l'IIOTOMftTRIF..
PIIOTOMETRIE.
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«Voilà les faits.
u Laissons parler le savant illustre dont les travauxont si puissamment contribué à éclairer la pratiqueagricole, et nous conclurons après : « Les liélianthus« venus dans ces conditions ont offert à peu près le• meme aspect, la meme vigueur, que ceux que l’on« avait cultivés en pleine terre. Do l’association du« salpêtre avec les phosphates et les cendres, il est« donc résulté un engrais complet, dans lequel les« plantes ont trouvé tout ce dont elles avaient bc-« soin. »
« Xous avons reproduit en italique le mot complet,sur lequel nous croyons devoir présenter quelques ré-flexions.
« On pourrait se prévaloir des idées d’un grandmaître pour tenter de nous fabriquer des engrais com-plets au moyen du salpêtre, des phosphates et descendres, sans s’apercevoir qu’un pareil engrais seraitabsolument incomplet dans les conditions culturalesordinaires, c’est-à-dire, à défaut de pouvoir employer,comme M. Boussingault, l’eau saturée d’acide carbo-nique gazeux, à laquelle l’éminent agronome a dûnécessairement recourir pour dissoudre le phosphatede chaux, et afin que la plante puisse s’assimiler lecarbone dont elle a toujours besoin, qu’il soit fournidirectement à la végétation, ou qu’il provienne de ladécomposition des matières végétales. »
PIfÛTOMÉTBIE. La mesure des intensités lumi-neuses a reçu dans ces dernières années d’importantsperfectionnements, et l’on commence à disposer demoyens plus parfaits que celui un peu primitif dû àKumford, que nous avons indiqué à l’article éclai-rage, pour comparer deux lumières par les deux om-bres portées par un corps opaque sur un même écran.
Un physicien bien connu, M. Foucault, a été obligé,pour des expériences sur le gaz de tourbe, dont nousavons donné les résultats à l'article éclairage, de véri-fier l’exactitude des systèmes photométriques générale-ment employés, et a été conduit à la nécessité de lesmodifier.
Le procédé des ombres, dit M. Foucault, tel qu’onl’emploie ordinairement, ne me paraissait paa compor-ter une exactitude suffisante. Je redoutais l’étenduedes flammes de gaz, qui faisant naître de larges pé-nombres, me semblait devoir jeter de l’incertitude surla comparaison des ombres qu’il aurait fallu ramener àl’égalité. J’ai voulu essayer des nouvelles méthodesfondées sur les phénomènes de la polarisation chroma-tique, et j’ai pris un grand nombre de déterminationsau moyen du photomètre que M. Babinet a spéciale-ment proposé pour ce genre d’application. Je vais direici quelques mots de cet intéressant appareil, ne fût-ce que pour me justifier de ne l’avoir pas définitive-ment adopté d’une manière exclusive.
Le photomètre deM. Babinet se présente extérieure-ment sous la forme d’un tube de lunette qui, au mi-lieu de sa longueur, donne embranchement sous unangle d’environ 70° à un second tube de meme cali-bre : le tube principal vise sur la source rayonnanteque l’on veut éprouver ; la lumière qui pénètre dans l’in-strument traverse une série de glaces planes obliquementsituées, se polarise ainsi par réfraction et vient illu-miner un disque de cristal de roche formé par la juxta-position de deux segments égaux. On observe ce dis-que à travers une pièce oculaire que l’on nommeanalyseur : il paraît alors vivement coloré de deuxteintes partagées entre les deux segments et quitranchent fortement l’une sur l’autre; on voit, parexemple, du rouge à droite et du vert à gauche. L’em-branchement vise pareillement sur une antre sourceéclairante et la lumière qui en provient est encore ra-menée vers l’œil par la réflexion qui s'opère sur leslames multiples de la pile de glaces. Mais comme la
réfraction et la réflexion polarisent les rayons en senscontraires, les couleurs développées par ce secondfaisceau, au lieu de se montrer comme dans le casprécédent, se disposent en sens inverse ; le rouge quiétait à droite passe à gauche, et réciproquement pourle vert. On observe l’un ou l’autre effet suivant quel’on démasque l’une ou l'autre branche; niais lorsqueles deux branches agissent simultanément, l’œil aperçoit un effet résultant qui rappelle plus ou moins l’unou l’autre effet simple et qui dépend des intensitésrelatives du faisceau réfracté et du faisceau réfléchi.Si, par hasard, il arrive que ces deux faisceaux aientmême intensité, les couleurs s'effacent et le disqueapparaît uniformément blanc. Or, comme on disposedes distances des deux sources et comme les intensitésvarient avec ces distances, on peut toujours réalisercette espèce d’équilibre qui fait évanouir les couleurs.L’expérience montre que l’appareil présente une assezgrande sensibilité. Quand l’équilibre a été réalisé, onconstate qu’il suffit de déranger l’une des deux sourcesde 1/100 mC de sa distance à l’instrument pour fairereparaître les couleurs. On peut donc admettre que lesdeux faisceaux qui se font équilibre, possèdent desintensités sensiblement égales. Malheureusement iln’existe aucun rapport simple entre les intensités desfaisceaux qui entrent réellement en lutte et les intensitésdes rayonnements directs émis parles sources. Cetteimperfection est inhérente à la construction de l'appa-reil ; la réflexion et la réfraction qui polarisent lulumière l’affaiblissent de part et d’autre dans des pro-portions inconnues, en sorte que, pour appliquer lenouvel instrument à des mesures exactes, il faut recou-rir à une méthode analogue à la méthode des doublespesées.
Au lieu d’opposer l’une à l’autre les deux sourcesdont on veut comparer les pouvoirs éclairants, on lesoppose successivement à une troisième et même sourceque l’on considère comme constante pendant toute ladurée des deux observations, et, des distances où ilfaut placer sucçessivemcnt cette dernière pour obtenirdans les deux cas l’équilibre, on déduit les intensitésdes sources proposées. Je suppose qu’on ait à détermi-ner les rapports des pouvoirs éclairants de deux sour-ces données : d’un bec de gaz et d’une lampe Carcel.On commence par placer le bec de gaz à une certainedistance en avant de la branche principale de l’instru-ment; on prend ensuite comme lumière auxiliaire unebougie, et l’on cherche à quelle distance il faut laplacer en face de l’autre branche pour réaliser l’équi-libre. Soit cette distance égale à 50 centimètres : celafait, on substitue au gaz la lampe Carcel, et l’on réta-blit l’équilibre en déplaçant convenablement la bougie.Admettons, par exemple, qu’il ait fallu la rapprocherà 25 centimètres, on est alors conduit à en conclureque le bec proposé éclaire quatre fois plus que la bou-gie. En effet, l’intensité de la lumière varie en raisoninverse du carré de la distance à la source : quand labougie est placée à une distance moitié plus petite,elle éclaire quatre fois plus. Or, dans les deux cas,elle fait équilibre aux sources qu’on lui oppose; ileu résulte donc que, de ces deux sources, la pre-mière est quatre fois plus intense que la seconde.
Théoriquement, la méthode pavait irréprochable;mais en pratique elle comporte des lenteurs et des im-perfections qui m’ont empêché, malgré l’élégance duprincipe, de la faire prévaloir.
Elle oblige expressément à recourir à une sourceauxiliaire, sans que cette source puisse servir d’unitécommune dans l’expression définitive des rapports ob-tenus. Chaque détermination exige deux observationsséparées, c’est-à-dire qu’elle comporte deux erreursqui peuvent s’ajouter, indépendamment de celle quiprovient des variations de la source auxiliaire.