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OUTII.S COUPANTS.
OUTILS COUPANTS.
horizontalement au fon<l plan «lu sillon? le sep vu boisqui en maintient postérieurement la direction rectiligne,par son glissement contre les faces horizontale et ver-ticale déjà formées dans ce même sillon; enfin le ver-soir latéral en surface gauche, qui, placé en arrière ducontre et du soc, sert à retourner progressivementla motte de terre déjà détachée en dessous et sur P undes côtés, de manière à la faire, en quelque sorte, pivo-ter par glissement et déchirement simultanés, sur lecôté opposé encore adhérent au sol ?
Quant ii Page ou longue tige en bois, inclinée et di-rectrice, qui surmonte l'ensemble de ce merveilleuxinstrument, sans inventeur connu et dont le perfec-tionnement est le fruit accumulé de l'expérience dessiècles, on sait assez qu’il a pour luit de régler et d’as-surer la marche et le piquage du soc et du coutrc, enprenant appui, tantôt sur le joug des bœufs commechez les anciens, tantôt sur Pavant-train comme chezles modernes, ou restant tout à fait libre comme dansl’araire flamand, dont Page est simplement maintenupar de longs mancherons postérieurs, que dirigent lespuissantes mains du laboureur, de manière que la ré-sultante dos forces actives de tirage, etc., vienne scconfondre sans cesse avec celle des résistances ducontre, du soc et du versoir, dans la direction rectilignememe du sillon à ouvrir, grâce à la réglementationpréalable de la hauteur du point d’attache des chaînesde tirage dans les meilleures charrues. L’agriculture,nommée avec raison la mère nourricière des iioînmes , lacoutellerie et la chirurgie instrumentale, tant perfec-tionnées par les Sir Ilenry, les Chr.vrière, en France ,par les Savigny, les Philp et les Coxctcr, en Angle-terre, pour la satisfaction de besoins également impé-rieux, nous offriraient d'autres exemples d’outils cou-pants, mécaniques ou composés, non moins dignesd’intérêt que la charrue, si ingénieuse dans son appa-rente simplicité, mais eu réalité si savante dans sesprincipales dispositions et combinaisons.
Quoi de plus remarquable encore que l'ensemble desoutils à perforer le sol, aujourd'hui employés dansFart du fontainier sondeur, et qui, décrits avec tant desoin dans l’ouvrage de notre savant compatriote l’in-génieur Garnier, ont été si heureusement modifiés,perfectionnés et agrandis en puissance ou en dimensionpar les Aluîot, les Pegousée et les Kind, que, à leuraide, on parvient aujourd'hui, par des procédés enquelque sorte automatiques, apercer la terre à desprofondeurs de six cents à sept cents mètres, pour ydécouvrir des sources jaillissantes ou d’autres richessesminérales indispensables à l’existence des sociétés mo-dernes?
Enfin la scie droite elle-même, la scie à main, con-nue des Égyptiens et d’apparence si simple, si primi-tive, constitue en réalité un instrument beaucoup pluscomplexe et plus savant qu’on ne le suppose ordinaire-ment, en raison de la forme triangulaire et prismatiquede ses dents à évidements alternatifs pour loger lasciure, à taillants inférieurs obliques et dirigés vers ledehors pour trancher latéralement les fibres du bois, 1tandis que leurs biseaux inclinés antérieurs et leurs !sommets pyramidaux avancés s’y enfoncent de droiteou de gauche et alternativement, à la manière desclous, des poinçons, pour mordre, déchirer le fonddu sillon, en outre élargi au moyen d’une légère in-flexion donnée à la pointe de ces mêmes dents, de partet d'autre de l’axe ou du dedans au dehors, ce quiconstitue la voie et supprime le frottement, le pince-ment latéral et postérieur de la lame de scie, et, parsuite, son trop grand échauffomcnt. A ces ingénieusesdispositions il faudrait en joindre d’autres non moinsessentielles et relatives, soit à la meilleure inclinaisonà donner à ccs biseaux dirigés de manière, tantôt àagir, tantôt à glisser sur le bois, sans l’entamer pen-
dant le retour de la scie; soit à la forme même dosdents de cette scie, susceptible de varier avec la du-reté, l’épaisseur de la pièce à débiter, avec la directiondes fibres à trancher, avec la possibilité d'opérer danschacun de ces cas, à simple ou à double effet, en allantet en venant ; différences qui s’aperçoivent très-biendans les scies à crochets courbes et évidés des scieursde long, dans les scies à dents isocèles et symétriquesdes menuisiers, dans le passe-partout à dents doublesou à cornes dont se servent les charpentiers pour lesciage en travers, etc.
Ces dispositions si variées, si intelligentes, et lesmoyens mécaniques non moins ingénieux adoptés pourle bandage des lames dans leurs châssis rectangulaires,dans leur monture en arc de ressort métallique, eudouille T’ servant d’appui intérieur aux membruresextrêmes contre Faction de la vis ou de la corde detension, ces dispositions originales etsimples sont éga-lement dignes d’admiration, et elles supposent, de lapart des inventeurs méconnus ou ignorés et des ou-vriers qui dirigent le travail de tels outils et en soi-gnent l’entretien ou l’afTûtnge, une étude non moinsdélicate qu’attentive et réfléchie.
D'ailleurs leurs combinaisons multiples, en y com-prenant même celles qui concernent les instrumentsemployés au travail du fer, du marbre, etc., ne sontpas aussi étrangères les unes aux autres qu’on pour-rait le croire au premier abord. Leurs progrès, commele perfectionnement meme des diverses branches d’in-dustrie, sont solidaires, et c’est, à coup sûr, une chosefort regrettable en soi et pour scs conséquences pro-bables, que les auteurs aient autant négligé l’étude deleurs propriétés physiques et mécaniques, surtout ence qui se réfère proprement à la classe des outils cou-pants, tranchants et perforants ; car, on le sait parmaints exemples, la vitesse, la masse, les formes etles proportions géométriques de ces outils jouent, enraison de l'inertie, du frottement et de la résistance dela matière à la pénétration, un rôle bien défini et nonmoins essentiel que leur élasticité et leur dureté rela-tives, ou que le degré du poli et le mode de graissage.C’est à tel point, en effet, qu’un simple changementdans l'ouverture, l’inclinaison d’un tranchant, l’altéra-tion du poli ou le manque de graissage, peuvent occa-sionner une déperdition, en travail moteur, variantdu simple au quadruple, sans compter les déchets enmatière première et les malfaçons, qui viennent justi-fier le proverbe : On reconnaît l'ouvrier à l’outil.
On sait, par exemple, qu’il est tel scieur de bois dochauffage, qui, par lu manière d'affûter, de graisser etconduire sa scie, gagne, avec moins de fatigue journa-lière, trois ou quatre fois mitant que tel autre peu in-telligent ou inhabile. Ici, il est vrai, l’ouvrier est in-cessamment averti par sa fatigue même, tandis que,dans les machines conduites automatiquement, rien,pour ainsi dire, ne le guide, s’il n’est pas doué d’unesprit naturel d’observation, de bon vouloir commesurveillant et d’une expérience antérieurement acquise ;faute de quoi la machine, malgré la bonté de son ins-tallation première, fonctionne mal et dans des condi-tions très-onéreuses. Or, cela prouve, en général, nonpas simplement que l’on doit s’imposer un sacrifice pé-cuniaire, comparativement très-faible, pour s’appro-prier un excellent conducteur de machines, ce quiparaît assez évident en soi ; mais cela démontre surtoutl’importance que pourraient avoir des règles théoriqueset expérimentales sur la forme, les proportions, la vi-tesse, etc., les plus avantageuses à donner, dans cha-que cas, aux outils coupants; règles que des expé-riences en bloc sur l’ensemble d’une machine, tellesqu’on en entreprend quelquefois eii agriculture ou ail-leurs, ne sauraient que bien rarement suppléer et con-tribuer à établir.