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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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riLOTIS.

RILE ÉLECTRIQUE.

et leur action mutuelle donne naissance h du fluorurede bore et à du corindon ; on obtient ce minéral à l'étatde cristaux très-larges, ayant souvent un centimètre<le long, mais en général peu épais. Ces cristaux sontdes rhomboèdres avec les faces du prisme hexago-nal régulier; ils n’ont qu’un axe, sont négatifs, etprésentent la dureté du corindon naturel et toutes sespropriétés physiques et chimiques.

2° Le Jiuhis s’obtient de la même façon; on ajouteau fluorure d’aluminium un peu de fluorure de chromeet l’on opère dans des creusets d’alumine, en ayantsoin de placer l’acide borique dans une coupelle c*nplatine. La teinte de ces rubis, qui est duc au sesqui-oxyde de chrome, est exactement celle du rubis na-turel.

3° Le Saphir bleu se produit dans des circonstancessemblables aux précédentes; la coloration est égale-ment obtenue avec l’oxyde de chrome ; il y a seulementune différence dans les proportions de matière colo-rante et peut-être dans l’état d’oxydation du chrome;mais la quantité de matière colorante est si petite dansces composés, que l’analyse ne peut rien indiquer deprécis à cet égard.

4° Corindonverl. Quand on augmente la dose d’oxydede chrome, les cristaux sont d’un beau vert, semblableà celui que présente l’ouraroinfé que M. Damour aanalysée, et où il a rencontré 25 p. 400 d’oxyde dechrome.

0 ° Fer oxydulé. La réaction du sesquifluorure de fersur l’acide borique fournit de longues aiguilles com-posées d’un chapelet d’octaèdres réguliers de fer oxy-dulé: ce qui indique une réduction partielle du sesqui-oxyde de fer par une température très-élevée.

6° Zircone. La zircone produite par ce procédé esten cristaux réguliers groupés sous forme d’arborisa-tions d’un très-bel effet; elle est insoluble dans lesacides minéraux, mémo concentrés, elle est inatta-quable par la potasse fondue; mais le bisulfate de po-tasse la dissout en laissant le sulfate double insolublecaractéristique de la zircone.

1° Staurotide et silicates divers. Si l’on remplacel’acide borique par la silice, on peut obtenir, avec lesfluorures volatils, des silicates en cristaux, petits, maistrès-nets; c’est ainsi qu’on prépare la staurotide, quise présente alors avec l’aspect et la composition de lastaurotide naturelle ; c’est un silicate basique dont laformule est SiAP. Cette substance s’obtient aussi avecfacilité en chauffant de l’alumine dans un courant defluorure de silicium gazeux. L’alumine se change encristaux entrelacés qui ont la composition de la stau-rotide. Ces deux méthodes sont applicables aux sili -cates dont les bases donnent des fluorures volatils, telsque la glucine et l’oxyde de zinc.

Ces expériences viennent à l’appui de l’opinionémise par certains géologues que le fluor est intervenudans la production des minéraux des filons.

PILE ÉLECTRIQUE. Une nouvelle disposition dela pile électrique, due à M. Marié Davy, professeur dephysique, offre des avantages particuliers qui la fontessayer avec grand soin pour la télégraphie électrique.Elle n’a pas les inconvénients des dégagements de va-peurs nitreuses si incommodes de la pile de Bunsen, et,relativement à la pile de Daniell, si simple et si com-mode du reste, elle offre l’avantage d’éviter l’incrusta-tion des vase3 poreux par le métal réduit, grâce àl’emploi d’un métal liquide, avantage compensé en par-tie par la moindre solubilité du sel métallique. C’est enremplaçant le sulfate de cuivre par du sulfate de mer-cure, et le cuivre par un cylindre de charbon, que s’ob-tient la nouvelle pile. Les choses s’y passent avec le sul-fate de mercure comme elles se passaient avec le sulfatede cuivre, si ce n’est que la réduction du sel, au lieude donner un produit galvnnoplastique, fournit du

mercure coulant qui se détache à mesure et laisse in-tacte la surface du charbon.

Le sulfate de mercure se dissout en partie dansl’eau qui l’imprègne; puis, à mesure que la partie dis-soute est réduite par l’électrolisation, elle est rempla-cée par d’autres jusqu’à ce que finalement tout le seldisparaisse. Et ce qui prouve que réellement la disso-lution a lieu, c’est qu’à travers le vase poreux il eupasse assez d’une cellule dans l’autre pour maintenir lozinc constamment amalgamé. Cette particularité estpour la nouvelle pile un avantage qui sera vivementapprécié par tous ceux qui ont manié l’appareil vol-taïque, et qui ont reconnu par expérience l’importancede l’amalgamation du zinc et la difficulté de la main-tenir. Dans la pile de Daniell, la transsudation du sul-fate de cuivre à travers le vase poreux anon-seulementl’inconvénient d’occasionner 6ur le zinc des actionslocales qui s’exercent en pure perte; mais en outreelle donne naissance à des dépôts floconneux de cuivreréduit, qui se prolongent jusque dans l’épaisseur duvase poreux et déterminent la formation d’incrusta-tions métalliques qui, se développant, oblitèrent lespores de la terre dégourdie, et mettent bientôt le vasehors de service. Rien de pareil n’arrive avec le sulfatede mercure.

A l'administration des télégraphes, 38 couples de lanouvelle pile ont été mis à l’essai côte à côte avec60 couples de Daniell pour faire le service permanentde jour et de nuit; du 28 juin au 25 décembre, autre-ment dit pendant près de six mois, sans aucun entre-tien, ils ont fait fonctionner les appareils. Pendant toutela durée d’une aussi longue épreuve, la surface deszincs est restée aussi nette que le premier jour, et lesnécessités de l’entretien se sont exactement bornées àl’obligation de réparer une fois par mois environ lespertes que l’évaporation faisait subir à l’eau du vaseporeux.

Au moment où la pile n’a plus été assez forte pourfaire le travail de la ligne, les vases poreux contenaientun fort culot de mercure métallique pur et une bouenoirâtre dans la partie supérieure. Ces produits, trai-tés par l’acide sulfurique, procurent de (nouveau sul-fate.

La préparation et l’emploi de la pâte de sulfate demercure ne présentent aucune difficulté. On délayedans de l'eau le sel que l’on a préalablement bien pul-vérisé; on laisse reposer , on décante, et il reste unemasse pâteuse légèrement jaunie par du sous-sulfate.On prend ensuite les charbons que l’on tient à la mainbien au milieu du vase poreux, et on remplit complè-tement les vides avec la pâte de sulfate, en s’aidantd’uno spatule en bois; on distribue ensuite dans les di-vers vases la liqueur acide qui a été décantée, et onachève de remplir avec de l’eau pure.

PILOTIS, pieux a vis. Le battage des pieux estune des opérations les plus fréquentes des travauxde fondation des ouvrages hydrauliques. Soit qu’ils’agisse de fonder avec caissons ou grillage sur pilo-tis, de construire une enceinte en charpente en litde rivière, d’installer un pont de service, etc., on sotrouve conduit à enfoncer dans le sol naturel des piècesde bois plus ou moins fortes, destinées à fournir despoints d’appui suffisamment résistants.

La lenteur, le prix élevé et souvent la difficultémeme du battage des pieux, ont conduit les ingénieursdepuis un certain nombre d’années à remplacer pardes appareils mus par la vapeur les anciennes machinesà bras employées au battage des pieux et à réduired’ailleurs, autant que possible, l’emploi des pilotis enbois, en remplaçant cet ancien mode de fondation pardes procédés plus puissants et plus en rapport avec lesprogrès récents de l’emploi des machines et des métauxdans les constructions.