INSALUBRES.
INSALUBRES.
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Le procédé de filtrage le plus parfait et le plus éco-nomique est certainement celui monté par M. Jégoux,ingéniour en clief des ponts et chaussées pour les eauxde la ville de Nantes , dans les réservoirs memes de laville et avec une première filtration, sur la rivièrememe.
Ce système est bien connu de hauteur de cet article,qui a monté là, avec MM. Windsor, do Rouen , etOranger, les machines, les pompes et le système d’élé-vation d’eau de cette ville.
N° 25. Assainissement et séchage des maisons
ET DES ATELIERS HUMIDES.
Asphyxies lentes causées par l'insalubrité des logejnents.
Darcet a eu l’occasion d’observer des cas très-gravesd’asphyxie, causés par l’insalubrité des logements. Lagravité de la question nous engage à donner ces faits;nous y ajoutons ce qui a été fait jusqu’à présentpour sécher les murs des bâtiments nouvellement con-struits, et ce qui, à notre avis, doit être fait pour ob-tenir sûrement des résultats complets et rapides.
Première observation d’asphyxie lente. — Un menui-sier de Nancy , bien constitué et â'gé de 3o ans, occu-pait, avec sa femme et trois enfants, une maison ache-tée depuis peu ; lui et sa famille éprouvaient les mêmessymptômes : douleurs de tête, lassitude, dégoûts, nau-sées, coliques continuelles, dévoiement, enflure et en-gourdissement des jambes, symptômes qui avaientbeaucoup de rapport avec ceux d’un empoisonnement.Ses ouvriers travaillant et mangeant avec lui, mais necouchant pas dans la môme maison, n’avaient rienéprouvé, les voisins non plus.
Quelle était donc la cause évidemment générale quiagissait sur cette malheureuse famille? Le pain étaitde bonne qualité. L’eau d’un puits commun avec la mai-son voisine, habitée par un fabricant de papiers peints,qui employait une grande quantité de substances mi-nérales en partie vénéneuses, fut analysée par M. Bra-connot, qui la trouva de bonne qualité et sans aucunesubstance vénéneuse ou minérale.
Une visite des lieux, faite par MM. de Ilaldatet Bra-connot, à la demande de Darcet, apprit que dans lafabrique de papiers peints, on employait des quantitésénormes d’arsenic et d’oxyde de cuivre pour la prépa-ration du vert de Schweinfurt.
Le menuisier habitait, au premier, un logement pro-pre, bien exposé et sur le devant.
Dans la boutique à rez-de-chaussée, sur l’indicationde Darcet, les professeurs de Nancy reconnurent unelarge tache humide qui s’étendait fort au delà du pla-fond et qui correspondait à une cour obscure, au-dessus de laquelle était un premier étage appartenant àla fabrique de papiers peints.
Cette cour, visitée avec une lanterne, ne recevait lejour que par un châssis vitré de 1 mètre carré, placédans la toiture.
Elle était restée sans usage depuis plus d’un demi-siècle, et on y jetait tous les débris de la fabrique par unecroisée obscure. Un puits abandonné existait là, près decelui du menuisier et sous sa chambre à coucher. Unebougie allumée continuait à brûler dans ce puits, mai3il se dégageait de l’intérieur de l’eau des bulles ren-dues très-abondantes parle jet d’une pierre, qui trou-blait la vase. Ce gaz analysé se trouva être du gaz hy-drogène des marais , provenant de la décomposition desmatières organiques contenues dans ce puits.
On ne connaît pas la véritable cause des maladiesengendrées par le gaz des marais, mais ce sont desmaladies (l’une nature putride, dites aussi fièvres d’au-tomne , comme la maladie observée chez le menuisier,qui était beaucoup plus intense au mois de novembre, Iet présentait des symptômes analogues. I
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MM. de Ilaldat et Braconnot conseillèrent de com-bler le puits et d’aérer la cour. On se rappela alorsqu’un homme d’une taille et d'une force athlétiquesétait déjà mort dans la même maison, avec sa femme etscs trois enfants,d'une maladie semblable; il paraissaitaussi certain que les causes mortifères étaient devenuesbeaucoup plus intenses depuis quelques années. Deuxfemmes y ont aussi successivement trouvé la mort,chacune avec des enfants.
D'après Darcet, voici la cause de la maladie en ques-tion. A l’entrée do l’hiver, au mois de novembre, onfaisait du feu dans le logement du menuisier. L’air ex-térieurpénétraitdansla cour parl’ouverture du toit, s’in-fectait et était attiré dans l’appartement par l'appel descheminées, en passant à travers le mur par les jointset les fentes des maçonneries. Pour remédier à ce dan-gereux état de choses, il fallait :
1° Ventiler abondamment la cour, en y amenantde l’air pris en bas et l'évacuant par le haut;
2° Supprimer toute communication entre la cour etla maison, mettre des enduits hydrofuges sur le mur ;
3° Introduire enfin dans la maison de l’air pur etpris à l’extérieur, pour suffire au tirage des cheminées.
Deuxième observation. — Trois garçons de bureaujeunes et vigoureux étaient morts successivement dansun logement de 2 m ,05 de hauteur, composé d’unechambre à coucher avec cheminée et d’une antichambrenon ventilée. Un tuyau de descente des lieux passaitdans l’angle de l’alcôve et avait légèrement infiltré lemur, mais sans odeur sensible. Darcet attribua cettemortalité à l’action lente des émanations du tuyau dechute, qui, surtout pendant la nuit, étaient attiréesautour de la tête du lit par l’appel de la cheminée.
Troisième observation. — Une mère, ne voulant paslaisser sortir sa fille de sa chambre pendant la nuit, lafaisait coucher avec elle dans un cabinet de 5 mètresde long, étroit, et n’ayant que deux portes à l’extré-mité opposée au lit, et où l’air se renouvelait mal. Lajeune fille dépérit, et mourut d’une maladie du pou-mon, bien qu’il n’y eût jamais eu de phthisique dansla famille.
Quatrième observation. — Un employé du Mont-de-Piété dépérissait dans son appartement, où Darcet re-connut bien vite la présence de l'acide carbonique,appelé par la cheminée de la chambre à coucher, tou-jours chauffée en hiver par du feu, et, en été, par l’élé-vation forcée de température d’une petite chambre oùl’on couche. Le soir, ce gaz descendait par la chemi-née du salon, que l’on ne chauffait presque jamais, etqui était commune à une cuisine de l’étage supérieur.Une bonne cheminée à courant d’air, prenant l’air àl’extérieur et placée dans la chambre à coucher, unetrappe à la cheminée du salon, et des bourrelets à laporte, entre le salon et la chambre, arrêtèrent le mal.
Cinquième observation. — Une famille était attaquéed’une salivation, due au mercure d’un baromètre cassé,que l’ou avait versé sur une assiette oubliée sur unearmoire. C’était une petite cause qui aurait produit àla longue de funestes effets.
Sixième observation. — Deux dames ont été asphy-xiées, une nuit, par l’acide carbonique, entré dans leurchambre à coucher parle poêle de la salle à manger,où l’on n’avait pas fait de feu depuis longtemps. L’acid'eétait appelé à travers le salon parle feu fait dans lachambre. La cheminée où donnait le tuyau de poêledépendait d’un appartement placé au-dessous, et oùl'on avait, la nuit précédente, cuit, avec du charbon debois, une grande quantité de dents artificielles, causeévidente de la mort de ces dames.
Septième observation. — Les vapeurs mercuriellessortant d’un atelier de doreur ont rendu malade une
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