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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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I’AriKU.

PAP1EK.

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du bois, dont tant de soi-disant inventeurs n’ont faitdepuis que reprendre l’étude.

La méthode de M. Yodlter se caractérise surtout parle mode particulier de défilage qu’il a adopté. Le bois,divisé d’abord en bûchettes, est broyé dans le scr.slongitudinal de ses fibres au moyen de meules qui leréduisent en filaments ténus, sans priver la cellulosedes traces de matières albuminoïdes qui peuvent yadhérer.

Ce fut naturellement sur les substances ligneuses lesplus tendres et, partant, les plus faciles à ellilocher,que les essais portèrent. Le tilleul , le tremble, le peu-plier, peut être encore le marronnier, sont, de toutes lesessences, celles qui se prêtent le mieux à la transfor-mation en papier. Mais le bois des conifères présentesurtout une fibre très-propre à cette opération. Le pind'Ecosse, en particulier, peut fournir 40 pour 100 depute ; mais les frais nécessaires pour réduire le bois enpulpe et pour le blanchir d’une manière convenablesont malheureusement encore le triple de ceux quecoûte le blanchiment des chiffons. La fibre de boisemployée seule est, en outre, trop courte et trop mollepour se feutrer de manière à produire un papier suffi-samment solide ; d’ailleurs, l’absence presque complètede matières protéiniques et glutineuses dans le boisproprement dit sera toujours le principal obstacle àl’emploi de celui-ci, et ce n’est guère au delà d’uneproportion de 10 pour 100 que, mélangé avec la pâtede chiffons, il peut fournir un papier suffisammentsouple. On paraît cependant être parvenu à utilisercette matière dans quelques papeteries des États-Unis d’Amérique , et l’on a même fabriqué en Angleterre unpapier d’enveloppe au moyen du tan mélangé avec unecertaine quantité de chiffons de laine.

Quoi qu’il en soit de l’ancienneté de l’application dubois ou de la paille à la fabrication des papiers, et bienque les procédés de cette fabrication soient actuelle-ment tombés dans le domaine public, un nouveau bre-vet fut accordé, il y a quelques années, pour la conver-sion en papier des écorces de saule et d’autres arbres,ainsi que de la paille, aux sieurs Coupier et Mellier, deMaidstone (Angleterre).

D’après le procédé de ces industriels, la matière pre-mière, convenablement divisée, est soumise à l’actiond’une lessive bouillante de potasse ou de soude, mar-quant de 7 à 40 degrés B. Ce premier traitementexige huit ou dix heures, après lesquelles on laisses’échapper le liquide; puis on lave plusieurs fois àgrande eau la matière, qui est ensuite soumise au blan-chiment dans un bain d’hypochlorite de chaux pendantl’espace de douze à treize heures. Pour 100 kilogram-mes de ctdlulose, les inventeurs emploient 20 à25kilo-grammes d’hypochlorite, qu’ils dissolvent dans unequantité d’eau suffisante pour que le liquide marqueenviron 3 degrés B. La pâte est alors lavée à l’eaubouillante, et enfin mélangée dans la cuve avec unecertaine quantité de chiffons.

Les mêmes inventeurs se sont fait breveter égale-ment pour un procédé de transformation du bois enune masse pulpeuse, propre à la fabrication du papier,au moyen de l’acide azotique étendu à 5 ou ü de-grés B. Us soumettent la sciure de bois , pendant envi-ron quatre heures, à l’action de cet agent, combinéeavec celle de la vapeur; puis ils lavent et font ensuitebouillir le défilé avec une lessive caustique de 2 de-grés B. ; enfin ils blanchissent la pâte à l’hypochlorite.— L’acide oxalique, résultant de l’action de l’acideazotique sur la fécule que renferme le bois, peut êtrerecueilli comme produit accessoire et séparé par cris-tallisation, pour être utilisé daus les fabriques d’in-diennes, où il est aujourd’hui employé comme mor-dant.

Mais l’un des succédanés les plus usités actuellement

c.

pour remplacer les chiffons de chanvre et de lin «r-tle coton brut, qui, depuis quelques années, est de plusen plus employé dans la fabrication des papiers, sur-tout de ceux destinés à l’impression ou à la lithogra-phie.

Bien que les Arabes eussent déjà fabriqué, dès leonzième siècle, du papier avec le coton cru, à Septn(Ceuta) et à Xativa, et que l'Allemagne le connûtmême, parait-il, dès le neuvième siècle, cette matièrepremière avait été presque entièrement remplacée de-puis par les chiffons de chanvre ou de lin. Ce fut enAngleterre que l'on reprit d’abord la fabrication dupapier à l'aide des déchets de coton et des résidusdes filatures. On utilise même aujourd’hui jusqu’auxbalayures des ateliers où se travaille cette substance.

Après avoir été triés et séparés, au moyen de ma-chines spéciales, espèces de blutoirs à dents de loup,des impuretés ou des poussières qui les souillent, lesdéchets de coton sont soumis au lessivage par la chauxou la soude caustique, puis à l'effilochage, et passésà la presse pour subir de nouveau un double raffinageet être blanchis dans des cuves de pierre au moyend’une solution faible de chlorure de chaux. La pâte quien provient est ensuite collée et travaillée à la ma-nière ordinaire.

M. Oechelhaüser a publié sur l’emploi du coton( coton-icaste ), dans les fabriques du Lancashirc, desdétails fort curieux, d’où il résulte que l’on peut éva-luer à 8 ou 10 millions de kilogrammes la quantité depapier actuellement fabriquée en Angleterre à l’aide decette substance.

Les déchets des filatures de lin sont utilisés de l.imême manière.

Parchemin végétal. — Suivant les indications deM. Gaine, l'on parvient à donner au papier l’appa-rence du parchemin, en le plongeant rapidement dansun bain d’acide sulfurique formé de deux parties enpoids d’acide fumant et d’une partie d’eau, lavantensuite à grande eau, puis faisant sécher. Le papiertraité de la sorte prend l’apparence du vélin et acquiertune très-grande solidité. Les feuilles imprimées ou lesplanches lithographiées peuvent être soumises à lamême opération, laquelle a pour principal avantage deleur donner plus de résistance aux agents chimiqueset une ténacité qui, d’après M. Hoffmann, serait cinqfois plus grande que celle du papier non préparé.

Déplus, ce parchemin végétal , dont l’usage commenceà se répandre en Angleterre, a l’avantage de garantirles actes légaux contre toute falsification, les carac-tères une fois tracés y demeurant invariables. Mais lapréparation de ce nouveau produit demande quelquesprécautions sans lesquelles la réussite n’est guère pos-sible. Il faut, de toute nécessité, agir sur du papiernon collé, à une température de 45°,5 et à un degréconstant de concentration de l’acide. Ce n’est qu’enagissant ainsi que le papier acquiert la translucidité,la cohésion et l’imperméabilité du parchemin, sanscçnserver la moindre trace d’acide libre qui, par lasuite, pourrait l’altérer.

Emploi de la glycérine. — Les avantages qui résul-teraient, pour le papier d’impression, du mélange d’unegraude quantité de ce liquide avec la pâte, au momentdu collage, seraient: 1° de dispenser de la trempe Uupapier, opération quelquefois très-difficile, mais qui tou-jours détériore plus ou moinsla feuille en lui enlevant songlacé; 2° de faire sécher instantanément l’encre d’im-primerie, et de prévenir ainsi l’altération qu’éprouvel’impression fraîche par le frottement. Elle aurait, enoutre, pour résultat de donner plus de souplesse aupapier et de lui permettre de recevoir plus aisémentl’empreinte des lettres.

Pour comprendre le mode d'action de cette substance,

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