PHOSPHATE DE CHAUX.
PHOSPHATE DE CHAUX.
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a roches phosphatiqucs très-difficilement assimilables<« et les nodules de phosphate de chaux trouvés en.< France par M. Demolon . Ceux-ci, ont une textureu qui, modifiée par l’action successive de la chaleur,« de l’eau froide, de la pulvérisation, et enfin du mé-« lange avec quelques substances organiques, se prête« à la dissolution dans le sol et à l’absorption ulté-« rieurc par l’organisme végétal. La possibilité de ren-« dre cette absorption plus ou moins prompte devient« du reste secondaire, et se modifie selon les terrains« et les cultures, ainsi d’ailleurs que cela se remarque« daus l’emploi des noirs d’os.
« J’ai la conviction que l’exploitation des nodules« de phosphate de chaux sur une vaste échelle, et que'< leur traitement en vue des besoins agricoles, peuvent« avoir une très-grande portée sur l’agriculture des** vastes régions de l’empire, et en particulier des dé-« parlements de l’Ouest et du Centre ; à leur aide, en« effet, et sous l’influence de dépenses relativement« moins fortes, les défrichements de landes pren-« draient une nouvelle activité, car l’abondance de« l’acide phospliorique sur le marché apporterait tout« h la fois un élément de fertilisation au producteur« de grains et un obstacle aux débitants de matières« inertes... »
Du rôle du phosphate dans les engrais. — Dans tousles essais comparatifs que l’on peut tenter, il faut sesouvenir que si l’engrais entre dans la comparaisoncomme élément du problème, la nature du sol y par-ticipe également par sapins ou moins grande fécondité,e’est-à-dirc que chacun des éléments que la terre con-tient déjà contribue puissamment à faciliter ou à en-traver l’action des engrais mis en comparaison. Danstous les cas, le phosphate de chaux sera toujours unauxiliaire puissant, précieux, mais rien de plus. Hor-mis les cas de défrichements, le phosphate de chauxne constituera jamais un engrais proprement dit, pasplus que l’humus, ni les sels ammoniacaux, ni la po-tasse, ni la soude, ni la chaux, ni la magnésie, ni l’a-lumine, ni la silice, ni l’oxyde de fer; c’est le concoursde /oas qui est indispensable, comme dans le fumier doferme, et dans l’état où chacun de ces corps existedans ce dernier. Hors de là, tout n’est qu’illusion.
Ici, le fait capital c’est la solubilité des phosphatesde chaux naturels et leur assimilation certaine, incon-testable, par les plantes cultivées ; c’est un fait impor-tant à consigner pour l’avenir.
Le véritable type des engrais est le fumier de ferme,parce qu’il constitue tout à la fois un engrais mixte etcomplet, renfermant les divers éiémentsdes récoltes, etpouvant s’appliquer à la grande majorité des cas et àla généralité des cultures.
La fabrication des engrais est donc l’art qui consisteà grouper économiquement les éléments nécessaires àla végétation en général, mais particulièrement auxrécoltes, et, en prenant pour point de départ la com-position du fumier de ferme, se résumant elle-mêmeen matières végétales pouvant fournir de l'humus etde l’acide carbonique ; en matières animales pouvantdonner de l’ammoniaque, et par conséquent de l’azote ;et enfin, en matières minérales diverses, comprenantprincipalement les phosphates, la potasse, la magné-sie, la chaux; et accessoirement la silice, la soude,l’alumine, l’oxyde de fer, le soufre et le chlore.
Les végétaux étant dépourvus d’organes digestifs,les matières solides que nous leur présentons ne peu-vent être absorbées par eux, et passer ensuite dansleur organisme qu’à la e Jidition expresse d’être solu-bles dans l’eau, ou de pouvoir sc résoudre en composésgazeux dont les plantes ont la faculté d’opérer le dé-doublement, afin de retenir les éléments qui leur sontutiles et de rejeter dans l’atmosphère ceux qu’ils onten surabondance ou dont ils peuvent se passer.
C.
C’est ainsi que, par l’cflot de la pourriture ou com-bustion lente, les matières végétales naturellementinsolubles acquièrent la faculté de pouvoir se dissoudre,puisque l'humus n’est pas autre chose que du boisrendu soluble dans l’eau, avec lequel les végétaux re-constituent de nouveau bois, ou de nouvelle paille, oude nouvelles feuilles. De même que, dans la combus-tion lente de ces memes matières végétales, toujoursaccompagnée d’acide carbonique, les plantes retiennentle carbone qu’elles font servir à leur charpente, à leurconstitution, tandis qu’elles rejettent l’oxygène sur-abondant. «
C’est également en vertu des mêmes lois que les vé-gétaux ne peuvent prendre à certaines matières ani-males imputrescibles, comme les cuirs tannés et lahouille, l’azote qu’elles contiennent, tandis que, parl’effet de la décomposition de ces matières, l’am-moniaque qui en résulte devient soluble dans l’eau, etla végétation peut alors y puiser l’azote qui lui estabsolument indispensable, et sauf à laisser de côté l’hy-drogène, si clic peut s’en passer.
Les plantes ne s’assimilent donc pas directement leterreau des matières végétales, mais bien l’humus etl’acide carbonique en provenant, de même quelles neprennent pas directement l’ammoniaque, et encoremoins la matière animale, mais simplement l’azote.
Ainsi, l’humus et l’acide carbonique sont les deuxderniers termes de la décomposition des matières vé-gétales, comme l’ammoniaque et l’azote sont les deuxderniers termes de la décomposition des matières ani-males, mais en réalité il n’y a, pour la végétation, nideux espèces d’humus, ni deux espèces d’acide carbo-nique, ni deux espèces d’ammoniaque, ni deux espècesd’azote, puisque le même engrais, ou, si l’on veut, lemême sel ammoniacal, le même azote enfin, peut pro-duire indistinctement du froment ou de l’avoine, etpuisque l’humus de paille do maïs peut produire duseigle ou toute autre céréale, comme l’humus de lapaille de seigle ou de l’une quelconque des graminéespeut produire du maïs, etc.
En un mot, la matière étant donnée, le végétal secharge de l’approprier à sa constitution et à ses besoins.La matière est toujonrsla même pour toutes les planteset sur toute la surface de la terre; il n’y a que l’arran-gement qui est différent, selon chaque espèce végétale.
Voilà pour les matières organiques des deux règnes.Quant aux substances minérales, nous avons vu queles mêmes se retrouvaient toujours dans les végétauxde la même famille, que l’absence de l’un de ecs élé-ments suffisait pour amener l’infécondité, ou au moinsque la seule restitution de l’agent disparu était suffi-sante pour rendre la fertilité, notamment à l’égard duphosphate de chaux, que nous avons trouvé partoutdans le règne végétal et à tous les degrés de l’échelloanimale,
« Utilité du phosphate de chaux. — M. Boussin-gault a formé un sol artificiel en prenant de l’argilecuite concassée et du sable, qu’il a fait calciner à unetempérature élevée, afin de détruire toute trace dematières organiques ; la même précaution a été prisepour le pot à fleurs coutcnant ce mélange, dans lequelon a semé des graines d’hélianthus. L’arrosage a étépratiqué avec de l’eau pure, c’est-à-dire distillée avecle plus grand soin, mais à laquelle cependant on avait)fait absorber le quart de son volume d’acide carboniquegazeux.
« Dans ces conditions, on n’a obtenu qu’une plantefai-blc, délicate, ne pesant pas beaucoup plus à l’état secque la graine de laquelle elle était sortie, mais pour-vue cependant d’organes complets. Le bouton s’estépanoui en une petite fleur jaune* dont la corolle n’a-vait pas plus de 3 millimètres de diamètre. Cette fleuren miniature était environnée de plusieurs feuilles nais-
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