grand est aujourd’hui parfaitement assainie avecles dispositions données par lui, il vaut mieux ne pasaugmenter le. nombre des ateliers classés. Les va-peurs et les gaz produits par l’étamage des mors et épe-rons, a-t-il ajouté, qui peuvent se répandre au delu^s,proviennent de l’emploi de l’acide chlorhydrique pour ledérochago du fer, et du grand degré de chaleur donnéà la couche de suif qui recouvre le bain d’étain. Ce sontlà les inconvénients des fabriques do fer-blanc malmontées ; par conséquent, l’assainissement des ateliersd’éperonniers est très-facile :

4° Ln donnant à la hotte et à la cheminée des pro-portions suffisamment larges et en rétrécissant l’entrée.

2° En y établissant un foyer d’appel et un vasistasà soufîlet, pour avoir un bon tirage.

N° 24. Clarification des eaux de rivière,EMPLOI DE L'ALUN.

Pendant longtemps, de nombreux porteurs d’eaude Paris clarifiaient chez eux l’eau de Seine destinéeà leurs pratiques au moyen de l’alun, qui est convertialors en alun insoluble, par le carbonate de chaux en-traîné en suspension dans les eaux de rivière, et aussipar l’acide carbonique qu’elles ont dissous.

L’alun ainsi précipité en flocons insolubles et volu-mineux enveloppe les substances hétérogènes et so-lides que l’eau contient, et les entraîne complètementet rapidement avec lui.

Darcet, dans un rapport très-complet sur cette ques-tion , a prouvé que ce système de clarification ne don-nait que de bons résultats, et que l’alun employé ainsi àla dose de 4 gramme par 8 litres d’eau do Seine étaitentièrement précipité; «pic, de plus, il restait encorodans l'eau une quantité de carbonate de chaux suffisantepour précipiter plusieurs fois cette dose d’alun; qu’en-fin, l’eau ainsi filtrée conservait la saveur la plus pvreet la plus franche.

11 a ajouté que ce procédé était loin d’être nouveau;qu’il était employé dans de sages proportions à l’usinede clarification du quai des Celestins.

En Egypte , on clarifie les eaux en frottant les jarresde dépôt avec des pains do tourteaux d’huile.

Les filtres Fonvielle sont très bons, comme moyende clarification ; mais le filtrage y est beaucoup tropcher, par suite de leurs trop petites dimensions.

Le filtrage à travers les sables des bords des rivières,arrangés en filtres artificiels, comme à Toulouse , a legrand défaut de diminuer tous les jours de puissancede filtration (Voy. filtration).