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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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OUTILS COUPANTS.

OUTREMER.

Ces règles, en effet, dont on possède quelques-unespour les outils à choc ou à compression, à roulementet glissement directs, n’auraient pas moins d’utilitépratique que celles qui se rapportent aux récepteurs oumoteurs inanimés dont les Rernouilli, les Euler , lesParent, les Deparcieux, les Smeaton se sont tant préoc-cupés à partir de la première moitié du dernier siècle ;car, par une instruction anticipée, elles serviraienttout au moins à abréger la durée de l’apprentissagedes ouvriers, des contre-maîtres et des mécaniciens,sinon a préparer les meilleures bases et conditions d’é-tablissement des machines en projet.

A la vérité, on a depuis longtemps lait la remarquecapitale que tous les outils tranchants, perforants, etc.,participent plus ou moins des propriétés et de la formedu coin ; mais, malheureusement, la théorie de cettemachine simple est exposée dans les traités de statiqueà un point de vue purement abstrait, c’est-à-dire sanségard aux qualités physiques de la matière ou des par-ties en contact, notamment à l’adhérence et au frotte-ment, qui croissent très-rapidement à mesure que l’an-gle au sommet du coin diminue, tandis que l’inverse alieu par rapport à la résistance que l’élasticité et la co-hésion de la matière opposent à la séparation des par-ties le long de ses cotés. Or, la considération des mêmesforces inséparables des effets physiques du coin con-duit, dans chaque cas d’application, à d’intéressantesétudes théoriques et pratiques, relatives au minimumde dépense ou de travail mécanique nécessaire pouratteindre un but déterminé; problème qui se repro-duit pour tous les outils tranchants composés, et formele pendant de celui qui concerne le maximum mêmed’effet utile des récepteurs dans les machines, maisdont les éléments de calcul ou d’appréciation man-quent presque entièrement pour la classe d’opérateursqui nous occupent : l'établissement mécanique en esteffectivement demeuré aujourd’hui même, et pour beau-coup de cas, une affaire d’expériences incertaines, detâtonnements empiriques et onéreux dans les ateliersqui prétendent sortir des voies de la routine ou d’unesimple et servile imitation.

Ces dernières réflexions s'appliquent essentiellementaux machines à découper, hacher, déchirer, pulvéri-ser plus ou moins grossièrement les matières végétaleset animales, fibreuses, granuleuses, etc., réduites,amenées, pour certaines d’entre elles, à un état desiccité convenable, au moyen d’appareils à torréfierdont on a vu seulement quelques modèles à l'Exposi-tiou universelle de Londres , beaucoup plus riche enmachines à scier, à tailler, à travailler diversement lesbois, les métaux, les pierres et autres corps durs, àl’aide d’outils parvenus à un degré de perfection fortavancé, parce que, appartenant à des industries déjàanciennes, le besoin s’en est fait aussi plus vivementsentir en raison de la puissance des moyens à employer,de l’excessive fatigue qu’ils occasionnent et de la chertérelative des mains-d'œuvre.

L’expérience a depuis longtemps appris, par exem-ple, que, dans le travail des métaux et des corps lesplus durs, l’angle des taillants doit, à cause de la soli-dité, être très-voisin de 90°; que, pour les bois, cetangle se rapproche plus ou moins de 30° ', et qu’il doitdécroître ou le biseau s’effiler progressivement à me-sure que la substance animale, végétale ou minéraleest plus molle, plus mince, plus flexible ou plus déliée.En outre, pour ces dernières substances, et à moins

1 Voir à l’article Outils le principe posé d’après Nastnylh,observant toutefois que le minimum de l'angle de l’outil u’estpas toujours admissible avec de puissantes machines-outils, etque si la petitesse de l’angle de l’outil rend moindre la forcenécessaire pour son usage, elle limite aussi l'effort qu’il estpossible de lui appliquer.

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que, agglomérées, elles ne soient très-fortement com-primées les unes sur les autres, cas auquel elles se com-portent à peu près comme les solides d’une nature ana-logue, la vitesse, et, jusqu’à un certain point, la massemême de l’outil convenablement acéré, doivent croîtreavec la flexibilité, de manière à mettre à profit la résis- ’tance due à l'inertie, enjoignant, dans tous les cas, àl'action normale ou directe du coin celle du glissement,longitudinal du tranchant au travers de la matière hcouper, c’est-à-dire de manière à opérer à la façon desscies véritables, dont, comme on sait, les dents sont,même pour les lames de rasoirs, remplacées par unesérie de crans imperceptibles, donnant lieu à de véri-tables arrachements et sans lesquels ils ne couperaient«pie bien difficilement. Ces dentelures microscopiques,comme l’expérience l’apprend encore, ne doivent pasêtre confondues avec ce qu’on nomme ordinairement lumorfil , dont les barbes ou aspérités métalliques, irré-gulières et extérieures au véritable tranchant, provien-nent d’un premier repassage sur des pierres trop vives,et disparaissent par un second repassage des deux facessur des matières plus fines, plus onctueuses, mais assezgrenues néanmoins pour produire, dans des directionsanguleuses et convergentes d’une face à l’autre, bienque parallèles sur chacune d’elles, les dentelures mi-croscopiques dont il vient d’être parlé et qui consti-tuent le véritable mordant de la lame. Enfin, onsait que l'inclinaison du tranchant par rapport à la di-rection naturelle des fibres de certaines substances etsa courbure même peuvent, dans quelques cas, exercerune très-grande influence pour empêcher la matièred’être attaquée sur trop de points à la fois, ou de glis-ser, d’échapper à l’action, à la pression directe, exer-cée par l’arête aiguë de ce tranchant. (-'est ce qui ar-rive notamment dans les ciseaux à double branche desjardiniers et des ferblantiers, dans certaines cisailles àcouper le fer, la paille, etc., où les biseaux doivent serencontrer sous des angles dont le maximum dépendessentiellement de celui du frottement des substancesen contact, et qui doivent, selon les cas, demeurerconstants on varier seulement entre des limites déter-minées.

OUTREMER. Quoique la préparation de l’outremerdate déjà de plus d’un quart de siècle, ce n’est guèreque depuis cinq années que la fabrication en grand aacquis un certain degré de régularité et de perfection.

Nous croyons être utile, dit M. Stass ( Rapport duJury de '1855, auquel nous faisons cet emprunt) à laproduction eu général en faisant connaître le procédéqui est actuellement employé dans les fabriques bienorganisées, et qui n’a pas l’inconvénient d'exposer lesouvriers à des émanations sulfureuses. Ce procédé apris naissance en Allemagne .

Matière s premières. — Les matières employées sontle kaolin ou china-elay à l’état de division extrême, lesulfate de soude, le carbonate de soude, le soufre et lecharbon de bois. Ce sont là les éléments de l’outremerpur bleu. Pour obtenir de l’outremer violet ou des vio-lets rosés résistant à l'action de l’alun, il est nécessairede faire intervenir le silex réduit eu poussière impalpable.

Les rapports des matières premières varient sui-vant les qualités et les nuances que l’on veut obtenir.Désirc-t-on produire de l’outremer pur bleu ; on doitforcer considérablement la dose du sulfate de soudedans le mélange ; veut-on produire de l’outremer des-tiné à l’azurage, on doit forcer la dose de carbonate desoude : on peut même supprimer presque entièrementle sulfate, mais alors il est indispensable d’ajouter àl’argile du silex porphyrisé, de manière à ce que lemélange renferme, sur 100 parties de matière argi-leuse supposée anhydre, 03 parties d’acide silicique et35 d’alumine.