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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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PARACHUTE.

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il importe de connaître sa nature et scs principauxcaractères.

La glycérine est un corps gras, neutre, de consis-tance oléagineuse, non volatile aux températures or-dinaires, incolore ou légèrement jaunâtre, d’une saveursucrée très-prononcée à laquelle elle doit son nom, etqui l’a fait utiliser tout récemment en Angleterre pourl’édulcoration des sirops et des limonades.

Cettedcrnièrc propriété pont, d’après les expériencesque j’ai faites pendant le cours de mes études sur lespapiers, être mise à profit comme moyen fort simpleet à la portée des industriels, pour constater si un pa-pier est ou non préparé à la glycérine. Ce moyen, es-sentiellement pratique, repose sur la saveur sucrée dela glycérine et sur sa parfaite solubilité. Un papierglycérine, humecté avec la langue, lui laisse une sa-veur sucrée manifeste que n’offre jamais un papier nonnréparé. C’est donc là unmoycn distinctif aussi promptet aussi facile à appliquer que l’est le simple mouillagepour distinguer le papier collé. La glycérine, quoiquedérivée des graisses, diffère de tous les autres corps grasdont elle tire son origine, en ce qu’elle est soluble entoutes proportions dans l'eau et l’alcool, mais insolubledans l'éther; c’est à sa miscibilité parfaite avec beau,et par suite avec la pâte du papier, quelle doit de nepoint rendre celui-ci translucide et de ne point le tacherà la manière des corps gras.

Cette substance, qui est appelée à jouer un rôle im-portant dans les arts et dans les applications indus-trielles, peut s’obtenir en grand et à bon marché,comme produit secondaire, dans la préparation desacides gras, soit au moyen de la distillation avec lavapeur d’eau surchauffée, soit au moyen de la saponi-fication.

C’est par la nature même do la glycérine, qui serapproche de celle des huiles, que nous nous expliquonsles effets que sa présence exerce, dans le papier, surl’encre grasse d’imprimerie. Scs molécules interposéesdans le tissu de la feuille rendent, par leur affinitépour l’excipient gras de l’encre, la pénétration de celle-ci plus facile et en déterminent l'intussusception pourainsi dire instantanée dans le papier. Il en résulte né-cessairement une dessiccation plus prompte, et parconséquent aussi nue adhérence plus intime des parti-cules charbonneuses à la surface de la feuille.

La glycérine, d’après cette manière de voir qui nousparaît être la seule rationnelle, n'agirait que commelien entre l’encre d’imprimerie et le papier, dont elleaugmenterait en quelque sorte la réceptivité. Ce seraitdonc en vertu d’un phénomène d’imbibîtion, analogueà celui sur lequel se fonde la préparation de certainesencres d’écriture indélébiles, que le papier glycérine semontrerait avantageux, avec cette différence, toute-fois, que c’est ici la glycérine qui exerce son affinitésur l'encre en la faisant pénétrer plus intimement dansles porcs du papier , tandis que dans l’écriture indélé-bile, c’est l’encre, au contraire, qui pénètre plus pro-fondément dans le papier à l’aide de l’acide chlorhy-drique étendu ou des lessives alcalines que l’on y ajoutepour la rendre ineffaçable.

Mais la glycérine, par sa fixité et par son inaltérabi-lité, autant que par le pouvoir dissolvant considérablequ’elle possède , offre encore d’autres avantages danssoi>application à la fabrication du papier. Il semble,en effet, qu'en s'harmonisant avec le savon de résinede la colle végétale, elle donne plus de souplesse à lasubstance du papier, qui, par cela meme, peut admettreune plus forte quantité de kaolin. C’est du moins cequi résulte de quelques recherches que j’ai faites; car,d’après l'analyse à laquelle j’ai soumis un échan-tillon de papier glycérine qui m’avait été remis parM. Bols, j’ai trouvé à ce produit la composition sui-vante :

Kau hygroscopique. 3 pour 100.

Résine et traces de glycérine . . 4

Cendres (silicate d’alumine, etc.). 29,50Cellulose (filaments végétaux) . . 63Perte. 0,50

100,00

Un voit donc que ce perfectionnement, s’il offre soncôté utile, est en même temps favorable à la fraude.

PARAC11CTL. On donne aujourd’hui l<? nom deparachute à des appareils employés surtout dans lesmines pour empêcher la chute d'une tonne, lors de larupture d'un cfiblo.

Ces appareils, comme les roues à déclic et à rochet,d’un usage si ancien, les butoirs à ressort d’enclique-tage, si ingénieusement disposés par M. Pobo, etc.,constituent, comme le fait remarquer le savantM. Poncelet, autant de moyens de s’opposer au mou-vement de recul, par une action spontanée du méca-nisme, résultant de l'arc-boutement énergique des tas-seaux, lequel donne lieu, comme les montre la théoriedu frottement, à une résistance bien autrement absolueque n'en comportent des freins modérateurs, dont ledispositif, emprunté aux ancictis moulins à vent, pré-sente aussi, en raison de l’étendue, de la continuitédes surfaces d’appui, de la sûreté et de la facilité de lamanœuvre en l’un ou l’autre sens, de bien grandsavantages. D’autre part, ajoute M. Poncelet, je ne doispas laisser échapper l'occasion de faire remarquer que,déjà en 1721, Claude Perrault proposait, en termesassez obscurs, il est vrai, sous le nom de ma m mécanique ,(Vaiialemmc, un système de tasseaux-butoirs qui, ens’arc-boutant de part et d’autre sur une corde verticaleen charge, l'empêchent- de rétrograder d’une manièreabsolue, tout en lui laissant la liberté de cheminer ensens contraire ; le seul cas où la corde devient com-plètement libre correspondant à celui où l’homme doservice, appliqué à une tiraude verticale, oblige lestasseaux à s’ouvrir, contre l’action de ressorts, d’unangle que limitent d’ailleurs des brides transversalesunissant, avec jeu, les têtes ou sommets butants deces tasseaux.

Revenons à l’objet spécial de cet article :

La descente et l’ascension journalières par deséchelles dans les puits de mines profonds occasionnentaux ouvriers mineurs des fatigues qu’ils deviennent in-capables de supporter à un fige peu avancé, et qui,dans la période active de leur vie, absorbent une partiedu travail musculaire qu'ils sont susceptibles de four-nir. Aussi préfèrent-ils descendre et remonter dans lestonnes mises en mouvement par les machines qui ser -vent à l’extraction des minerais. Cette pratique donnelieu à des accidents nombreux causés par les rupturesde cables, les chocs de tonnes l’une contre l’autre oucontre les parois des puits. On en a éloigné le retouren s’assurant fréquemment du bon état des câbles, etsurtout en guidant les tonnes nu moyen de longucrinesen bois ou de tiges en fer établies dans tonte la hau-teur des puits. On a aussi remplacé les tonnes dansplusieurs mines de premier ordre par de grands appa-reils exclusivement destinés à l’ascension et à la des-cente des ouvriers. Ce mode d’introduction et de sortiedes ouvriers n'est pourtant pas tout à fait exempt dedangers ; d’ailleurs l’appareil occupe un puits tout en-tier ou au moins une grande partie d’un puits ; il exigeune machine spéciale ; il coûte, en conséquence, assezcher et ne peut être appliqué qu’à des mines d’unetrès-grande importance.

M. Maeheconrt a publié, en 1845, la descriptiond’un parachute qu’il avait appliqué aux tonnes dansun puits de mine de houille de Dccize (Nièvre ). C’ctappareil, interposé entre la tonne et le câble auquelI elle est suspendtte, est formé de deux barres de fer